Archive pour février, 2009

Les différences entre les hommes et les femmes. Chapitre 5. Le Taiseux

19 février, 2009

L’homme que j’aime dit souvent de lui « Je suis un taiseux… ».
Il m’a fallu deux ans pour comprendre son fonctionnement sur ce point.
Deux ans pour réaliser que son manque de mots n’intervenait qu’à certains moments bien précis, et non dans chaque domaine de sa vie.
Deux ans pour assimiler et accepter le fait que l’Homme et la Femme ne réagissent pas de la même manière sur ce point.

Lorsque je l’entends, au téléphone, ou le voit parler avec ses collègues, ses partenaires de travail ou ses amis, je ne peux m’empêcher de me dire qu’il n’a rien d’un taciturne.
Au contraire, c’est un véritable orateur. Il a de la contrepartie, un vocabulaire riche, un humour qui vient saupoudrer ses phrases, le tout servi par une voix magnifique. (non, non, je le répète: je ne suis pas partiale!)
Avec le temps, j’ai réalisé le rôle qu’il tient auprès de ses collègues dont beaucoup l’appellent simplement pour prendre conseil ou partager leurs états d’âme.

En l’écoutant dans ces moments-là, je me dis qu’il est l’inverse d’un taiseux…
Et je dégouline de fierté face à son aisance.

Pourtant, il ne ment pas.
Tout au long de notre histoire, nous avons eu à affronter des moments très difficiles.
La situation semblait sans issue, il nous fallait une force colossale pour tenir bon et, surtout, pour apprendre à nous connaître et comprendre les réactions de l’Autre.
Grâce à cet amour profond qui nous pousse depuis le début l’un vers l’autre, je crois que jamais, ni lui ni moi n’avons autant évolué et avancé dans notre connaissance de l’autre sexe.

J’ai découvert très vite que 40 ans de vie d’homme l’avaient poussé à se réfugier dans sa grotte dès qu’il se sentait blessé, mal compris, mal écouté, mal aimé.
J’ai compris qu’il n’avait pas l’habitude d’échanger, de se confier, de « dire »…
Il a fallu longtemps…
Il a fallu d’abord qu’il se laisse apprivoiser, comme il a dû le faire pour moi sur d’autres plans.
Il a fallu qu’il me laisse pénétrer dans cette triste grotte de silence et de solitude.
J’y suis d’abord restée sans rien dire, juste en étant là, près de lui.
Je comprends qu’il en sortait toujours déprimé. Il voyait là se poser sur lui ce que j’appelle les grands papillons noirs.
Il a progressivement accepté ma présence dans les pires moments, n’est plus parti en claquant la porte pour fuir les mots…
Puis je lui ai demandé, doucement, d’exprimer ses douleurs plutôt que de les laisser sortir de lui à travers des gestes de souffrance ou de désespoir aussi intenses que ceux d’un enfant.
Ensemble, nous avons laissé entrer le soleil dans sa grotte, nous en avons refait la déco!
Il n’y retourne plus que très rarement…

Jamais je n’ai vu personne effectuer sur lui un travail tel que celui qu’il a accompli.
Il a lutté contre lui-même, a appris au jour le jour à réagir différemment, à utiliser d’autres moyens de communication que ceux qui étaient les siens jusque-là.
Il a aussi et surtout appris à avoir confiance, à me considérer comme une partenaire à part entière…

Pourquoi la société apprend elle à nos garçons qu’ils doivent devenir des hommes solides, endurcis, ne pas pleurer, assumer toutes les difficultés de leur vie sans se plaindre, seuls?
Et pourquoi trop de femmes pensent-elles encore qu’elles doivent leur attribuer le rôle unique de protecteur, de pilier responsable du quotidien?
Il a fallu défaire avec lui ce tissage de préjugés, lui faire comprendre que toute cette douceur, cette tendresse, ces qualités subtiles qu’il a en lui ne sont pas une fragilité mais une force.

