Archive pour le 7 février, 2009

Maxime Leforestier: ma première grande interview

7 février, 2009

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Le journalisme est un métier de rencontres. Et j’ai la chance de faire partie de ceux et celles qui en ont fait beaucoup, et de très belles. Des personnalités connues ou pas qui, toutes, m’ont laissé un souvenir plus ou moins marquant.

Mais jamais je n’oublierai la première. Parce qu’elle a eu lieu dans des circonstances insolites.
J’avais 25 ans ou 26 ans, n’avais pas encore passé mon diplôme de journaliste et travaillais comme pigiste dans un journal local.
A l’époque, j’habitais Leysin, une station de sports d’hiver des Alpes suisses. Station qui avait, par le passé, accueilli le chapiteau de la BBC où se déroulaient des émissions de variétés prestigieuses réunissant les plus grandes stars de la chanson. Beaucoup terminaient leur séjour par un passage dans un restaurant où j’avais mes entrées: le Vieux Leysin. Comme bien d’autres, j’ai pu assister depuis le bar, à des moments de musique pure où s’éclataient le groupe Abba, Michael Jackson lorsqu’il faisait encore partie des « Jackson Five », Sacha Distel etc…

En 1987, la nouvelle est tombée: un festival rock serait organisé à Leysin, réunissant les plus grandes vedettes en concert à ciel ouvert dans la montagne. A la base de l’aventure: Gérard Héritier. Jusqu’en 1994, le festival fera venir la crème des artistes dans la station. Souvent sous des trombes d’eau… ce qui a précipité sa perte. Je me souviens d’un concert apocalyptique de Bob Dylan, où c’est à peine si l’on pouvait encore distinguer la scène…

J’ai très rapidement convaincu ma rédaction que j’étais la personne idéale pour « m’occuper » de la manifestation pour notre journal. La plupart de mes « chefs » se sont copieusement moqué de moi. A côté des revues internationales, jamais les organisateurs n’inviteraient le « Journal du Chablais » à leurs conférences de presse. Et certainement pas s’il était représenté par une pigiste, qui plus est. « Mais bon, vas-y essaye… »

J’ai commencé par écrire des papiers d’ambiance. Emmenant mes deux fils, hauts comme trois pommes, dans mon sillage, j’ai assisté aux premiers concerts, ai sympathisé avec les organisateurs, les représentants des maisons de disques, les membres de la sécurité…
Jusqu’au jour où j’ai découvert que serait invité Maxime Leforestier.
LE Maxime Leforestier dont je connaissais toutes les chansons, jouées à la guitare pour mes enfants (oui, chez nous, pas de berceuses: du folk!).
Lorsque mes collègues ont réalisé que je voulais absolument décrocher une interview de l’homme en question, ils ont souri. Les paris étaient pris, et j’avoue que je ne partais pas gagnante…

J’ai donc confié mes enfants et mon chien à une amie, ai pris mon carnet, mon stylo, et suis partie naïvement à la chasse à l’interview.
Grâce à un membre de l’organisation, j’avais hérité d’un badge « presse » bien utile pour franchir les premiers barrages. Restait à atteindre le Graal.
Arriver aux « loges » des artistes (casés dans des conteneurs…) tenait du parcours du combattant. Mais les hommes de la sécurité commençaient à me connaître et semblaient avoir pris en sympathie cette petite scribouillarde décidée à faire ses preuves.
Ne me demandez pas comment j’ai fait… toujours est-il que je me suis retrouvée devant la porte du conteneur de Maxime Leforestier, avec une consigne de celui qui m’y avait conduite: « Ecoute. Il chante ce soir. Auparavant, il doit donner une série d’interviews. Tes collègues sont installés en salle de presse. Toi, tu vas attendre ici, dehors. Et dès que tu verras que la liste des rendez-vous est terminée, tu essayeras de passer. Il te donnera peut-être 5 minutes. »

J’ai donc pris mon mal en patience. Il en fallait: j’ai attendu près de 4 heures. Comme si attendre ne suffisait pas, la pluie s’est invitée. Une véritable pluie diluvienne, plus proche de la mousson que de l’averse. J’étais détrempée, grelottante, mais présente. Au bout de quatre heures d’un défilé interminable de journalistes représentants des revues connues (et secs car issus de la salle de presse ou munis de parapluies), le dernier a quitté la loge.

