Archive pour février, 2009

Aragon : l’envers du décor

2 février, 2009

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Ça faisait des années que je passais devant ce panneau d’autoroute qui indiquait la maison d’Aragon et d’Elsa. J’ai proposé un jour à Martine que nous allions la visiter.

Je dois préciser, sans entrer dans les détails, que je ne suis pas un grand érudit. J’ai une vie et un métier prenant, cela m’a fait passer certaines priorités en les mettant de coté, ce que je regrette aujourd’hui.

Donc, aujourd’hui, ayant la chance de partager ma vie avec une érudite, j’essaie de me rattraper.
Nous voici devant un mur de clôture banal, rien n’indiquant ce qui pouvait bien se cacher derrière.

La porte s’ouvre sur une cour. Petite maison en « L » avec une cour pavée, un puits, un jardinet et deux bancs. A gauche s’ouvre un très grand parc.
Nous entrons et sommes accueillis cordialement, le miracle de la carte de presse.

Je sens tout de suite si Martine est bien ou pas, ça se voit à ses yeux apaisés ou paniqués. Là, elle était apaisée, bien, heureuse.
Un brave jeune homme nous sert de guide, j’avoue que j’ai un peu décroché de son laïus dont il était si fier. J’aime les gens qui vivent pas qui récitent.

Nous entrons dans la cuisine, surprenante, simple sauf si on regarde la vaisselle. Des Picasso en dessous de plats, assiettes etc.…
Ensuite vient le bureau du Maître, encombré de livres, d’affiches. Le bureau est dans un fouillis organisé. A croire qu’Aragon va jaillir d’une porte. Martine écoute le guide, essaie de le flatter un peu pour qu’il sorte de son discours.
La pièce principale, à droite une grande table de ferme pouvant accueillir au moins une dizaine de convives. Imaginez, Aragon, Elsa, Picasso, Breton et les autres ça a du fourmiller d’idées dans ce lieu.
Notre jeune guide parle du sale caractère d’Aragon. Dans cette pièce, il y a la roue à aube du moulin, enfermée dans une sorte de véranda. Quand ses hôtes n’étaient pas d’accord avec lui, le Maître mettait la roue en route si bien que le bruit masquait les conversations, une sorte ce censure…
En écoutant ça je trébuche dans les pieds d’un fauteuil. Ce pied est une corne de taureau du plus mauvais gout. Personne ne m’a vu, rien de cassé, ouf !!

Nous montons à l’étage, l’impression qu’ici commence l’univers d’Elsa. D’abord beaucoup de livre russes. Et puis ça se sent, je ne l’explique pas ça.
La cravate d’Aragon sur une bibliothèque, la chambre d’Elsa et son bureau dont la vue donnait sur le lieu où elle souhaitait reposer (la photo de l’article de Martine donne la vue inverse, de la tombe vers le bureau).
C’est d’une de ces fenêtres qu’Aragon a vu Elsa mourir sous ses yeux, tombant dans le petit jardinet. Un moment d’émotion. Voir ainsi l’amour de sa vie le quitter…

La salle de bain, avec un détail: un fauteuil bien confortable installé à coté de la baignoire ! Même dans son bain, elle ne pouvait être tranquille !

Et toujours cette impression forte que le petit guide n’est pas seul à nous accompagner dans cette visite.

Il nous laisse pour visiter le parc, espace dédié à une exposition d’art moderne qui me laisse un peu indifférent. Martine et moi montons vers la sépulture de nos hôtes. Un grand moment d’émotion, nous entendons le violoncelle, une pierre simple est là.
Nous nous regardons, nous remplissant de ce moment. On les envie ou pas ? Finalement non, nous, nous sommes immortels !

Alain

Cimetière d’Asnières: Le dernier refuge des animaux

2 février, 2009

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A Asnières (France) est installé le plus grand et plus ancien cimetière d’animaux d’Europe. Visite d’un lieu insolite et émouvant .

