Archive pour février, 2009

Darwin: les 200 ans d’un grand homme

7 février, 2009

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Le saviez-vous? Cette année, nous fêtons les 200 ans de la naissance du naturaliste Charles Darwin.
Pourquoi parler de cela alors que nous avons déjà tant de difficultés à nous souvenirs des anniversaires actuels, me direz-vous? Parce que les travaux de Darwin, regroupés dans son livre « L’origine des espèces » ont marqué une étape majeure dans notre perception de la vie sur Terre.
Mais au fait, qui était-il, celui qui a provoqué le courroux des autorités religieuses après avoir réfuté la doctrine chrétienne de la création du monde?
Il est né le 12 février 1809 à Shrewsbury (Angleterre), dans une famille aisée dont le père était médecin. C’est lui qui l’a guidé vers des études médicales alors que le jeune homme aurait préféré suivre les traces de son grand-père, Erasmus Darwin… naturaliste de renom!
Peu passionné par les études qu’il entreprend, et bouleversé par les opérations qui, à l’époque, se déroulent sans anesthésie, Darwin abandonne la filière médicale. Son père l’envoie alors étudier la théologie, dans l’espoir de le voir devenir pasteur.
Mais la vocation et le destin couvent… Lorsque l’un de ses professeurs le recommande à Robert Fitzgoy pour une expédition scientifique de deux ans autour du monde, l’étudiant saute sur l’occasion. Le « Beagles » prend la mer en 1831 avec, à son bord, Darwin, alors âgé de 22 ans. Durant cinq ans, il découvrira le Brésil, les îles Galapagos, Tahiti, la Nouvelle-Zélande et l’Australie.
Le jeune homme souffre du mal de mer. Qu’importe: il est fou de bonheur. Tout au long du voyage, il prend des notes, collecte des informations, des échantillons de faune et de flore. En 1836, il revient en Angleterre et publie son premier livre en 1839: « Le voyage du Beagles ».

Darwin est de santé fragile. Ce qui ne l’empêchera pas de se marier avec sa cousine Emma avec laquelle il aura dix enfants.
Cet esprit percutant, très marqué par ce qu’il a vu durant son voyage, continue à travailler.
Il est de plus en plus convaincu que toutes les espèces subissent une évolution constante. Vingt-trois ans après son retour, il écrit « L’origine des espèces ».
En 1858, il reçoit la lettre d’un collègue naturaliste, Alfred Russel Wallace, lui apprenant qu’il développe la même théorie que la sienne à peu de choses près. Cette révélation est une souffrance pour Darwin. Mais les idées des deux hommes sont rendues publiques en même temps lors d’une réunion scientifique.
Le livre paraît pour la première fois en 1859 et rencontre un énorme succès, tout en déclenchant l’ire des créationnistes. Aujourd’hui encore, ils réfutent les théories du biologiste.
Ce autodidacte génial a bouleversé les conceptions les plus tenaces sur l’homme. Il a mis en avant le fait que la lutte pour l’existence est le facteur actif de la sélection.
Darwin est mort à Down, dans le Kent, en 1882. Aujourd’hui, tout le monde connaît la fameuse phrase « L’homme descend du singe ». Et l’évolution de l’Homme continue à susciter le débat.
Bon anniversaire donc, Monsieur Darwin…

Les différences entre les hommes et les femmes. Chapitre 1. Le réveil.

6 février, 2009

Avez-vous remarqué à quel point l’homme et la femme sont différents l’un de l’autre?
Pas seulement au niveau physique, non.
La différence est tout aussi frappante dans nos fonctionnements respectifs.
Jusqu’ici, je l’avais réalisé sans m’y attarder vraiment.
Mais depuis que ce grand homme au regard si particulier a surgi dans ma vie un matin d’automne, le phénomène a pris pour moi une toute autre dimension.
Je dirais même qu’il me passionne.
Je n’y réagis plus de façon tripale: j’observe le spécimen aux réactions étranges qui évolue à mes côtés.
Et qui fait tellement d’efforts pour s’adapter à cette drôle de créature qui semble parfois le rendre parfaitement perplexe.
On pourrait écrire un livre sur le sujet.
D’autres n’ont d’ailleurs pas attendu mon idée pour le faire.