Un long chemin, parfois douloureux, au cours duquel il a parfois eu des soubresauts qui nous faisaient mal à tous les deux.
Soubresauts auxquels je ne réagissais sûrement pas toujours bien non plus… étant plutôt sauvage de nature, moi aussi.
Mais un chemin passionnant, que, peut-être, nous n’aurions jamais pu effectuer si nous avions eu 20 ou 30 ans…
Qu’on le veuille ou non, l’être humain homme ou femme n’arrive pas complet à l’âge adulte.
Ce ne sont que nos expériences et nos rencontres qui font de nous ce que nous sommes et nous permettent de recevoir les cadeaux de la vie.

Cet amour qui nous a été donné, nous l’avons reçu comme un service en cristal extrêmement fragile, à préserver à tout prix.
A vingt ans, jeunes, turbulents et plus axés sur nos propres personnes, nous l’aurions sans doute cassé…
Ou, pire, nous l’aurions laissé prendre la poussière…
Et la poussière du temps… c’est l’un de nos ennemis majeurs.

Il a fallu beaucoup d’amour et de patience, à lui comme à moi, pour accepter l’Autre dans toute sa sensibilité, dans ses faiblesses et ses craintes.
Pour comprendre que le dialogue et l’amour sont la clé de tout.
Mais quel bonheur fabuleux de nous retrouver à chaque fois, de savoir que nous avions encore avancé ensemble…
Chaque erreur que nous commettions, nous savions que nous ne la répéterions pas.
Une seule règle d’or: apprendre à se parler et faire en sorte qu’aucun de nos mots ou de nos gestes ne blesse l’autre.
Avec 900 km de distance et des vies compliquées, c’était loin d’être gagné…

Aujourd’hui, ni lui ni moi ne sommes semblables à ceux que nous étions il y a près de trois ans, au moment de notre rencontre.
Nous avons grandi….
Et cette multitude de petits riens que nous avons partagés ont tissé une nuée de liens de plus en plus solides entre nous.. la trame de notre histoire.

Par-dessus tout, lui, mon « taiseux », a appris à utiliser les mots qu’il n’avait jamais prononcés.
Ces mots d’amour qui lui semblaient vains ou désuets…
Aujourd’hui, c’est à peine s’il a gardé une certaine pudeur.
Il y a encore quelques mois, il les murmurait plus facilement qu’il ne les disait.
Aujourd’hui, il n’en est plus avare…
Il a compris qu’en m’exprimant ce qu’il ressent lui aussi au fin fond de son être, il me pose des étoiles dans les yeux.
Pas simple pour lui: en femme digne de son nom, j’ai un besoin infini de lui entendre dire des milliers de fois dans la journée les mots qui boostent, qui rendent heureux.
Alors que lui, en homme digne de son nom itou, ne comprend pas toujours ce besoin insolite. Mais l’accepte…

Sur la façon de nous exprimer, nous, Hommes et Femmes, sommes très, très différents.
Même avec énormément d’amour partagé, il ne faut pas croire que tout viendra tout seul, sans effort.
Il faut de l’attention, des compromis, de l’écoute, de la compréhension.
Mais c’est tellement passionnant, tellement enrichissant lorsque les deux partenaires ont la même envie de trouver l’harmonie, que cela renforce encore le lien….

Notez que… bien au-delà de ce que je peux écrire, il a du mérite, et ne se laisse pas faire.
Exemple, ce dialogue.

- Mon coeur, tu me trouves horriblement pénible?
- Houlààààà…. oui!
- Tu le penses?
- Non
- Je t’aime…
- Je t’aime aussi… Plus!
- Dis, que suis-je pour toi?
- heu…
- ?
- Mon emmerdouilleuse adorée!

Moralité?
Hum.
Lui Tarzan, moi Jane.