En contemplant le parvis du Cimetière des chiens d’Asnières-sur-Seine (France), les visiteurs sont surpris. Le lieu est vaste, très vaste: 9800 m2, uniquement dédiés aux sépultures des animaux. Inauguré en 1899, à une époque où il n’était pas courant d’avoir des animaux de compagnie, ce cimetière conçu à leur intention peut-il être né d’une impulsion purement sentimentale?
« Non, répond Pascal Deroche, responsable des archives à la mairie communale. Lorsque Marguerite Durand, une féministe, comédienne et journaliste très connue à l’époque, a décidé de créer un cimetière animalier avec le publiciste Georges Harmois, c’était avant tout pour des questions d’hygiène. Il n’existait alors, à Paris, aucun moyen pratique pour se débarrasser d’un animal mort. Beaucoup les jetaient dans la Seine ou dans les fossés de fortifications de la ville, ce qui provoquait des odeurs pestilentielles… »
Marguerite Durand est connue pour adorer les animaux, avoir de la suite dans les idées et être très originale, comme en témoigne la présence à ses côtés de sa lionne, baptisée « Tigre ». Sous l’impulsion de cette femme dynamique, le cimetière est créé à Asnières, sur l’Ile des Ravageurs nichée entre deux bras de la Seine. En 1923, vingt-cinq ans après la création du lieu, 18’000 personnes y ont déjà fait enfouir leurs animaux. A la grande satisfaction de tous, Paris retrouve sa salubrité…

Site classé

Aujourd’hui, le bras mort du fleuve a été comblé depuis 1975. Le site n’est plus insulaire, mais les animaux reposent toujours au bord de l’eau. Depuis 1989, il appartient à la ville d’Asnières sans laquelle le cimetière aurait définitivement fermé ses portes. Comme l’explique le maire-adjoint, Philippe Babé: « La société qui le gérait a fait faillite et le cimetière a été fermé. La municipalité a demandé l’inscription du lieu à l’inventaire des monuments naturels et des sites de caractère artistique, historique, scientifique légendaire ou pittoresque du département des Hauts de Seine, pour le sauver. Puis elle l’a racheté et, depuis 1989, est responsable de sa gesstion. »
Très peu d’Asniérois font enterrer leurs animaux ici, estime Philippe Babé. Mais les utilisateurs du cimetière viennent de toute la France pour offrir à leurs compagnons un lieu de dernier repos. Il faut dire que les tarifs ne sont pas bon marché. Ils varient en fonction de la taille de la tombe et de la durée de la concession, pouvant aller de 116 euros pour un an renouvelable jusqu’à 3902 euros pour 20 ans renouvelables.

Stars du cimetière

Dans ce parc sont répertoriées plus de 1200 concessions. La majorité est occupée par des chiens, mais on y trouve aussi des chats, des oiseaux, des chevaux, des poissons, des lapins, des hamsters, un singe, un mouton et même une poule. Si le site reçoit plus de 3000 visiteurs par an, c’est parce qu’y reposent des hôtes célèbres. Au détour des allées, les visiteurs, armés d’un plan, peuvent découvrir les tombes de Rintintin, le fameux berger allemand qui fit les belles heures des séries télévisées des années cinquante, de « Mémère  » la mascotte des chasseurs à pied durant la guerre de 1914-18, de chiens policiers dont certains sont morts en service, ou des animaux de compagnie de Sacha Guitry, Courteline, Camille Saint-Saëns et bien d’autres. Les pierres tombales, modestes, naïves ou somptueuses, ont beau être parfois d’un goût douteux, elles témoignent toutes de l’attachement profond des propriétaires à leurs compagnons à quatre pattes.