Mon premier exemple relève de la pathologie masculine et aborde un moment de la journée tout à fait délicat: le réveil.
Je fais partie de cette catégorie de personnes qui, le matin, récupèrent toutes leurs facultés et leur énergie à la seconde où elles ouvrent les yeux.
Dès que j’ouvre les miens et que je le vois dormir à mes côtés, j’ai le coeur au bord de l’implosion de bonheur.
Je n’ai qu’une envie: lui dire à quel point je suis heureuse qu’il soit là, le dévorer de baisers.
Cela va passer, me direz-vous?
Que nenni: cela fait bientôt trois ans que cela dure ainsi!
Pour éviter d’interrompre son sommeil réparateur, je résiste à l’envie de hurler un joyeux « Gooooog morniiiiiing Vietnaaaaaam! » et je pars silencieusement, à pas de loup, en direction de la salle de bain pour renouer avec les plaisirs de la douche hyper matinale.
Je pense que, même s’il ne me le dit pas, mes efforts de discrétion doivent être très limités, et que, bien souvent, le bruit de l’eau doit l’arracher à ses rêves.
Une fois sortie de la salle de bain, en pleine forme, j’ai froid.
Donc, en bonne logique, je vais me blottir contre lui qui, sans grogner, m’ouvre les bras.
Dans un premier temps, il ouvre un oeil, le referme, sourit vaguement et murmure: « Bonjour, mon coeur… »
Il faut ensuite une bonne heure pour qu’il revienne doucement à la vie, à grands renforts de cajoleries.
Femmes, mes soeurs, n’espérez pas un mot tendre de votre amour avant le troisième café de la journée, et encore.
Ce serait une grave erreur stratégique.
Le mien est un homme très tendre, très à l’écoute de mes attentes.
Dans les bons, que dis-je: les excellents jours, il consent, les yeux fermés, à articuler dans un murmure presque imperceptible, un « je t’aime » endormi… tandis qu’il semble vaguement ahuri de recevoir des discours enflammés et rieurs sur la place qu’il tient dans ma vie, alors que le soleil n’est même pas encore levé.

Oui, nous sommes très différents.
Mais, de plus en plus souvent, de son monde bien masculin, surgissent des phrases émouvantes, des déclarations qui me chavirent.
Il m’en a offerte une, un soir où nous étions couchés, provoquant en moi des larmes de bonheur.
Un peu gênée d’être prise en flagrant délit de défaillance lacrymale, j’ai fait allusion à mon maquillage, qui, à chaque fois que je pleure ainsi, risque d’être ruiné.
Et lui, magnanime et réconfortant, m’a regardée en souriant: « Mais là, ça va, ne t’inquiète pas. »
Deux secondes de silence, et ma réponse: « Mais mon coeur, là … je l’ai retiré! Tu n’as rien remarqué? »
Non, évidemment, question idiote!

Martine Bernier

Clonage : Quel monde merveilleux…

6 février, 2009

Le clonage a, paraît-il ses bons côtés. Et puis, il en a d’autres, qui ont de quoi nous plonger dans un abîme de perplexité.
L’an dernier, une équipe de chercheurs de l’Université de Gyeonsang, en Corée du Sud, a cloné les cellules d’un chat angora turc pour créer trois chatons qui brillent dans la nuit. Oui, vous avez bien lu: des chats fluorescents. L’un d’eux est mort-né. Les deux autres se portent bien, merci. Et deviennent rouges lorsqu’ils sont exposés à la lumière ultraviolette. Ce qui est très tendance en boîte de nuit, mais peu pratique lorsque l’on est un félin soucieux de chasser en toute discrétion.
Comme il faut toujours une bonne raison pour justifier l’injustifiable, les scientifiques ont assuré que « leurs travaux permettront de mieux comprendre les maladies génétiques chez les animaux et les humains. et de reproduire génétiquement des animaux en voie de disparition. Cette méthode pourrait servir à développer des cellules souches thérapeutiques dotées d’un gène médicament. »

Oui. Bon. Cela dit, même avec beaucoup d’imagination et d’ouverture d’esprit, il est difficile de comprendre comment le fait de transformer des chats en créatures extraterrestres peut aider à soigner une maladie quelconque ou à protéger les ours polaires de la fonte de la banquise.
Enfin… Ne soyons pas grincheux. Notre époque est épatante. Si, si.
C’est avec un ravissement sans borne que nous pouvons nous préparer, dans les années à venir, à voir apparaître dans nos univers des chats lumineux dans la nuit, des souris équipées de lunettes diffusant des ultraviolets, mais également, qui sait, des éléphants roses à étoiles vertes clignotantes. Harry Potter et ses créatures peuvent aller se rhabiller. Et moi, je vais soigner ma migraine.

Martine Bernier

Alan Stivell : Nous vivons sur une seule terre

5 février, 2009

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Je l’ai rencontré il y a dix ans, alors qu’il allait donner un concert non loin de la frontière Suisse.
Il m’a accordé un entretien peu avant le concert auquel j’ai ensuite assisté. Une salle surchauffée, des drapeaux bretons, un enthousiasme délirant de la part d’un public heureux de retrouver son barde.
Breton, Alan Stivell l’est dans l’âme. Mais il est aussi et surtout un musicien en perpétuelle évolution, précurseur de la World Music. A l’époque, il sortait son 19e album: « 1 Douar » (En breton: « une seule terre »). Ce disque international, hybride et très mélodique, il l’avait longuement mûri, menant à bien son désir d’aller à l’essentiel en brisant les frontières entre les peuples. Ou du moins entre leurs musiques.
Profondément original dans le paysage musical français, le sage Stivell fait toujours figure de visionnaire. Aujourd’hui, son discours n’a pas changé: chacun de nous possède une richesse qui peut enrichir l’Autre.