Martine Bernier

Orgueil et préjugés

18 février, 2009

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Je l’avais manqué à sa sortie, en 2005, je l’ai enregistré lorsqu’il est passé cette semaine à la télévision,
« Orgueil et préjugés », j’en avais lu le livre, de Jane Austen.
Et j’avais adoré l’histoire de ce couple anglais, M. et Mme Bennet qui, dans leur petit village, sous Georges III ont pour principale préoccupation de marier leurs cinq filles.
Sans doute avais-je un peu peur que le film ne rende pas l’ambiance du livre…
Ca n’a pas été le cas, le film est fidèle au roman.
Les décors, les costumes, les détails de la vie quotidienne, tout est magnifique, délicieux, dans une mise en scène raffinée.
J’ai adoré Donald Sutherland dans le rôle du père, et plus encore Matthew Macfadyen dans le rôle du réservé Monsieur Darcy.
Un peu moins enthousiasmée par les mines de Keira Knightley, mais bon. Elle a reçu le Golden Globe 2006 de la meilleure actrice pour son rôle, j’imagine donc que je dois avoir tort.

Car le film a été souvent récompensé. Et moi, j’ai adoré la grâce des actrice, la prestance des acteurs, la légèreté du scénario et le bonheur de voir un film en costumes d’époque.

- Golden Globe 2006 :
Meilleur film
Meilleure actrice : Keira Knightley

- Oscars du cinéma 2006 :
Meilleure actrice : Keira Knightley
Meilleure direction artistique : Sarah Greenwood et Katie Spencer
Meilleure création de costumes : Jacqueline Durran
Meilleure musique de film : Dario Marianelli

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Poules en pull

18 février, 2009

En lisant l’info, j’ai cru à un canular. Mais non…

En Angleterre, dans le Norfolk, une femme de 29 ans dirige un centre de secours aux poules.
Son but: sauver les poules en batterie et leur trouver un nouveau toit.
Elle en a déjà sauvé 5750.
Mais elle est confrontée à un problème majeur: élevés dans de telles conditions, beaucoup de volatiles perdent leurs plumes.
La dame a donc trouvé une solution.
En décembre, elle a été demander à des volontaires de sa communauté de tricoter des pulls pour ses poules.
En deux mois, elle a récolté 1500 pulls multicolores, à rayures, avec motifs etc.

Voilà, voilà.

J’aime les gens qui se battent pour la cause animale.
Mais là, allez savoir pourquoi, j’ai comme un peu honte.

M.B.

http://www.zigonet.com/poule/des-poules-sans-plumes-mais-avec-des-pulls_art4162.html

Fromage, oui, mais râpé!

18 février, 2009

J’aime beaucoup découvrir les résultats des chercheurs à travers le monde.
Certaines de leurs études sont passionnantes, d’autres… insolites ou carrément loufoques.
Ainsi, une agence anglaise spécialiste des questions alimentaires a lancé une campagne de sensibilisation contre les aliments gras.

Nous en convenons tous: c’est une bonne initiative, surtout en Grande-Bretagne où la population consomme davantage de produits de ce type qu’ailleurs.
Là où les conclusions deviennent un peu bizarres, c’est lorsqu’elles nous apprennent que, selon l’agence, le fromage serait meilleur pour la santé s’il était consommé râpé plutôt qu’en bloc ou en tranches.
Il semblerait en effet que nous aurions tendance à manger moins de fromage lorsque celui-ci se présente sous cette forme.
Donc, la conclusion étant que le fromage râpé réduit le risque de maladies cardiaques, une grande campagne de sensibilisation contre les aliments gras a été lancée, incluant cette donnée.
Dans un bel élan, affiches et télévision informent le public.
La campagne vise particulièrement, paraît-il, les personnes minces, qui seraient moins sensibles à la question.