Un Suisse à l’honneur

Curieusement, le véritable héros des lieux est suisse. Il s’agit de Barry, le premier et mythique St-Bernard des religieux de l’Hospice du Grand St Bernard. C’est à ce chien sauveteur qu’a été dédiée la nécropole. Un cénotaphe lui a été élevé à l’entrée du cimetière, relatant ses exploits. Mais, par définition, le monument ne contient pas les restes de Barry Ier.
La tombe la plus émouvante ne ressemble pas à l’imposante fausse sépulture. Sur une simple plaque de pierre, on y lit qu’il s’agit du quarante millième animal inhumé le 15 mai 1958: un chien errant, venu mourir aux portes du cimetière qui l’a accueilli gracieusement.
Au milieu des allées, des chats bien vivants se promènent ou se dorent au soleil. Le site est leur domaine. Ils y vivent et occupent la « maison des chats », entretenus par une association locale. Discrets gardiens du sommeil de leurs congénères, ils observent d’un œil énigmatique les propriétaires qui, régulièrement, viennent se recueillir sur les tombes de ceux qui furent leurs compagnons de route.

Insolite

Si vous souhaitez rendre hommage à votre animal décédé sans pour autant lui offrir une sépulture, vous pouvez lui dédier un message sur Internet, sur le Cimetière virtuel animalier. Vous pouvez même y déposer des fleurs qui, comme les vraies, se fânent au bout de quelques jours. Une manière gratuite de faire son deuil…

http://www.lecimetiere-animalier.net/index.php

+ D’INFOS

Cimetière des chiens d’Asnières-sur-Seine, 4 pont de Clichy. Renseignements: 0033 1 40 86 21 11.
Horaires d’ouverture:
Eté: du 16 mars au 15 octobre: tous les jours sauf le lundi, de 10 à 18 heures.
Hiver: du 16 octobre au 15 mars: tous les jours sauf le lundi de 10 heures à 16h30.

Cerveau coach alimentaire

2 février, 2009

Nous apprenons qu’en Suisse, une étude du Centre d’imagerie biomédicale du CHUV (Centre Hospitalier Universitaire Vaudois) a découvert que le cerveau humain est capable de deviner la masse calorique contenue dans un plat en une demi-seconde.
Devant une pizza ou une viennoiserie, la réaction serait différente par rapport à celle provoquée par une pomme ou un plat d’épinards.
Ca, c’est bien.

Si en plus il pouvait nous transmettre le petit sermon de prudence qui s’impose devant un éclair au chocolat ou un petit pain aux raisins, voire une crêpe à la chantilly, ce serait définitivement divin…

Le thé, breuvage mythique, séduit l’Europe

2 février, 2009

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Consommé depuis près de 5’000 ans, le thé est le plus ancien breuvage du monde. Mais il est également celui dont la préparation est un art. Voyage dans l’univers du thé aux mille saveurs.

Le saviez-vous: plus de deux milliards de tasses de thé sont consommées chaque jour. Vert, blanc, noir, parfumé, semi-fermenté ou fumé, il se déguste aux quatre coins du monde. Au palmarès des adeptes les plus fervents, figurent les asiatiques, les indiens et le maghrébins. Mais les occidentaux ne sont pas en reste. Les anglais, assument leur réputation d’européens les plus friands avec une consommation de plus de 3 kg de thé par année et par personne. Mais le « five o’clock » national perd du terrain au profit du café. La tendance est inversée en Europe où les amateurs sont de plus en plus nombreux. Les puristes estiment y voir un univers aussi complexe et passionnant que le vin. Comme lui, il apporte des effets bénéfiques à la santé, ses composants luttant efficacement contre le vieillissement de nos cellules. Mieux encore : récemment, une équipe de chercheurs américains a découvert que la L-theanine, un composé du thé, renforce la réponse du système immunitaire aux attaques bactériennes, virales et mycologiques.
Les connaisseurs l’affirment : même si beaucoup de consommateurs les achètent en sachets de papier, rien n’égale la finesse des thés en feuilles entières, achetées en vrac. La palette des thés est vaste. Mais tous proviennent d’un même arbuste de la famille du camélia (camelia sinensis). Si, à l’état sauvage, il peut atteindre une hauteur de 15 mètres, dans les plantations, il est maintenu à une hauteur de 1,20 mètres pour faciliter la cueillette. Les différents types de thé sont uniquement déterminés par les traitements apportés aux feuilles et aux bourgeons.