- Vous êtes considéré comme l’un des porte-drapeau du peuple breton. C’est un rôle que vous assumez facilement?
Oui et non. C’est une responsabilité double et ambiguë, car je veux conserver ma liberté d’être humain. Je ne suis pas le délégué du peuple breton destiné à le représenter dans le monde. Ils n’ont pas voté pour moi! Mais je suis conscient d’avoir une certaine responsabilité. Même si mon rôle est festif, j’en perçois le sérieux car, à la clef, il y a des racines. Si j’étais superficiel, il existerait un risque de partir dans toutes les directions et de briser le sens de notre démarche.

- Votre album « 1 Douar » semble avoir été, mûrement réfléchi..
C’est exact. Je souhaitais parler d’une seule terre, et en breton. L’Afrique, c’est la terre la plus éloignée du monde celte. Mais il existe des liens entre les peuples. Pour moi, il est important d’aller là où je ne suis pas attendu. Je pense qu’il faut être attaché à ses racines sans le moindre racisme, en ayant une curiosité pour les autres. Entre les extrêmes que sont l’uniformité ou la division, il existe un chemin dans lequel on peut continuer à vivre une richesse culturelle sans frontières.

- Ne pensez-vous pas que votre public a parfois du mal à vous suivre dans votre nouvelle démarche, dans votre nouveau style très éloigné de la musique bretonne traditionnelle?
Mon public suit plus ou moins. A une époque, je me souviens avoir eu moi-même des difficultés à aimer certaines chansons des Beatles.
Il faut se donner le temps de rentrer dans la musique. Au début, on s’étonne, puis on s’habitue. Je suis pris entre l’oeuvre de l’avant-garde et le besoin de communication.
Personnellement, je ne ressens pas le besoin d’individualisme artistique, ni la frustration de communiquer. Je dirais que je fais de l’avant-gardisme modéré.

- Certains vous attribuent la paternité de la World Music…
Sur le plan musical, c’est très exagéré. Sur le concept, je suis plus ou moins d’accord car, dès mon premier album, je partais déjà sur ce principe.

- Dans « 1 Douar », vous chantez notamment la Mémoire de l’Humain. Quels sont les thèmes que vous traitez dans vos chanson… et que l’on ne peut comprendre à moins de parler breton ou d’acheter vos disques sur lesquels figurent les traductions?
Je parle de tout ce qui me touche en tant qu’être humain. La faim dans le monde, la paix, en Irlande, les problèmes politiques, les légendes… Pour moi, il n’y a pas de hiérarchie entre une symphonie celtique ou une chanson paillarde. Je traite tout sur le même plan. Tout fait partie de la vie.

- L’avenir de la Bretagne, comment le voyez-vous?
Il passe par une fédération des pays celtiques. Je pense que le monde celte sera fédéré par l’Europe. Je crois qu’il existera un bureau interceltique où seront traités tous les problèmes des peuples celtes. Les frontières qui séparent ces peuples ont été crées artificiellement sur la Manche. Maintenant, les celtes vont se réunir davantage.

- Vous avez donné plusieurs concerts en Suisse. Ce pays, comment le ressentez-vous?
Quand je pense à la Suisse, je pense « helvétique ». En breton cela pourrait se traduire par « Elever le monde haut ». C’est le souvenir d’un peuple davantage peuple des montagnes, Peut-être ce dernier a-t-il gardé une certaine philosophie telle que celle que l’on trouve au Tibet?
Toujours est-il que le peuple des montagnes est assez proche de celui des îles ou de la mer. Mais il serait démagogique de vous dire que je me sens mieux en Suisse qu’ailleurs. En fait, je me sens chez moi partout…

Martine Bernier

Jean -Michel Caradec, un merveilleux chanteur breton

4 février, 2009

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Jusqu’à mes 18 ans, j’ai habité Bruxelles.
Mais déjà à cette époque, j’aimais la Bretagne.
Le coeur de ce pays, j’ai eu l’impression de le toucher du doigt, au cours de ces années, à travers les chansons d’un homme d’une sensibilité et d’un talents purs: Jean-Michel Caradec.
Il a écrit et chanté des merveilles.
J’aimais pratiquement tous ses textes, toutes ses musiques.
Mais certains me parlaient davantage encore que d’autres.
Et notamment l’une de ses chansons, que j’ai apprise à beaucoup d’enfants et de jeunes lorsque je leur enseignais les rudiments de la guitare, et dont les paroles chantent encore dans ma tête lorsque je franchis la frontière de la région: « Qu’elle est belle ma Bretagne quand elle pleut… »

J’ai écouté Caradec pendant des années.
Et je l’écouterais sans doute toujours si, un jour de juillet 1981, il n’y avait pas eu cet accident de voiture qui a brisé son destin.
Alors, de temps en temps, je réécoute ses disques, je me laisse prendre à sa poésie.
Et je me dis qu’il a probablement été le premier dans les mots duquel j’ai reconnu mon propre attachement à sa terre, tel que je le ressens vraiment.

