Les différences entre les hommes et les femmes. Chapitre 2. Le sens de l’orientation.
Parmi les caractéristiques qui rendent nos hommes passionnants, il en est une qui me ravit d’autant plus que j’en suis totalement dépourvue: le sens de l’orientation.
Ma moitié a beau vivre une intimité très pure avec son GPS, il m’a prouvé plus d’une fois qu’il était nettement plus doué que moi en la matière. Ce qui donne parfois lieu à des situations vaguement burlesques.
Exemple.
Je me trouve dans un hôtel.
Même s’il fait partie d’une chaîne ayant l’habitude de concevoir tous ses établissements d’après les mêmes plans, je suis incapable de m’y retrouver.
Y compris si j’y suis descendue à plusieurs reprises, je continue à m’égarer dans les couloirs, à me tromper d’étage, à mélanger les portes, à me retrouver dehors devant une porte close (mais pourquoi ces portes se referment-elles toujours automatiquement derrière nous sans qu’on leur ait demandé quoi que ce soit!?) alors que je voulais simplement me rendre à l’étage supérieur, à ne pas pouvoir définir où se trouve la salle de petit-déjeuner etc.
Idem si je m’aventure vers les commodités dans un restaurant. Si mon héroïque compagnon ne m’a pas munie d’explications détaillées, je mets un temps infini non seulement à les trouver, mais surtout à en revenir. Je m’y rends à chaque fois avec l’espoir qu’il partira à ma recherche ou lancera la colonne de secours s’il ne me voit pas réapparaître au bout d’une heure…
Oui, je sais: cela relève du handicap majeur.
Lui en sourit là où d’autres s’en énerveraient.
Notre technique est désormais imparable: je le suis comme son ombre. Avouons-le sa taille et le fait qu’il domine la majorité de la population d’une ou deux bonnes têtes est, en l’occurrence, extrêmement pratique.
Dans les lieux plus peuplés ou à l’extérieur, il ne lâche pas ma main, sûr ainsi de ne pas avoir à retourner toute la ville pour me retrouver errante dans un coin.
Mon manque de sens de l’orientation nous a valu des situations épiques, inracontables ici. Je sais qu’il en sourira en y pensant…
A chaque fois qu’il m’emmène en direction de la côte, un schéma à peu près similaire se reproduit.
Jetant un coup d’oeil à son GPS, engin amusant et déroutant (un comble!) au possible, je demande:
- Donc, la mer est devant nous… Mais… pourquoi ne la vois-je pas?
- Pourquoi dis-tu que la mer est devant?
- Parce qu’il y au une masse bleue sur l’écran…
- Oui… ça, mon coeur, on va dire que c’est le ciel. La mer est à droite, regarde…
Le temps de trouver mes lunettes et… je constate en effet que la mer est à un saut de puce…
Vexant.
Mais quelle idée aussi de mettre le ciel dans un GPS!
En balade, c’est exactement le même scénario. Je ne sais jamais où je me trouve, ce qui me rend d’ailleurs parfaitement indifférente.
Il m’est arrivé de me retrouver perdue seule et de nuit en plein coeur de l’Ouzbékistan, dans une ville ou personne ne comprenait un mot de français ou d’anglais et où les femmes semblaient avoir été rangées dans un placard pour la nuit. Avoir survécu à ce genre de mésaventures permet d’appréhender la vie quotidienne en pays francophone avec une certaine sérénité.
Le fait de ne jamais savoir où je suis semble l’amuser au plus haut point.
Mais comme il a un coeur d’or et une patience infinie, il me ménage à sa façon…
Ainsi, dans Paris, depuis bientôt deux ans que nous nous y rendons ensemble, il s’efforce inlassablement de me nommer les monuments, les noms des rues…
Parfois, il fait une tentative:
- Et ça, là… ça te dit quelque chose ? Tu reconnais ?
- Heu.. Les Champs-Elysées ?
- Oui!!!!
Fière comme un paon qui aurait découvert l’Amérique, je m’arrange pour avoir le triomphe modeste… Evitant de lui dire que je pense être parfaitement incapable de différencier les façades du Louvres de celles de la Sorbonne.
Je sais qu’il m’aime… mais je crains que son amour ait des limites. Géographiques!
M.B.
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