Les différentes sortes de thé
Le thé noir, (pekoe orange, pekoe souchong, souchong et congou) complètement fermenté, est le plus consommé en Occident. Il provient d’Inde et du Sri Lanka. Les feuilles sont généralement flétries, roulées mécaniquement, fermentées et séchées. L’infusion ambrée est plus ou moins corsée, proposant des parfums divers.
Le thé vert, (hyson-souchong, grand perlé, poudre-à-canon, hyson-junior, hyson-kin et tonkay) est produit en Chine et au Japon. Non fermenté, ses feuilles sont torréfiées, roulées à la main et séchées. Il est très parfumé, riche en vitamines et recèle des propriétés stimulantes.
Le thé blanc est le plus rare et, donc, le plus cher. Originaire de Chine, il est issu de feuilles fraîches de couleur blanc argenté, juste flétrie, et séchée naturellement. Très fin et pâle, il est particulièrement désaltérant.
Les feuilles du thé semi-fermenté, dit « oolong», ont subi une courte fermentation. Leur teneur en théine est faible, tout comme le thé fumé, nommé à tort « thé de Chine ». Ce thé noir dont les feuilles sont disposées au-dessus d’un feu de racines d’épicéa afin qu’elles s’imprègnent de l’odeur, ne représente qu’une infime partie de la production chinoise. Enfin, le thé parfumé est mêlé à des extraits naturels de plantes, comme la rose, le jasmin ou la bergamote. Il est à distinguer du thé aromatique qui, lui, propose des parfums fantaisistes comme la pomme, la vanille ou le caramel. Le thé rouge, fermenté, a la réputation d’aider à l’élimination.

Le goût des parfums multiples

Dans la plupart des boutiques consacrées au précieux breuvage, les marchands vendent du thé à portée de toutes les bourses, délaissant les grands crûs dont les prix peuvent atteindre jusqu’à 60 francs les 100 grammes. Sa vente est liée à un phénomène de mode. Il suffit souvent d’un article dans un journal pour mettre un produit au goût du jour, Le « Pu Ehr » en est l’exemple type. Apprécié pour être un bon brûleur de graisse, il se vend très bien après avoir été présenté par la presse. En dehors de ce phénomène, la clientèle est souvent composée de deux catégories de personnes. Les puristes, qui ne supportent pas les thés parfumés, leur préférant le breuvage naturel noir, vert. Et les personnes qui ne boivent jamais de thé noir, lui préférant les parfumés.
Cette dernière catégorie est en nette augmentation, en France et en Suisse où les arômes tropicaux, la vanille et les parfums exotiques ont la cote. Les thés parfumés sont enrichis d’essences naturelles, d’écorces, d’épices et de fleurs. Des variantes appréciées en Europe, mais exclues de la consommation des chinois et des japonais.

Une théière pour chacun

Acheter un bon thé est une chose. Choisir la théière adéquate en est une autre. Il en existe de toutes les couleurs et de toutes les formes. Mais sa matière est l’élément important. Les théières en terre, non vernies à l’intérieur gardent le goût de ce qu’elles infusent. Il est donc préférable d’y préparer toujours le même genre de thé. Avec une préférence pour les thés corsés, riches en tanin. En porcelaine ou en faïence, elles préservent le goût, et peuvent être utilisées pour tous les thés, tout comme les récipients en fonte qui conservent mieux la chaleur. La théière en verre, pour sa part, ne garde pas les odeurs. Elle est recommandée pour les thés parfumés ou pour tout changement de thé.