Avant de partir, il a eu le temps de nous marquer, de nous laisser des perles.
Que l’on peut encore trouver, d’ailleurs.

Martine Bernier

QU’ELLE EST BELLE MA BRETAGNE QUAND ELLE PLEUT…

Grand-mère lavait nos chemises
Au lavoir près de la remise
Le chat faisait le gros dos sur l’âtre auprès du feu
Qu’elle est belle ma Bretagne quand elle pleut

Papa nous contait des légendes
De trésors enfouis sous la lande
Maman cachait quelques pièces sous des draps très vieux
Qu’elle est belle ma Bretagne quand elle pleut

Et la petite fille de l’école
Je crois qu’elle avait la rougeole
J’ai jamais osé lui dire que j’étais amoureux
Qu’elle est belle ma Bretagne quand elle pleut

Et je rêvais de la Garonne
Des bûcherons, des bûcheronnes
Le petit bois de chez nous a fini dans le feu
Qu’elle est belle ma Bretagne quand elle pleut

Tous les marins qui se souviennent
Des barques qui jamais ne reviennent
Ont une envie de la mer quand même au fond des yeux
Qu’elle est belle ma Bretagne quand elle pleut

Quand je revois tous ces visages
Je ne sais même plus mon âge
En regardant des photos c’est fou ce qu’on est vieux
Qu’elle est belle ma Bretagne quand elle pleut
Qu’elle est belle ma Bretagne quand elle pleut

Carnac et ses secrets

4 février, 2009

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Allez savoir pourquoi, je suis, comme beaucoup, fascinée par Carnac où je retourne à la moindre occasion.
Irrésistiblement attirée sans doute par le mystère que cachent ces gigantesques alignements de mégalithes.
J’ai lu une foule de livres sur le sujet, tous essayant de percer le secret de ces pierres qui ont demandé tellement d’efforts à ceux qui les ont levées.
J’aime le lieu, son atmosphère à la fois apaisante et inquiétante.
J’aime les questions restées sans réponse, malgré tout le savoir scientifique déployé pour comprendre.
J’aime savoir que cette terre et les hommes qui l’ont peuplée gardent toujours leur part de ténèbres.

J’aime surtout le Géant du Manio, perdu dans la forêt, dressé solitaire près de son antichambre de pierres.

Le mystère de Carnac était remarquablement expliqué à l’Archéoscope, où un spectacle son et lumière racontait des siècles d’histoire.
J’y suis allé plusieurs fois, toujours aussi intéressée.

Et puis un jour, Carnac a pris une dimension nouvelle dans ma vie.
Dans nos vies.
Jusque-là, lui et moi ne nous étions jamais vus réellement.
Un jour de mars 2007, en vacances en Bretagne, je suis retournée au Pays des mégalithes.
Et c’est là que nous nous sommes vus pour la première fois, sans pouvoir nous parler.
La première rencontre, furtive et un peu loufoque, s’est déroulée dans la librairie de l’Archéoscope dont nous ignorions tous les deux qu’il avait fermé ses portes.
Le premier coup de coeur, fulgurant pour moi.
Et dont il m’a dit, il y a peu, lorsque je lui ai demandé ce qu’il avait ressenti, ce qu’il avait pensé à ce premier instant: « J’ai pensé: c’est elle… »

Carnac…
Dans quelques jours, nous y retournerons.
Et le rendez-vous manqué que nous n’avons pu tenir la première fois auprès du Géant du Manio sera honoré, à notre manière…

Arc et Senans : La Saline de l’Utopie

4 février, 2009

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La Saline royale d’Arc-et-Senans possède une destinée qu’aucune autre de ses congénères ne peut revendiquer. Modèle architectural unique, elle est aujourd’hui un lieu paisible, bijou architectural très visité.