Je ne devrais sûrement pas, mais la nouvelle m’a amusée.
J’imagine fort bien la réaction d’un épicurien, comme Jean-Pierre Coffe, par exemple, découvrant, sous la cloche à fromage clôturant son repas, les gruyère, comté ou autre beaufort présentés sous forme de misérables petits tas de copeaux…

Ne serait-il pas plus simple de dire à la population de modérer sa consommation plutôt que de massacrer un produit?
Je sais: ça a déjà été expliqué et les conseils ont été suivis avec les résultats que nous connaissons.
Mais je doute de voir le conseil du râpage respecté avec plus d’enthousiasme…

La fin du singe Travis

18 février, 2009

Travis était un singe savant de 15 ans.
Un chimpanzé apparu dans des publicités de Coca-Cola et de la chaîne de vêtements Old Navy.
Sans doute l’avez-vous vu une fois au l’autre?
Civilisé, il savait, dit-on, surfer sur Internet, aimait les matchs de base-ball, buvait du vin, mangeait des steaks et se brossait les dents après le repas.
Seulement voilà.
Travis était atteint par la maladie de Lyme, le plus souvent transmise par les tiques.
Une maladie dangereuse, qui affecte le système nerveux chez les humains.
Le singe était soigné, mais cela n’a pas empêché le drame.
Lundi, il a attaqué l’amie de sa propriétaire, une femme de 55 ans, et attaqué un véhicule.
Quand un chimpanzé de 90 kg, devenu fou, vous prend pour cible, il devient beaucoup moins bien élevé.
Sa victime est à l’hôpital, dans un état critique, après avoir été mordue et malmenée, disent les infos.
Quant à Travis, après que sa maîtresse ait tenté de stopper sa fureur en le frappant à coup de couteau et de pelle, il s’est échappé pour se jeter sur la voiture de police qui arrivait sur les lieux.
Ils ont arraché le rétroviseur du véhicule, a ouvert la portière du conducteur.
Celui-ci a réagi en tirant plusieurs balles de pistolet.
Travis s’est enfui et a été retrouvé mort dans la maison.

C’est une histoire navrante.
Un accès de folie meurtrière dû sans doute à la maladie.
Tout le monde va parler de Travis.
A propos, juste en passant… sa victime, elle, s’appelle Charla.

M.B

Le Bigorneau amoureux

17 février, 2009

Il me disait depuis longtemps qu’il avait envie de m’emmener au « Bigorneau Amoureux », restaurant panoramique de Douarnenez, perché juste au-dessus de la mer.
J’en garde un souvenir enchanté.
C’est tout simple, tout sympathique, la vue est magnifique et la cuisine savoureuse.
La spécialité de l’endroit: la pomme-de-terre!
Le chef est le champion de la « patate » fourée avec des ingrédients parfois inattendus, toujours excellents.
Un délice…
A découvrir, vous ne serez pas déçus!

Restaurant le Bigorneau Amoureux
Plage des Dames,
2 boulevard Richepin,
Douarnenez

Tél. 02 98 92 35 55

http://www.bigorneau-amoureux.com/

Les différences entre les hommes et les femmes. Chapitre 4. Le jeune homme au chapeau melon.

17 février, 2009

Un soir, une série de photos est apparue sur son profil Facebook.
Une fête, dans une cave décorée.
L’une d’elles a attiré mon attention.
Une énorme roue de charrette ornée d’une guirlande, fixée sur le mur du fond.
A un grand bar en bois recouvert de bouteilles de sangria et de verres, est accoudé un jeune homme habillé de vêtements clairs.
Jusque-là: normal.
Derrière le bar, un autre jeune homme, beaucoup plus étonnant.
Il porte une combinaison verte sortie d’un autre âge, un noeud papillon noué autour de son cou nu, et un chapeau melon.
Il a surtout un visage énigmatique assez fascinant.

Il m’a fallu quelques instants avant de réaliser que ce jeune homme, c’est celui que j’aime.
Moralité, a 21 ou 22 ans, il m’aurait autant plu qu’aujourd’hui.
En regardant la photo, je suis attendrie, touchée de voir l’homme en formation qui fixe l’objectif.
Emue, je le lui dis.
L’air de ne pas y toucher, il me glisse: « hum… beau peut-être, mais aucun succès féminin à l’horizon à cette époque! »

C’est idiot.
En l’écoutant, j’ai eu un pincement au coeur.
Et je me dis que ce pincement, sous sa carapace de solide gaillard, il a dû le ressentir aussi, ces années-là…