Maxime Leforestier, le raccompagnant à la porte, a passé la tête dehors et m’a vue.
Il m’a dit: « Mais.. vous êtes trempée! »
- Heu… oui… on peut dire cela!
- Vous attendez depuis longtemps?
- Environ 4 heures.
- Sous la pluie?? Mais… pour me voir??
- Oui, si c’est possible… je sais que je n’ai pas rendez-vous et que je travaille pour un misérable journal local, mais si je n’obtiens pas cette interview, à mon avis, je suis virée.

Pieux mensonge: je ne pouvais pas être virée puisque je n’étais pas engagée!
Il a ri et m’a fait entrer, ayant sans doute pitié de cette serpillière vivante aux longs cheveux dégoulinants.
La loge était minuscule. Il m’a fait asseoir à côté de lui dans un petit canapé en angle.
Très civilisé, il m’a offert de partager des chips.
Je n’ai pas osé dire non. Et très émue de me retrouver face à l’objet de toutes mes convoitises (si j’ose dire!)… je me suis étranglée avec la chips en question.
Adorable jusqu’au bout des ongles, il m’a tapoté dans le dos, en riant toujours.
J’ai sorti mon carnet de ma veste en jean. Il était imbibé d’eau, à tel point que l’encre de mon stylo était bue au fur et à mesure que j’écrivais.
Je lui ai avoué que je procédais là à ma première interview d’artiste. Et que, à mon avis, ça commençait plutôt mal.
Il m’a rassurée, m’a mise à l’aise en m’interrogeant sur moi, mes enfants, m’indiquant qu’il avait un fils du même âge que le mien.
J’ai compensé mon manque d’expérience et mon trac, par une connaissance de son répertoire que je connaissais par coeur, et par une sincérité qui devait être désarmante si j’en crois la manière dont il s’est comporté avec moi.

Il a été … plus que gentil.
Parce que je lui ai dit que c’était une chanson que j’aimais beaucoup, il a pris sa guitare et m’a chanté « Fontenay-aux-roses ».
Nous avons passé une grosse demi-heure à parler avant que je prenne congé, confortablement perchée sur mon nuage.

Je suis rentrée chez moi et j’ai écrit dans la foulée, un texte enthousiaste et plutôt amusant.
J’avais même réussi à obtenir une photo… que la rédaction ne m’a jamais rendue, trop contente de pouvoir la garder.

Je ne sais pas ce qui a le plus marqué: le fait d’avoir envoyé cet article ou d’avoir décroché ce premier rendez-vous.
Toujours est-il que j’avais réussi là où certains collègues locaux avaient renoncé.
Cet article m’a ouvert de nombreuses portes, notamment au Festival où, par la suite, j’ai obtenu des interviews de stars plus connues les unes que les autres.
Peu de temps après, d’autres journaux, plus importants, me faisaient des avances.

Moi, je n’ai jamais oublié la gentillesse avec laquelle m’a reçue Maxime, en toute simplicité, alors qu’il devait avoir une indigestion totale de journalistes, ce jour-là…

Martine Bernier

Alexandre Cloutiers: le magicien de « La peinture expliquée »

7 février, 2009

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Un jour que je faisais des recherches sur le Net à propos d’un tableau, je me suis retrouvée, complètement par hasard, sur un site canadien appelé: « La peinture expliquée ». Curieuse, j’ai cliqué et cliqué encore, pour découvrir qu’il s’agissait d’un réel cours de peinture en ligne, donné à travers des vidéos.
Le peintre qui officie avec talent et simplicité s’appelle Alexandre Cloutiers.
Passionnée de peinture, je regrette amèrement de ne pas être capable de tenir correctement un crayon ou un pinceau. C’est dire si j’ai le respect de ceux qui possèdent ce don. Je me suis tout naturellement laissée prendre au concept du site. Et j’ai été séduite par ce que j’y ai vu.
A tel point que j’ai laissé un message enthousiaste à Alexandre pour le féliciter pour sa démarche. Et j’en ai profité pour signaler le site dans un ou deux journaux pour lesquels je travaille.

Je ne m’attendais pas à recevoir de réponse à mon message. Et pourtant, deux jours après, c’était le cas. Puis, j’ai pu converser un peu plus, échanger des courriers avec notre peintre Québecois, et découvrir qu’il avait non seulement un talent très sûr, mais qu’il était, en prime, un homme absolument charmant.
Une raison supplémentaire pour continuer à faire partager mon enthousiasme pour son travail!
Je lui ai demandé des renseignement sur sa carrière, et voici ce que j’ai appris.