Si la Saline royale d’Arc et Senans, en Franche-Comté, à une heure de Vallorbe, reçoit chaque année des milliers de visiteurs, ce n’est pas présenter l’extraction du sel, puisqu’elle est n’est plus en activité depuis 1895. Dès le premier regard, l’intérêt du site saute aux yeux. Classée au Patrimoine Mondial de l’UNESCO depuis 1982, la Saline est le chef-d’oeuvre de l’architecte Claude-Nicolas Ledoux .
Grâce aux bâtiments qu’il a imaginés, il doit être possible, estimait-il, de produire annuellement dans l’enceinte de la manufacture soixante mille quintaux de sel. Tout a été prévu à cet effet: les bernes, les étuves, les réservoirs d’eau, les magasins, les canaux, les machines hydrauliques, les bâtiments de graduation, le saumoduc, et les logements des ouvriers. Reste, en cette seconde moitié du XVIIIe siècle, à trouver un site pour implanter les bâtiments.
Celui-ci est choisi entre les hameaux d’Arc et de Senans, dans le Doubs. La mission de cette manufacture sera de transformer les saumures, ces eaux faiblement salées amenées par pipe-line des sources souterraines de Salins, à vingt kilomètres de là, afin d’en extraire du sel. Le bois de la forêt royale de Chaux (22’000 ha) servira à cuire et évaporer la saumure. Quant aux grands axes de circulation, ils permettront de commercer avec la Suisse voisine et la Bourgogne. La manufacture est construite entre 1775 et 1779, dix ans avant la Révolution française. Et l’or blanc obtenu est vendu, en tonneaux ou en pains de sel.
À la Révolution , la Saline devient bien de l’Etat, confié à des régisseurs. Mais les tentatives de développement ne lui assurent pas son avenir. Dépassée par la concurrence des salines de l’Est et par celle des marais salants, elle cesse définitivement son activité en 1895.

Cet arrêt des activités du site construit en demi-lune aurait pu signer son arrêt de mort. Cela n’a pas été le cas. Au contraire. Au fil des siècles, la Saline royale s’est trouvé une nouvelle vocation. Les choses avaient pourtant plutôt mal commencé. Délaissé à la fin du XIXe siècle, le site a subi de nombreux dommages. Le bâtiment central où loge le directeur, point fort de la composition, a supporté des dégradations et n’a pas été reconstruit à l’identique.
En 1918, la foudre détruit entièrement l’intérieur des lieux et, en 1926, un vandale fait sauter les colonnes du portique. Mais la Saline est rachetée en 1926 par le département du Doubs. Aussitôt classée au patrimoine des Monuments Historiques, elle va bénéficier d’importantes restaurations entre 1930 et 1990. Aujourd’hui, le lieu est un bijou architectural.
En 1972 est créée la Fondation Claude-Nicolas Ledoux, devenue depuis un institut. Sur l’initiative de son actuel président, Serge Antoine, une quinzaine d’entreprises publiques et privées s’unissent pour transformer l’ancienne saline en Centre International de réflexion sur le Futur, dont la gestion a été confiée à l’Institut. Ledoux serait heureux. Le lieu est aujourd’hui un Centre Culturel de Rencontre Européen, dont la réflexion principale est axée sur « L’architecture et la cité ». Colloques, séminaires, expositions itinérantes, création: le Centre est un lieu fréquenté par les chercheurs, et propose chaque année un nouveau thème de réflexion. Celui de 2004 sera consacré à « La Lumière/La Couleur », 2005 se penchera sur « La Mobilité et le Nomadisme », tandis que 2006 célébrera le Bicentenaire de la mort de Ledoux ».

Paradis factice (intertitre)

Ledoux avait rêvé d’incorporer la nature à l’architecture de la Saline. Grâce à son génie inventif, il a allié son sens de la géométrie à une nature à la fois sauvage et domestiquée, pour former un tout harmonieux. Chacun des onze bâtiments a été conçu pour être esthétique, admirablement proportionné. Créé pour devenir l’élément d’un « paradis social » placé sous la domination constante du directeur qui, de sa propre habitation, peut tout observer, tout contrôler.
Chacun des employés sera soigné, entouré, rêve Ledoux. L’usine, le potager, les bâtiments, les logements: tout est installé selon les plans de l’architecte, fantasmant sur une ville miniature idéale. Mais le projet est utopique.
À l’époque de l’utilisation de la saline, jusqu’à 250 personnes y ont vécu. Et les explications reçues lors de la visite du site font bien comprendre que la vie sur place n’avait rien d’idéale. Les ouvriers travaillaient dans une fumée épaisse aux vapeurs acides. Une atmosphère corrosive qui apportait son lot de brûlures et de problèmes respiratoires. De plus, une discipline quasi militaire régnait dans l’enceinte de la manufacture, y compris dans les logements attribués aux employés. Ceux-ci ne disposaient d’aucune liberté. De la prière du matin jusqu’à l’extinction des feux, tous obéissaient à des règles sévères, sous le regard omniprésent du directeur. L’architecte idéaliste avait oublié un détail en construisant son œuvre: la place de la liberté individuelle.