Qu’elles sont difficiles, ces années de jeunesse où la plupart des garçons comme des filles, incertains de ce qu’ils sont, ne savent pas trop comment se comporter, ignorent s’ils plairont, attendent de l’Autre ou des Autres qu’il ou elle les rassure, les révèle à eux-mêmes, leur fasse découvrir ce qui leur était jusqu’alors inaccessible.
« L’impression d »être un moine qui découvre le monde », me dit-il ce matin…

A 20 ans, souvent, les filles vont vers les papillons. Ceux qui brillent le plus, qui dansent dans la lumière, qui rient très fort pour cacher leurs angoisses, qui parlent vite pour ne pas laisser à l’Autre le temps de penser…
Et, au-milieu de ces hordes de papillons dorés, il y en a d’autres.
Vous savez, ces papillons dont on ne remarque la beauté des ailes, des dessins, des couleurs, qu’en les retournant, en les approchant de tout près.
Il faut s’attarder pour les voir vraiment…

Le jeune homme au chapeau boule était déjà comme cela.
Je pense qu’il devait déjà être très drôle, comme il l’est aujourd’hui, très fin et intelligent, mais aussi capable de bons gros délires entre garçons.
Avec les filles, je l’imagine désarmé, moins sûr de lui, intrigué sans doute… ne sachant pas trop comment se donner contenance et répondre aux attentes…
Ayant beaucoup à donner, mais ne sachant comment l’offrir.
Je le sais… il m’a un jour offert les textes qu’il a écrit à cette époque, en secret.
Des merveilles…

Si ce n’est pas toujours facile d’être une femme, je crois qu’être un homme, à cette période précise de la vie, est encore plus ardu.
Une fois qu’ils ont trouvé une conquête possible, ils doivent plaire, séduire, correspondre à l’image souvent naïve et idéalisée que la demoiselle a encore de l’Homme, en face d’eux.
Hier ils étaient ados, et les voilà catapultés Princes Charmants.

Mon Grand Homme au chapeau melon avait déjà vécu des choses difficiles, à 22 ans.
Il avait déjà été blessé, déçu.
Il est sensible, profond… un peu solitaire et pourtant tellement sociable.
Tout un mélange de qualités qui ne saute pas aux yeux des jeunes femmes de cet âge au premier abord.

J’ai un pincement au coeur lorsque je l’entends me dire qu’à cette époque, il avait peu de conquêtes féminines.
Une femme se ferait hâcher menu plutôt que d’avouer ce genre de détails.
Lui le fait sans fausse pudeur.

Finalement, ce fameux soir de la fête, je suis plutôt contente qu’il n’ait pas rencontré la femme de sa vie.
Heureuse qu’il n’ait pas connu les codes de séduction, à ce moment-là.
Il ne les connaît toujours pas: ce genre de langage lui est parfaitement étranger…
Il n’en a pas besoin.
C’est un homme, simplement…

Martine Bernier

BD: Dominique Roques et Alexis Dormal – « Pico Bogues »

16 février, 2009

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HUMOUR ET TENDRESSE D’UN COUPLE MERE-FILS

La BD redécouvre la tendresse avec la naissance d’un petit personnage attachant: Pico Bogue. Sa particulatité? Il est né de l’imagination d’une mère, Dominique Roques, 60 ans, et de son fils, Alexis Dormal, 31 ans. L’une écrit, l’autre dessine, racontant leur vie de famille. C’est bourré d’humour, attendrissant, tonique… Chaque parent et chaque enfant peut se retrouver dans cet album réconfortant qui fleure bon, à chaque page, la formidable complicité existant entre ce couple mère-fils. Une BD délicieuse, destinée autant aux enfants qu’aux adultes, qui, une fois lue, laisse derrière elle un sillage de bien-être.
Rencontre avec deux Belges pour lesquels la douceur a encore un sens.

- Les mésaventures de Pico sont-elles autobiographiques?
D.R: Il s’agit de nous dans la mesure où nous avons tous les personnages en chacun de nous. Tous les événements décrits ne nous sont pas arrivés, mais, oui… “nous sommes cela”!