Alexandre est né à Fleurimont, au Québec le 17 octobre 1949, « un crayon à la main »…

« Mes premières œuvres, avoue-t-il, ont été exécutées sur le mur de ma chambre, sous mon lit avec le rouge à lèvre de ma mère. Disons que mon exposition a surpris mes parents lors du grand ménage du printemps et que mes fesses en ont payé les frais… À l’école, je dessinais dans mes cahiers et mes livres au grand désarroi de mes instituteurs. Finalement vint ma chance… »

Cette chance eut lieu lors d’un voyage organisé dans les grands musées d’Ottawa par la congrégation qui dirigeait son école. Ce jour-là, alors qu’il a 12 ans, le jeune garçon découvre la peinture sur toile. Après avoir visité tous les grands musées, le groupe se dirige vers la galerie d’art d’Ottawa. De tous les chef-d’œuvres de cette galerie, un tableau en particulier le fascine au point de lui faire paraître tous les autres bien pâles. C’était une image du Christ faite à la spatule avec les trois couleurs primaires pures.

« On m’avait bien conseillé de suivre le groupe mais je suis revenu à ce tableau avant de partir. C’est alors qu’un des dirigeants du voyage, lui-même professeur en art a remarqué mon manège. Durant le voyage de retour, il est venu s’asseoir sur le siège près de moi dans le train et tout au long du voyage de retour. Il m’a posé maintes et maintes questions sur mon parcours en art, aussi mince était t-il en ces premiers balbutiements en dessin. Voyant mon intérêt pour ce que j’avais vu, il m’a proposé de passer des tests d’aptitudes de retour à l’école pour le lendemain. Après avoir passé les tests, mon enseignement a changé d’une façon radicale. Je continuais mes cours normaux, mais il y avait d’ajoutés des cours en art, pour me spécialiser. C’est ainsi que le reste de l’école élémentaire et du lycée ont contribués à mon apprentissage des arts. »

Après un projet scolaire spécialisé à l’université, Alexandre continue sa voie dans la peinture. Mais, les études qu’il suit ensuite le dirigent vers d’autres sphères, bien loin de la peinture. « Je devais gagner ma vie, et l’art était mystérieux et inconnu au Québec. A tel point que les plus grands talents de ce temps devaient s’envoler vers l’Europe, surtout en France, où les horizons de l’art étaient grand ouvert au publique. J’ai étudié jusqu’à l’âge de 42 ans pour parfaire mes connaissances comme inspecteur de chantiers. J’en suis venu, après quelques années passées à travailler 90 heures par semaine toujours sur la route, à m’éloigner de la peinture de plus en plus. Ce n’est que quelques années plus tard, en voyant un artiste à la télévision tout par hasard que le goût m’est revenu. J’ai donc décidé de donner des cours à des gens qui auraient aimé peindre, mais qui croyaient que c’était seulement pour un groupe d’élites. »

Dès le départ, le peintre désire enseigner d’une façon facile pour l’apprenti, sans qu’il ait à se lancer dans les lois académiques, ce qui en aurait découragé plusieurs.
C’est ainsi qu’il enseigne en privé, d’abord dans les villes autour de Sherbrooke. Puis après des débuts d’animateur à la télévision locale, les groupes se multiplient jusqu’à ce qu’il en vienne à délaisser son travail d’inspection pour se concentrer sur les cours.

« J’ai ouvert une école chez moi et je l’ai tenue pendant près de 16 ans. Par la suite, le temps passait et je commençais à sentir le poids du travail que les cours commandaient et j’ai une fois de plus réduit les cours, en gardant les cours de mon école mais en éliminant les cours en province. Puis, ce fut le tour des cours à mon école que j’ai diminués, jusqu’au jour où j’ai décidé que le moment de la retraite avait sonné. »