Martine Bernier

Horaires
Horaires des visites:
- Janvier, Février, Mars, Novembre, Décembre: 10-12H / 14-17H
- Avril, Mai, Octobre: 9-12H / 14-18H
- Juin, Septembre: 9-18H
- Juillet, Août: 9-19H
Internet: www.salineroyale.com
Tél. 0033 (0)3 81 54 45 45
Fax: +33 (0)3 81 54 45 46
La Saline se trouve entre Besançon et Pontarlier, à une heure de la frontière suisse.
Audioguides ou visites guidées à heure fixe, offertes avec le billet d’entrée au monument
Visites libres des expositions temporaires
Cafétéria ouverte de juin à septembre

L’ARCHITECTE DU ROI

Enfant du siècle des Lumières, Claude-Nicolas Ledoux (1736 – 1806), architecte visionnaire du roi Louis XV, a 37 ans et une solide réputation lorsqu’il dessine les plans de la manufacture. Le travail qu’il accomplit ici est raffiné, d’une symétrie parfaite. Très épris de l’Antiquité, il fera abondamment usage de colonnades et d’arc de triomphe dans les bâtiments qu’il construit. Les Salines royales d’Arc-et-Senans constituent les premiers essais d’urbanisme industriel complet comprendant ateliers, logements, écoles et espace de loisirs. Ledoux a également signé les plans du pavillon de madame du Barry à Louveciennes , des écuries de madame du Barry à Versailles, du château de Bénouville en Normandie , du théâtre de Besançon et de la prison d’Aix-en-Provence.
À la Saline, la Tonnellerie, l’un des pavillons à gauche du bâtiment d’entrée, est entièrement dédiée au musée Ledoux. Y est présentée l’une des plus importantes collections de maquettes d’architecture d’Europe, largement hantée par l’esprit du constructeur des lieux. Soixante maquettes retracent les projets, rêvés ou aboutis, de celui qui fut l’un des architectes les plus prolifiques de son temps.

M.B.

Mon Histoire de France expliquée à Martine. 1. Napoléon

3 février, 2009

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Si vous saviez comme il est parfois difficile, dès le petit déjeuner, de répondre à une question intelligente sur un sujet compliqué…
Martine a souvent des questions intelligentes et je ne suis pas du matin !

Donc, un jour, débat passionné autour de Napoléon. Son avis : despote tyrannique qui a ruiné la France (caricature à peine).
Venant de finir pour la xième fois les mémoires de Constant, le premier valet de chambre de l’Empereur jusqu’en 1814, j’entre dans le sujet.

Comme d’habitude, j’aime planter le décor. Napoléon est né en 1769, sous Louis XV, fils de petits nobles corses. Il a grandit dans les écoles du Roi où on lui rappelait assez souvent son origine modeste. Il était l’un des meilleurs élèves de ces écoles en mathématiques. Il se préparait donc à une carrière dans l’armée et plus précisément dans l’artillerie vu que son rang ne permettait pas vraiment des armes plus prestigieuses.

La France de l’époque était un des pays d’Europe les plus peuplés, essentiellement rural, avec un système monarchique qui commençait à devenir obsolète, un pouvoir central relayé sur le terrain par des nobliots plus ou moins compétents.

Donc, arrive Louis XVI dont on connait la fin et la révolution.

Travaux pratiques, nous allons déjeuner à coté du Procope, café célèbre de Paris derrière la ruelle où habitait Marat et au bout de laquelle était le logement de Danton.
Je la laisse imaginer la foule dans cette ruelle demandant le changement et voulant tout détruire et couper les têtes qui dépassent, le propre des révoltions.

La révolution a tellement bien fonctionné que tout le système politique s’est écroulé. L’élite de la nation a, soit émigrée, soit a été raccourcie par l’invention du Docteur Guillotin.
Le pays était aux mains d’une poignée d’extrémistes dont l’ambition était de tout détruire pour un monde meilleur. Ils ont réussi la première partie, le souci c’est la deuxième.

Le monde entier était contre la France. La peur de voir cette révolte se propager ou le moyen de restaurer un ordre ancien.
Nos politiques avaient besoin de propagande, d’une icône et voilà notre Bonaparte, jeune, talentueux, victorieux en bataille et novice en politique. La nouvelle idole des jeunes !

Ce que n’avaient pas prévu les régnants de l’époque, c’est que le Bonaparte était bougrement intelligent, rêvait de prendre une revanche contre le système depuis Brienne et avait une ambition et des idées pour reconstruire le pays.

Ainsi (je la fais courte) il prit le pouvoir avec les méthodes propres au système de l’époque. Comprenant vite que le moyen de remettre de l’ordre dans le pays devait repasser par un état centralisateur. Il nomme des Préfets, écrit un code civil et met les bases d’un système juridique qui est encore en vigueur dans de nombreux pays aujourd’hui. Il créé l’institut, les lycées, le baccalauréat. Entreprend de grands travaux, des ports, des routes. Il pousse à la recherche (la betterave à sucre…), rétablit la religion, et recrée un système politique visible avec des cadres qu’il tient (ou presque) à coup de titres, crée la banque de France, j’en passe et des meilleures.

