Archive pour le 25 février, 2009

La drôle d’histoire de George, tortue des Galapagos

25 février, 2009

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Impossible de garder pour moi cet épisode arrivé ce matin.

Je travaillais sur un article ardu lorsque le téléphone a sonné.
A l’autre bout du fil, un monsieur que je ne connaissais pas, très excité de me dire que « j’ai un sujet d’article pour vous!!! ».
Un peu ennuyée d’être dérangée, je sonne le rassemblement de mes vieux restes de bonne éducation pour prendre un air intéressé et lui demander de quoi il s’agit.
Très enthousiaste, le monsieur me tient un discours un peu incohérent dans lequel il est question d’une émission qu’il vient de regarder à la télévision, de George, d’une tortue aux Galapagos apparemment stérile, et d’une dame de petite vertu engagée pour le stimuler sexuellement.
Dix minutes après, je raccroche, complètement perplexe, et je me ré-atèle à ce qui ne sera jamais un chef-d’oeuvre.

Seulement voilà… incorrigible, il a fallu que j’aille vérifier si le monsieur disait vrai ou s’était moqué de moi.
Et j’ai découvert ceci…

En 1971, sur l’île de Pinta, un chercheur d’escargots butte sur ce qui se révélera être la carapace d’une tortue géante dont on croyait la race éteinte.
Il venait de trouver George.
Ravis, les scientifiques décident alors de ramener le spécimen (la tortue, pas le chercheur d’escargots!) à la station de recherches Charles Darwin, à Puerto Ayora (Santa Cruz), avec un voeu pieux: faire en sorte que George se reproduise pour préserver la précieuse race.
Car, entre temps, ils ont retrouvé l’une de ses cousines, tests ADN à l’appui. Chic.
Seulement voilà… L’affriolante cousine, tout comme les autres créatures de rêve compatibles présentées au beau mâle ne lui ont pas fait plus d’effet qu’un mollusque.

Horreur et damnation! George n’est absolument pas attiré par la bagatelle!
Sa réputation en prend illico un sérieux coup, certains allant jusqu’à le suspecter d’être homosexuel.
Ce qui, avouons-le, est gênant lorsque pèse sur vos épaules la survie de votre race…

A partir de ce moment, la version de mon interlocuteur au téléphone et celle que j’ai trouvée de mon côté diffèrent.
La sienne: il aurait été fait appel à une spécialiste de la chose pour stimuler le vieux solitaire, dans le but de recueillir son sperme. Et cela aurait marché! Le monsieur me décrit une dame ayant le physique attrayant d’une jeune Brésilienne.

Autre version, trouvée sur le Net: Le Musée Cantonal de zoologie de Lausanne explique ceci: « Une spécialiste allemande de la conservation des tortues a pu montrer aux responsables de la station de recherches en 1993 comment vérifier la santé sexuelle des tortues. Suite à cela, une jeune suissesse, étudiante à l’Université de Lausanne, Sveva Grigioni a passé plusieurs mois à stimuler Georges le solitaire. Malheureusement la fin de son visa mit un terme à cette démarche qui semblait montrer quelques résultats. Donc pour l’instant, soyons patient, Georges le solitaire a encore du temps et cette sous-espèce n’est pas encore rayée de la planète. » (2004)

La suite sauve l’honneur du digne mâle, mais pas encore sa race: au mois d’août 2008, alors âgé de plus de 90 ans, George a connu l’extase pour la première fois de sa longue vie.
Hé oui, comme quoi tout arrive: après près d’un siècle d’abstinence, il a eu un coup de coeur pour deux irrésistibles tortues qu’il a daigné honorer.
Sont nés de cette délicate union des oeufs dont 80% étaient malheureusement stériles.
L’histoire ne dit pas si les 20% restants ont donné un résultat.
Mais Lonesone George continue d’attirer les touristes et d’émouvoir les scientifiques.
Normal: fort de ses 90 kg, il est un véritable symbole.
Ultime survivant d’une variété décimée par la chasse, victime de la destruction de son habitat par les espèces introduites, George représente à lui tout seul la condamnation à mort de la biodiversité.

Martine Bernier

Les différences entre les hommes et les femmes. Chapitre 7 . Le café.

25 février, 2009

Hier matin, une nouvelle épouvantable m’attendait aux aurores, lorsque, réunis dans une même insomnie, j’ai retrouvé celui que j’aime, dont je suis encore séparée pour quelques jours par près de 1000 km.
Dans un premier temps, rien n’a filtré.
Embrumé de sommeil mais déjà suffisamment réveillé pour être drôle et tendre, il reprenait doucement contact avec la réalité.
Alors que je lui posais l’une de mes éternelles questions destinées à sonder l’immensité de son amour matinal, il n’a pas répondu dans le centième de seconde.
Prise d’un doute soudain (oui, je sais, je sais… les femmes…) , j’ai osé un petit point d’interrogation solitaire et anxieux…
La réponse, douce, est arrivée aussitôt, accompagnée de la petite phrase suivante:
- « Deux secondes! Hé! Je ne suis pas réveillé et… je n’ai plus de café!!! »

Mon Dieu!
Plus de café!?
Au hit-parade des catastrophes quotidiennes possibles, celle-ci arrive dans le quarté gagnant avec la panne de téléphone, de voiture ou de PC.
A l’annonce de ce drame, j’ai ressenti comme un frisson me parcourir l’échine.
Comment? Il n’était pas 6 heures du matin, et je parlais avec un homme, mon homme, non imbibé de sa première dose de caféine!?
L’heure était grave…
Jusqu’ici, j’ignorais l’effet du manque sur lui.

Il faut savoir que, chaque matin, lorsque nous fréquentons les buffets de petits-déjeuners d’une chaîne d’hôtel bien connue pour son nom d’oiseau, le rituel est identique.
Il se dirige vers la machine à café, harponnant au passage la plus énorme tasse qu’il puisse trouver.
Il revient ensuite paisiblement à table, emportant son précieux trésor fumant et parfumé.
Son visage se détend au fur et à mesure qu’il déguste le breuvage salvateur.
L’observer discrètement permet de constater les bienfaits du café noir sur son organisme: il revit!
Une fois la première tasse avalée, il jette un coup d’oeil à mon verre – vide – de jus d’orange, me propose galamment d’aller m’en chercher un second, et revient avec ledit verre et… une deuxième tasse odorante et chaude, à nouveau bien remplie.
Même scénario: le café disparaît, apportant au passage un réconfort de plus en plus visible.

Je le regarde.
Il me sourit.
Cette fois, il est prêt.
Son téléphone peut recommencer à sonner, il pourra aborder n’importe quel dossier pointu: ses neurones sont tous reconnectés.
Prêt également à reprendre le volant pour une route interminable…
Prêt enfin à me prendre la main et à ne plus la lâcher….
Et à attendre les autres tasses de potion magique qui jalonneront sa journée.

La différence entre lui et moi, dans tout cela?
Le matin, je bois de l’eau… ou du jus d’orange, dans le meilleur des cas, lorsque je pense à boire!
Le café, j’en aime le parfum, mais lui ne m’aime pas.
Donc, nous nous ignorons et je me contente de profiter des senteurs.

Il ne me manque pas, d’ailleurs.
Ma caféine personnelle… c’est lui!

Martine Bernier