A deux jours du départ…
Je ne pensais pas, lorsque nous avons créé ce blog, qu’il me servirait à communiquer ainsi, sur des éléments aussi personnels.
En regard des événements qui se déroulent sur nos vies en ce moment, il est le moyen idéal pour répondre à tout le monde en même temps sans passer des heures à écrire de longues lettres individuelles.
La question qui revient le plus souvent depuis quelques temps est: que va-t-il se passer pour toi ces prochains jours?
Voici donc la réponse matinale…
Je vis mes deux derniers jours en Suisse.
Ce samedi, différentes choses sont encore à régler et je passerai un moment avec un ami très cher.
J’espère aussi désespérément recevoir le dernier article me permettant de boucler et d’envoyer mon petit journal à l’imprimerie.
Enfin, il faut finir les cartons… et, demain, éteindre mon ordinateur jusqu’à son arrivée dans mon nouveau nid.
Lundi, après que les déménageurs soient venus embarquer mes trésors, je prendrai la route pour un voyage très symbolique.
Eric, l’homme avec lequel j’ai partagé ma vie au cours de ces 16 dernières années, et qui me reste très proche, va me conduire jusqu’à Bourges. Nous nous dirons au-revoir sur le parking d’un hôtel où viendra me chercher celui que j’aime.
Ce geste, cette façon de ne pas me laisser partir seule, de me faire comprendre qu’il est toujours là, est dans la lignée de ce qu’il est, de ce que nous avons toujours été l’un pour l’autre… J’ai beaucoup de chance…
Ensuite?
Je retrouverai Alain…
Je vais enfin m’apaiser.
J’ai perdu le sommeil depuis des mois, il est temps de retrouver l’harmonie.
Je sais qu’auprès de lui, elle reviendra.
C’est son absence qui m’a déchirée.
Il existe en moi, en ce moment, un monde d’émotions, de sentiments.
J’essaie de ne pas trop penser, de me concentrer sur ce que je dois faire.
Je reprendrai contact avec moi-même plus tard, lorsque je serai posée.
J’ai un peu le sentiment de m’être mise en mode veille, en mode survie, depuis quelques semaines.
A bout de souffle, épuisée, j’ai l’impression de ne plus avoir de sensations, d’avoir construit une coquille de noix autour de moi.
Tout sera plus simple lorsqu’il sera là.
Ces derniers temps, sa voix a été l’élément qui m’a rassurée le plus.
Il sait que, lorsque je ne vais pas bien, j’ai besoin de l’entendre.
Nous avons établi un nouveau mode de communication.
Je l’appelle souvent, pour des conversations courtes, mais qui me remplissent de force.
Il a une voix magnifique.
Ce souffle de vie, d’amour émanant de lui me redonne le courage de refaire quelques pas à chaque fois.
Deux de ses plus belles qualités sont la tolérance et la patience.
Elles sont infinies pour moi… surtout en ce moment.
Et il a du mérite!
Au moment de partir, je suis dans le brouillard.
Je ne sais pas ce qui m’attend.
Mais je sais une chose: on ne peut pas vivre deux existences parallèles.
Lorsque les sentiments sont authentiques et profonds, ils ne s’accommodent pas de la clandestinité.
Un jour, il faut assumer, il faut rendre à celui ou celle que l’on aime la place qui lui revient.
Il ne faut plus parler, il faut agir.
Même si c’est très dur, même si l’on se sent coupable, même si… même si….
C’est une question d’honnêteté par rapport à tout le monde, y compris à soi-même.
Au moment de partir, j’ai peur qu’il ait un choc en me retrouvant!
Tout ce que j’essaie de garder en moi, de maîtriser au mieux, a marqué mon visage de manière effrayante si j’en crois les réactions autour de moi.
On ne traverse pas ces zones de turbulences sans dégâts…
Voyons.. j’ai deux jours pour étudier et apprendre à maîtriser l’art du maquillage.
Avouez qu’il serait dommage qu’il ait un tel choc en me voyant qu’il me reconduise à la frontière!
Martine Bernier
Chère Martine, je te souhaite tout plein de bonheur. Mon seul regrêt est de ne pas avoir eu (enfin encore eu) la chance de te rencontrer en « live.
Ton texte est magnifique, je t’embrasse très fort…