Bien sur, il y a le volet militaire… Là je vois l’œil de Martine qui s’assombrit. Donc direction les Invalides.
Il faut comprendre que la France est isolée dans un monde hostile, la création de l’Empire ayant un peu calmé les autres souverains mais ça n’a pas duré longtemps. L’Angleterre craignait pour sa suprématie maritime et ses colonies, les états de l’Est pour leurs souverainetés et le risque de contagion vers des monarchies constitutionnelles. Bref, pour des raisons différentes, toute l’Europe voulait détruire la France et son dirigeant.

Bien sûr, aujourd’hui on regarde le nombre de morts, la boucherie des batailles. Avec l’œil de l’époque, le peuple était fier de voir un pays qui redevenait fort, en conquête, avec une vision de l’avenir. Et cela permettait à l’Empereur de « placer » des membres de confiance dans ses conquêtes tout en mettant en place son système de gestion politique qui contrôlait tout ça.

Il a commis des erreurs, comment ne pas en commettre dans cette époque. Surtout qu’il est assez facile de juger avec quelques années de recul… Mais il a permis de reconstruire un pays qui était tombé dans des mains d’extrémistes et d’anarchistes de tous poils.

Nous arrivons aux Invalides. Comment un dictateur pourrait il être encore ainsi vénéré ?
Le tombeau est là dans sa crypte, entouré des noms de batailles et d’institutions, dans le prolongement, une niche abrite une dalle sous laquelle est son fils.

Il a été l’objet d’attaques et de dévotions bien après sa mort et il a même été un objet politique.

Le retour des cendres, en 1840, pas vraiment un hasard, dans un contexte politique qui recommençait à être agité. Cent ans plus tard, l’occupant allemand organise le retour des cendres de son fils, encore un geste politique.

Nous finissons ce cours d’histoire « à ma façon » sur un banc devant les Invalides. Je nargue un bus de touristes Belges qui débarquent au pas de charge, prennent une photo et vont sûrement filer vers Montmartre.

Nous sommes bien, seuls au monde au milieu de cette foule. Je ne suis pas sûr de l’avoir convaincue mais au moins j’espère lui avoir montré cette période sous un nouvel angle sans aucune prétention historique, tout étant une interprétation très personnelle.

Amis lecteurs, lisez les mémoires de Constant, vous verrez cet homme sous un autre angle !

Alain

Les Têtes-à-claques: je craque

3 février, 2009

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Je sais, je sais, je ne devrais pas..
Mais j’avoue que, depuis pas mal d’années déjà, les Têtes à Claques me font sourire béatement, voir rire carrément, toute seule devant mon ordinateur.
J’aime pratiquement tout: leur humour disjoncté et complètement décalé, leur accent, les personnages, leurs mines parfois déconfites, et, par-dessus tout, le mythique « Non mais, sincèrement, Lucien !… »

Bref, je suis contaminée gravement…

L’aventure des Têtes-à-claques a été lancée en 2006 sur la Toile, puis elle a été diffusée sur la chaîne Radio-Canada.
Pour ceux qui ne connaîtraient pas, les personnages, en pâte à modeler, ont les yeux et la bouche de leur créateur, Michel Beaudet. Celui-ci a incrusté ses traits par ordinateur.
Le résultat est hilarant, doublé d’un humour décapant.
Toute une galerie de personnages constitue désormais ce qui est devenu un véritable phénomène culturel.
Les expressions de l’Uncle Tom, Johny Boy, Monique, Raoul ou Captain Kung-Fu font leur apparition dans la rue à peine ont-elles été prononcées.

Si vous ne connaissez pas (mais est-ce possible de ne pas connaître CA?), je partage, tiens!

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Martine

Saint-Valentin: Entre commerce et sentiment, le langage de l’amour

3 février, 2009


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Fête commerciale ou non, la Saint Valentin fait partie du passage obligé de tous amoureux qui se respectent. Ceux-ci n’ont d’ailleurs pas attendu la création de la fête pour exprimer leur passion…