A chaque pays sa tradition

Chaque contrée a son art et sa manière de recevoir autour du thé. Le samovar, sorte de grande bouilloire permettant de maintenir l’eau chaude, est utilisé en Russie. Une théière contenant un extrait de thé très concentré est placée par dessus. Cette boisson est consommée allongée d’un peu d’eau chaude tirée du samovar, et accompagnée d’un morceau de sucre ou d’une confiture de fruits.
Dans le Maghreb, le partage du thé est symbole d’hospitalité. Seul le thé vert est utilisé. Une poignée est déposée dans la théière avant d’être rincé à l’eau chaude pour en ôter l’amertume. Une poignée de feuilles de menthe et un morceau de pain de sucre sont ensuite rajoutés et recouverts d’eau bouillante. Le breuvage est versé de très haut, dans de petits verres disposés sur un plateau. La politesse exige que, après le troisième verre, l’invité se retire…
En Chine, l’art du thé est de savoir créer un instant de détente conviviale pour le savourer. Sa préparation est méticuleuse. L’eau frémissante est versée sur les feuilles de thé dans des ustensiles préalablement chauffés. Comme le thé infuse dans une théière minuscule il est très concentré et se boit comme une liqueur, en petites quantités.
La traditionnelle cérémonie du thé, au Japon, est l’objet d’un véritable culte. Cinq personnes au maximum y sont conviées. La poudre de thé vert est battue dans l’eau chaude avec un fouet en bambou afin d’obtenir une boisson mousseuse. Un thé fort, puis un thé léger sont servis dans un bol unique, avec une économie de geste destinée à faire le calme en soi.
En Inde, le thé se déguste partout, dans les rues, les trains, les champs, les maisons. Mais il est surtout apprécié dans le Nord et l’Est. Préparé avec soin, il frémit dans des samovars ou des bouilloires en métal. Il est servi corsé et très sucré, et arrosé de beaucoup de lait ou, au Pendjab, mélangé à des épices. Les Indiens ont coutume d’en verser un peu dans une soucoupe afin qu’il refroidisse, puis de le boire ainsi.

Un monde de superstitions
Aucune boisson n’est plus entourée de superstitions que le thé. De nombreuses croyances lui sont associées, selon les pays. Considéré comme une plante solaire, le théier est ainsi lié à la fortune et au courage: brûler ses feuilles procurerait la richesse. Ces mêmes feuilles rentrent dans la composition des charmes destinés aux voeux de prospérité ou dans la confection d’amulettes procurant force et intrépidité. En Angleterre, dans le Worcestershire, répandre des feuilles devant une maison éloignerait les mauvais esprits. En revanche, agiter une théière ou remuer le thé avant de le servir porterait malheur, tout comme le faire dans le sens inverse des aiguilles d’une montre ou dans la tasse d’un autre entraînerait une querelle. Les Russes, eux, affirment qu’il ne faut pas rincer une tasse avant de resservir le thé, sans quoi le buveur n’amassera jamais d’argent et dépensera toutes ses économies… Tout comme le marc de café, les résidus de thé restés au fond d’une tasse servent de support à la divination. Autant de traditions issues de la nuit des temps…

Le mystère des étiquettes

Que veulent dire les initiales obscures relevées sur certains emballages? Elles précisent le degré de maturité et la forme de la feuille du produit vendu.
Ainsi, « F.O.P », Flowery Orange Pekoe, indique la qualité la plus subtile. Cette appellation désigne les thés issus du bourgeon non éclos et des jeunes feuilles ramassés lors des cueillettes précoces. « Orange » signifie ici « Royal » (du nom de la dynastie néerlandaise Oranje Nassau), tandis que « Pekoe » vient du chinois « Pak-ho », littéralement « le duvet », désignant le bourgeon.
« O.P », Orange Pekoe, signale une cueillette plus tardive, lorsque le bourgeon terminal s’est déjà transformé en feuille. Cette qualité intermédiaire est très utilisée pour les thés parfumés.
« P », Pekoe, présente une feuille moins fine, dépourvue de bourgeon. Son infusion sera foncée, d’un arôme moins raffiné. Enfin, « S », pour Souchong, désigne la feuille, plus âgée et faible en théine, cueillie au bas du théier. Elle est principalement gardée pour les thés fumés.