Visiblement, la retraite, elle, n’était pas décidée à venir au rendez-vous! Quelques mois après avoir pris sa décision d’arrêter son activité, son ami Martin Carrière, lui aussi artiste peintre et professeur d’art dans des écoles élémentaires de Montréal, lui téléphone pour lui proposer des émissions sur le web où il pourrait enseigner à qui le veut bien, la peinture et ses secrets. Durant deux ans, les deux hommes peaufinent le concept, avec tous les problèmes, erreurs et manques de connaissances que cela implique, pour finalement faire leur apparition sur les ondes au mois de septembre 2008 « avec toutes les petites imperfections que nous tentons de corriger tant bien que mal », précise Alexandre. « C’est alors que Martin a enrichi le site de deux nouveaux associés : Samuel Roy est devenu notre webmestre et Sylvain Desfossés compose les moments musicaux. Nous sommes maintenant quatre qui avons mis temps, argent et efforts pour produire un site intéressant pour tous ceux qui veulent s’adonner à la peinture tout en profitant des bienfaits que cela procure. »

Pour les internautes amoureux de peinture et désireux d’apprendre, le site est une source de connaissances pratiques et théoriques passionnante. Suivre les cours de cet homme accueillant est un véritable régal. Même pour moi qui sait pertinemment que je ne serai jamais douée… Qu’importe: assister à la naissance d’un tableau est toujours un moment émouvant. Et le magicien de « La peinture expliquée » a le don de rendre l’instant intime et chaleureux…

Martine Bernier

http://cours-peinture.tv/

Darwin: les 200 ans d’un grand homme

7 février, 2009

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Le saviez-vous? Cette année, nous fêtons les 200 ans de la naissance du naturaliste Charles Darwin.
Pourquoi parler de cela alors que nous avons déjà tant de difficultés à nous souvenirs des anniversaires actuels, me direz-vous? Parce que les travaux de Darwin, regroupés dans son livre « L’origine des espèces » ont marqué une étape majeure dans notre perception de la vie sur Terre.
Mais au fait, qui était-il, celui qui a provoqué le courroux des autorités religieuses après avoir réfuté la doctrine chrétienne de la création du monde?
Il est né le 12 février 1809 à Shrewsbury (Angleterre), dans une famille aisée dont le père était médecin. C’est lui qui l’a guidé vers des études médicales alors que le jeune homme aurait préféré suivre les traces de son grand-père, Erasmus Darwin… naturaliste de renom!
Peu passionné par les études qu’il entreprend, et bouleversé par les opérations qui, à l’époque, se déroulent sans anesthésie, Darwin abandonne la filière médicale. Son père l’envoie alors étudier la théologie, dans l’espoir de le voir devenir pasteur.
Mais la vocation et le destin couvent… Lorsque l’un de ses professeurs le recommande à Robert Fitzgoy pour une expédition scientifique de deux ans autour du monde, l’étudiant saute sur l’occasion. Le « Beagles » prend la mer en 1831 avec, à son bord, Darwin, alors âgé de 22 ans. Durant cinq ans, il découvrira le Brésil, les îles Galapagos, Tahiti, la Nouvelle-Zélande et l’Australie.
Le jeune homme souffre du mal de mer. Qu’importe: il est fou de bonheur. Tout au long du voyage, il prend des notes, collecte des informations, des échantillons de faune et de flore. En 1836, il revient en Angleterre et publie son premier livre en 1839: « Le voyage du Beagles ».

Darwin est de santé fragile. Ce qui ne l’empêchera pas de se marier avec sa cousine Emma avec laquelle il aura dix enfants.
Cet esprit percutant, très marqué par ce qu’il a vu durant son voyage, continue à travailler.
Il est de plus en plus convaincu que toutes les espèces subissent une évolution constante. Vingt-trois ans après son retour, il écrit « L’origine des espèces ».
En 1858, il reçoit la lettre d’un collègue naturaliste, Alfred Russel Wallace, lui apprenant qu’il développe la même théorie que la sienne à peu de choses près. Cette révélation est une souffrance pour Darwin. Mais les idées des deux hommes sont rendues publiques en même temps lors d’une réunion scientifique.
Le livre paraît pour la première fois en 1859 et rencontre un énorme succès, tout en déclenchant l’ire des créationnistes. Aujourd’hui encore, ils réfutent les théories du biologiste.
Ce autodidacte génial a bouleversé les conceptions les plus tenaces sur l’homme. Il a mis en avant le fait que la lutte pour l’existence est le facteur actif de la sélection.
Darwin est mort à Down, dans le Kent, en 1882. Aujourd’hui, tout le monde connaît la fameuse phrase « L’homme descend du singe ». Et l’évolution de l’Homme continue à susciter le débat.
Bon anniversaire donc, Monsieur Darwin…