La date approche…
Le 14 février, ce bon Saint Valentin profitera de la fête qui lui a été attribuée pour faire vibrer les cœurs et ranimer les flammes. Les origines de la Fête des Amoureux ne datent pas d’hier. Les «lupercales» remontent à la Rome antique. A l’époque, on ne parlait pas de Valentin, mais de Lupercus, alias Pan, dieu de la fertilité des troupeaux… et des bergers. Chaque 15 février, tout jeune romain tirait au sort dans une urne le nom de la jeune fille avec laquelle il allait former un couple pour une durée d’un an. La méthode, bien que manquant de romantisme, permettait au moins aux plus timides de ne pas faire tapisserie. Il faudra attendre l’arrivée du pape Gélase Ier pour abolir cette cérémonie et la remplacer par une fête dédiée aux amoureux sincères. Adieu Lupercus, bonjour Valentin ! Cette fois, il ne s’agit plus d’un dieu païen, mais d’un saint martyre. Retrouver sa trace relève pourtant du jeu de piste. Il existe sept saints chrétiens portant le prénom de Valentin. Selon les spécialistes, le plus romantique d’entre eux serait celui à qui la fête actuelle est consacrée. Cet évêque italien aurait été décapité le 24 février 270 parce que qu’il avait béni de jeunes couples contre l’avis de l’empereur Claude qui avait interdit à ses soldats de se marier. L’histoire aurait pu se limiter à ces faits. Mais elle s’embellit d’une idylle de dernière minute. Du fond de sa prison, Valentin tombe amoureux de la fille aveugle de son gardien. La légende veut qu’il lui rendit la vue et qu’il lui laissa un message signé « ton Valentin », avant d’être exécuté. Ce geste le propulse protecteur des amoureux pour siècles et des siècles….

Le langage des fleurs et… des allumettes

La fleur reine du 14 février reste la rose rouge, confirment les fleuristes. « Elle représente environ 70% de notre chiffre d’affaire pour cette journée. Mais les clients apprécient également les compositions, comme les boîtes garnies en forme de cœur. » En termes de vente, la Saint Valentin reste la deuxième fête la plus importante de l’année après la Fête des Mères. Ce qui ne veut pas dire pour autant que le chiffre d’affaires explose. « La marge bénéficiaire est relativement faible, relève le fleuriste. Il en est des fleurs comme de l’or. Le prix monte en fonction de la demande. Comme la fête des amoureux a lieu dans le monde entier à la même date, les prix grimpent. » La plupart des fleuristes boutique engagent chaque année une ou deux personnes supplémentaires pour aider à nettoyer et préparer les quelque 800 à 1000 roses qui seront vendues en moyenne ce jour-là. Du personnel supplémentaire auquel vient souvent s’ajouter une préposée au téléphone, chargée de prendre les commandes… et de noter les textes qui accompagneront les bouquets. « C’est sans doute le côté le plus beau et le plus poétique de cette fête, reconnaît le maître des lieux. Les textes des cartes sont remplis de tendresse et de petits noms touchants. »

La rose rouge qui symbolise l’amour passion, recueille donc la majorité des suffrages. Et pourtant… Le langage des fleurs décline toutes les nuances de l’amour et mériteraient que l’on s’y attarde tout au long de l’année. Elles traduisent non seulement les degrés d’intensité des sentiments, mais également les diverses étapes de la Carte du Tendre. La marguerite des prés pose la première de toutes les interrogations : « M’aimez-vous? » Pour peu que l’élue réponde positivement à la question, l’amoureux transi n’a que l’embarras du choix. La jonquille exprime le désir, le gardénia l’amour secret, la tulipe rouge révèle une déclaration d’amour, tandis que l’héliotrope est signe d’amour éternel et le myosotis d’amour sincère.
A l’époque où le téléphone et les SMS n’existaient pas, les amoureux avaient leurs propres codes pour faire passer leurs messages. A la mode au début du 20e siècle, le langage des allumettes faisait partie de ceux-ci. Jouer distraitement avec des allumettes sur une table au cours d’un repas permettait en fait de s’adonner à un langage crypté. Deux allumettes placées en pointe voulaient dire « lèvres jointes ». Croisées, elles présageaient d’agréables rencontres. Seule à sortir d’une boîte, elle faisait office de déclaration: « Vous êtes mon unique amour ». Parallèles, mais décalées, elles sollicitaient un rendez-vous. Tandis que lorsqu’elles étaient deux à dépasser de la boîte, elles garantissaient un éternel bonheur à deux.

Martine Bernier

Les oiseaux symboliques
Si le langage des fleurs est assez répandu, celui des oiseaux l’est moins. Dans certains pays, ils ont pourtant leur importance dans le cadre de la Saint Valentin. En Angleterre, au Moyen-Âge, la rumeur populaire affirmait que les oiseaux s’accouplaient le 14 février. Encore aujourd’hui, la tradition veut que, ce jour là que les oiseaux choisissent leur compagne pour l’année. Mieux encore: les oiseaux vus le jour de la Saint Valentin seraient autant de bons présages. Ainsi, un rouge-gorge serait signe de mariage… avec un marin. Moins ambitieux, le moineau annonce un mariage avec un homme peu fortuné. La colombe assure un homme bon, tandis que le bec-rouge est signe d’un époux sensé. Un conseil : si vous souhaitez convoler en justes noces, évitez de croiser un pivert. Il annonce le célibat !

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