Trucs et astuces

- Une théière ne se lave pas : elle se rince à l’eau bouillante et se laisse sécher
- Conservez le thé dans une boîte hermétique, car il absorbe facilement les odeurs ambiantes. Optez pour des boîtes opaques et de qualité, sachant qu’il craint l’humidité, la lumière et la chaleur.
- La durée de conservation varie en fonction des thés : deux ans au maximum pour les thés noirs, un an pour les thés parfumés, et quelques mois pour les thés verts.
- Les thés verts ne demandent qu’une à deux minutes pour libérer leurs arômes. Les thés noirs peuvent infuser de 3 minutes entre 70 et 90 degrés. Le thé semi-fermenté demande sept minutes, et certains thés blancs jusqu’à 15 minutes.
- L’eau ne doit jamais bouillir. Elle doit être versée alors qu’elle fume et fait de petites bulles sur les thés noirs qui peuvent supporter une eau très chaude, à 90 ou 95o C.
- Prenez toujours du thé récent, et respectez les températures de préparation. Passé le délai d’infusion, le breuvage sera trop tanique, et donc trop amère.
- Lors de la préparation, l’eau doit être versée sur les feuilles et non l’inverse.

Le thé au coeur des légendes

Trois légendes courent au sujet du thé:
La première légende, d’origine chinoise, raconte comment l’empereur Chen Nung, obsédé par l’hygiène, ne buvait que de l’eau bouillie. En 2137 avant J.-C., un jour qu’il se reposait à l’ombre d’un théier sauvage, quelques feuilles tombèrent dans sa tasse. Il goûta le breuvage obtenu et fut séduit: le thé venait d’être découvert…
La deuxième légende, indienne, prétend que le moine BodhiDharma, sous le règne de l’empereur Xuanwudi, avait fait voeu de ne pas dormir durant sept années. Ce laps de temps correspondait à la méditation qu’il avait entreprise afin d’illustrer les principes du bouddhisme. Au bout de cinq ans, la fatigue commença à l’envahir. Il allait s’assoupir lorsque la providence lui fit cueillir et mâcher des feuilles de thé, inconnues jusqu’alors. Le pouvoir des feuilles lui permit de rester éveillé.
La troisième légende révèle que ce même Bodhi-Dharma, s’étant assoupi durant sa cinquième année, fit des rêves impurs et indignes de l’ascète qu’il était. À son réveil, furieux contre lui-même, il s’arracha les paupières qu’il enterra devant lui. Un arbre poussa au même endroit. Ses feuilles, bues en infusion repoussaient le sommeil et éveillaient l’esprit.

Quelles couleurs pour nos intérieurs?

2 février, 2009

Du dentifrice à l’ordinateur en passant par les murs et les vêtements, elles sont partout. Les couleurs nous aident à donner vie à nos logis, et contribuent à notre bien-être. Mais comment bien les choisir?

Pour Pierre Van Obberghen, l’influence des couleurs sur notre quotidien est permanente. Ce bio énergéticien, acupuncteur et homéopathe belge, genevois d’adoption, consacre sa vie depuis quinze ans à la couleur et la lumière. Fondateur de l’Institut de Couleur Thérapie, à Genève, il a développé un système de diagnostique et de traitement composés d’un « test des couleurs » et d’un procédé inédit de soins par la lumière colorée. Il donne ainsi des cours en Suisse, en France, en Norvège et en Autriche, enseignant la théorie, la symbolique et la psychologie des couleurs.
D’entrée, il précise: « Il faut savoir que les trois couleurs primaires sont le magenta, le jaune et le cyan, et non le rouge, le bleu et le jaune comme on a pu l’apprendre. À partir de ces trois couleurs, vous pouvez créer toutes les autres. En revanche, essayez de mélanger du rouge et du bleu dans l’espoir d’en faire un beau violet: vous comprendrez très vite que ce n’est pas possible. »
Partant de cette base, Pierre Van Obberghen étudie depuis des années le regard que ses congénères portent sur les couleurs. Aujourd’hui, il pense que chacun de nous associe inconsciemment à différentes couleurs certaines parties de son corps, de son esprit et de son émotion. Ce qui explique que nous pouvons éprouver des sensations de bien-être ou de mal-être selon la couleur qui nous est présentée.
« Dans notre vie de tous les jours, les couleurs jouent un rôle important, analyse-t-il. Raison pour laquelle il faut porter une attention toute particulière à la décoration de chacune des pièces de nos maisons et appartements. Pour s’y sentir le mieux possible, il faut choisir les couleurs adaptées. Pour une chambre à coucher, je conseille le bleu. C’est une couleur apaisante, elle représente la nuit, l’évasion, le rêve. Je la surnomme « le prince Valium » de la couleur! Elle incite à la détente. Si vous êtes attentifs, vous verrez que même dans les médicaments, la symbolique est respectée. Vous ne verrez pas une vitamine bleue ou un calmant rouge. Si la personne se réveille fatiguée ou se sent peu tonique dans sa chambre bleue, elle peut y ajouter des touches de couleurs vives, comme un coussin jaune ou rouge. »