- Et Pico, ce petit bonhomme drôle, à l’esprit de répartie saisissant et à la chevelure en bataille, c’était donc Alexis?
D.R: Oui! Quand il était petit, il était ainsi, mais la société a modifié son caractère. Pour les cheveux, c’est moi qui les lui coupait, ce qui explique le résultat! Et puis, ce petit renflement que vous voyez au-dessus de la bouche de Pico, il l’avait lui aussi…

- Comment est né Pico?
A.D: Maman m’a un jour montré ce qu’elle écrivait. J’ai découvert les personnages et j’ai pris les histoires de plein fouet. Ma mère a toujours eu un style d’écriture qui n’appartient qu’à elle. J’ai donc essayé de construire des personnages qui répondaient à l’humanité et à l’humour de ses textes. Pour cela, je me suis éloigné du réalisme, j’ai introduit la folie des cheveux, le petit côté sage du visage, la douceur du geste, mais aussi la vivacité du mouvement. Nous avons mis deux ans pour finaliser l’album.

- Alexis, comment voyez-vous votre mère?
J’ai eu, avec mon frère, une enfance très heureuse. Maman a toujours été très proche de nous, nous parlions beaucoup. J’ai toujours considéré son esprit comme une oasis dans un monde où même les enfants jouent aux adultes. Un monde qui me donne l’impression qu’il faut se déshumaniser le plus possible pour pouvoir exister. Notre mère nous apportait tout le contraire…

- Et vous, Dominique, quel regard portez-vous sur votre fils?
D.R: Il est diplômé d’une école de cinéma, mais a bifurqué. Dans cet univers où l’on brasse beaucoup d’argent, il faut être doté d’un brin de méchanceté pour se faire sa place… et il est incapable de l’avoir. Il a ensuite suivi une école de dessin. A cette époque, je me faisais du souci pour lui: percer dans la bande dessinée n’est pas simple. Mais il a du talent, et une belle sensibilité…

- La famille de Pico se compose également de son papa et de sa petite soeur, “Ana Ana”. Alors que, dans la vie, vous avez un frère. Pourquoi avoir introduit ce personnage?
A.D: Cette petite soeur est née de l’envie qu’en avait Dominique! Elle est le symbole d’un certain féminisme. Elle est plus fonceuse que Pico, plus vive, mais elle a aussi un côté très touchant, très tendre.

- D’ailleurs, la relation entre le frère et la soeur est très belle, à la fois complice mais réaliste! Pico ressent parfois une pointe d’agacement pour cette petite tornade blonde… La relation ressemble à celle que vous aviez avec votre frère?
A-.D: Oui ! Maman a travaillé pour que Jérôme et moi ne nous chamaillions pas. Cela nous a permis de développer une belle relation. Il est d’ailleurs aujourd’hui notre premier critique!

- Ce premier album est un bijou de fraîcheur, d’humour et de poésie. Quel a été votre objectif en le réalisant?
D.R: Nous ne voulions surtout pas donner de leçons ni tomber dans la mièvrerie. Mais raconter la vie de famille sur un mode à la fois amusant et proche de la réalité.
A.D: On ne se souvient pas exactement comment cela se passait, dans l’enfance… Mais on se rappelle de certaines souvenirs, de l’atmosphère. Je crois que, ce petit garçon, je le suis toujours. Et j’aime savoir que ce livre peut être lu autant par les ados que par leurs parents, et créer une complicité.

Martine Bernier

Pico Bogue: “La Vie et Moi”, Dominique Roques et Alexis Dormal, Ed. Dargaud.
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Les différences entre les hommes et les femmes. Chapitre 3. Le sac.

15 février, 2009

L’un des éléments de l’attirail féminin qui semble le plus fasciner les hommes porte un nom de trois lettres: le sac.
Les miens, pour mériter de faire leur apparition au Panthéon des sacs de ma vie, doivent répondre à quelques critères essentiels.
Ils doivent être munis d’une bandoulière, être légers, remplis de poches et de compartiments, si possible pas trop laids, et, surtout, être grands… aussi grands que possible.