Autre pièce, autre horizon. Dans la cuisine, le bleu n’a pas sa place. « Il est plus indiqué d’y introduire le jaune ou l’orange, poursuit le thérapeute. Ce sont des couleurs festives, stimulantes. Elles incitent à la convivialité. De même, ces couleurs ont leur place dans la salle à manger. Le jaune, tonique, est également bien adapté pour un bureau. Il clarifie l’esprit, est très stimulant. »
Au salon, les choses se compliquent: tout dépend de l’ambiance dont chacun a envie. « Si l’on veut du calme, il faut opter pour des couleurs froides, comme le bleu. Si, au contraire, vous voulez y exprimer la chaleur, l’énergie, vous choisirez du rouge, du rose, du magenta pour l’intimité. Ces dernières couleurs portent au sentimental, aux relations affectives. Mais il faut être très prudent pour les pièces communes, et tenir compte de l’avis de chacun. »

Pour une chambre d’enfant, le chromothérapeute préconise le magenta, et toutes les teintes rosées qui symbolisent l’innocence, la protection. Pas question, en revanche d’imposer une couleur à un adolescent: « Demandez-lui quelle teinte il souhaiterait pour sa chambre et donnez-la lui. En le laissant choisir, il se sentira bien dans la pièce. De toute façon, la couleur qu’il va choisir sera en rapport avec ses besoins. »
Symbole de la nature, le vert n’a sa place dans nos logis qu’à certains endroits bien précis. « C’est la couleur de l’indépendance, de la liberté, de l’espace. Je le mettrais plutôt dans les couloirs, les lieux de passage. Par exemple, vous pouvez peindre les encadrures de portes en vert légèrement acidulé. Le turquoise, qui symbolise l’élément liquide, est aussi adapté pour la salle de bains. »
Si toutes les couleurs ont un rôle, Pierre Van Obberghen nuance cependant son discours. Vivre en harmonie avec elles ne veut pas dire qu’il est nécessaire de repeindre son appartement en jaune citron, bleu azur, vert pomme et rouge cerise. « Un appartement blanc est tout à fait adapté, explique-t-il, parce qu’il permet de jouer avec toutes les autres couleurs, grâce à des accessoires. Vous pouvez accrocher des tableaux, mettre des coussins, des vases colorés. Autant d’objets que vous pouvez changer au fil du temps. C’est une couleur légère, qui reflète toutes les teintes de la lumière. »
Si le noir n’est pas nommé dans les couleurs préconisées pour un intérieur, Pierre Van Obberghen ne le rejette pas pour autant. « Tous les pigments colorés sont mélangés dans le noir. C’est la couleur de la matière, elle a tous les potentiels. Une personne qui s’habille en noir absorbe la lumière, choisi la nuance de la solidité. »
Parmi les tests qu’il effectue sur ses clients et élèves, le chromothérapeute estime que 80 % des résultats sont stables. « Le goût d’une personne pour une couleur varie rarement. Il ne change généralement qu’aux grandes étapes de la vie, comme à l’adolescence, par exemple. Il existe donc peut de chance pour que l’on se lasse d’une couleur, pour peu qu’elle ait été choisie avec soin. En tenant compte du fait que chaque personne a une relation personnelle avec les couleurs, et que les besoins de l’un ne seront pas ceux de l’autre. »

Martine Bernier

Pour plus d’information: www.color-institute.com

Comment se protéger du bruit?