Comme tout homme qui se respecte, celui que j’aime semble intrigué par cet objet indéfinissable. Il faut dire que le sac qui partage mon existence – et donc la sienne, par procuration – depuis quelques mois, semble être tout droit sorti d’un film d’Indiana Jones. Couleur indéfinissable naviguant entre caramel et rouille, look de besace d’aventurier, il est rempli de multiples objets absolument e-ssen-tiels à ma survie! Et, vu son poids, donne l’illusion, à chaque fois que je pars avec lui, que je m’apprête à affronter un trekking de trois semaines dans la jungle amazonienne.

Le regard de celui que j’aime semble souvent habité par la perplexité la plus intense lorsqu’il s’attarde sur ce tas informe et mystérieux qui pendouille à mon épaule et que j’emmène partout avec moi. Lui n’a besoin que d’une poche de pantalon et d’un étui à téléphone pour être prêt à affronter son quotidien. Et s’interroge visiblement sur le contenu de mon précieux paquet.

Mais qu’y a-t-il donc dans le sac des femmes!?
Impossible de dévoiler ici ce secret bien gardé par des générations féminines depuis la création du premier sac à main (ou à épaule, en l’occurence!).
Toujours est-il que si, autour de moi, quelqu’un souffre de mal de tête, a besoin d’un mouchoir, de monnaie, d’un stylo, d’un carnet. d’une lampe de poche, d’un couteau suisse, d’une plante d’appartement ou d’un balai (non, je m’égare.. je vous laisse deviner à partir d’où!) etc, je peux toujours voler à son secours.

L’homme que j’aime est très bien élevé. Ou très prudent.
S’il pose parfois sur l’objet un regard vaguement amusé, il sait qu’il risque gros à se moquer de lui.
Il est deux sujets sur lesquels je suis chatouilleuse: mon chien et mon sac!
On ne se moque ni de l’un, ni de l’autre, fouchtra! Même (ou surtout) s’ils sont aussi atypiques l’un que l’autre…
Bien sûr, mon sac ressemble un peu à celui duquel Mary Poppins sortait les objets les plus insensés.
Mais même si son contenu est digne d’un inventaire à la Prévert, il a son importance.
Car à quoi ressembleraient les poches de nos hommes si les femmes ne cachaient dans leurs sacs tous ces menus objets qui garantissent leur confort à l’extérieur?
Mmmm?
Songez-y, ô Hommes, avant de vous gausser…
Sans nous, vous risqueriez de prendre l’aspect de kangourous ventripotents.
Ce qui serait infiniment dommage.

Martine Bernier

L’humour belge: François l’Embrouille et François Pirette

15 février, 2009

De passage pour le week-end, mon cousin et ses enfants, qui habitent en Belgique, me font découvrir deux rois du rire belges: François l’Embrouille et François Pirette

Le premier fonctionne selon le système de la caméra cachée. Il paraît qu’il est parfois au raz des pâquerettes… Pour l’instant, je n’ai vu que deux ou trois de ses « oeuvres », très drôles toutes les deux.

Le second est un humoriste hilarant. De l’humour belge pur, à découvrir de toute urgence si vous voulez percevoir l’autodérision qui peut l’animer.

Dans les deux cas: excellents!
Fou rire garanti!

Vous trouverez des vidéos de leurs exploits sur youtube ou dailymotion. En voici deux des plus drôles…

Petite merveille: François l’Embrouille tient le guichet de la gare.

http://www.dailymotion.com/search/fran%2525C3%2525A7ois%252Bl%252527embrouille%252Bguichet/video/x4akr8_francois-lembrouille-tec_fun

Un morceau d’anthologie de François Pirette imitant l’homme politique Michel Darden qu’il a en face de lui… ou du moins le fait-il croire. Impossible de savoir s’il s’agit d’un montage ou non.

http://www.youtube.com/watch?v=EXaZ8cbXLYU

M.B.

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