2 février, 2009

Le bruit n’est pas une fatalité. Les nuisances sonores peuvent être atténuées grâce à des travaux dans la maison, ou l’extérieur.

Chacun d’entre nous aspire légitimement, en rentrant chez lui, à un minimum de tranquillité. Mais beaucoup subissent des nuisances sonores, au point de souffrir de stress ou de problèmes physiques.
Les bruits sont classés en deux catégories: ceux qui viennent de l’extérieur et ceux qui sont issus de l’intérieur. Les valeurs limites des bruits extérieurs font l’objet d’une ordonnance fédérale (Ordonnance sur la Protection contre le Bruit), tandis que d’autres, comme les installations sportives ou les places de jeux, ne sont pas directement réglementés. Lorsque les émissions de bruits extérieurs dépassent la norme tolérée, il devient nécessaire de prendre des mesures d’assainissement et d’isolation acoustique. Mieux encore: lorsque l’on dépasse les valeurs d’alarme, les responsables des lieux se trouvent dans l’obligation d’assainir immédiatement en prenant d’abord des mesures de limitation des émissions, puis au niveaude la propagation, et enfin en intervenant sur les bâtiments eux-mêmes.

À Lausanne, le bureau d’ingénieur Gilbert Monay, est l’un des plus importants de Suisse dans le domaine de l’acoustique. Le maître des lieux y travaille avec plusieurs collaborateurs, dont le Dr Victor Desarnaulds, acousticien, diplômé de la Société Suisse d’Accoustique. Cité en référence dans de nombreux ouvrages et revues scientifiques internationales, il a fait de la lutte contre le bruit une véritable vocation.
« Légalement, explique-t-il, c’est au propriétaire de l’installation de l’assainir ou aux responsables de la source de bruit d’intervenir en fonction de l’importance du dépassement des valeurs limites d’immission, du nombre de personne touchées et du rapport coût-utilité . Si vous voulez bâtir dans une zone bruyante, vous devez vous protéger contre le bruit au moment où les valeurs limites d’immissions sont dépassées. Mais si vous emménagez dans un immeuble où le bruit est difficilement supportable, vous pouvez commander une étude pour contrôler les valeurs d’immission. En fonction des résultats, vous pouvez écrire à votre canton ou votre commune pour lui demander d’intervenir. Les demandes sont étudiées au cas par cas. En principe, les travaux d’assainissement de la zone sont subventionnés par la Confédération. Certains propriétaires, qui ne sont pas d’accord d’attendre, font construire à leurs frais des murs de protection, par exemple, avec l’accord des voisins. Ils se font rembourser ensuite. »

Dans votre propre maison, si les bruits extérieurs vous gênent, vous pouvez avoir recours à des solutions pratiques. Fermer les balcons, si vous en possédez devant votre chambre ou votre salon, pour les transformer en loggias non chauffées diminue considérablement les nuisances sonores. « Vous pouvez également faire installer des fenêtres fixes avec ventilation extérieure, précise Gilbert Monay. Il existe des dispositifs que l’on peut adjoindre aux fenêtres, mais, dans ce cas, il faut une ventilation suffisante pour les pièces, sans quoi vous aurez des problèmes de condensation et d’hygiène de l’air . Pour isoler du bruit, une fenêtre doit disposer de très bons joints. Mais, dans les bâtiments anciens, l’aération se fait justement par les joints. Il faut donc trouver un équilibre entre l’économie d’énergie, la qualité de l’air et la protection des nuisances sonores. »
Si vous avez la chance de prévoir la construction de votre propre demeure, demandez à votre architecte d’être très attentif à la disposition des pièces. Le hall, la cuisine ou la salle de bains ne souffriront pas d’être situés du côté de la route, mais les chambres, elles, seront mieux protégées à l’opposé de la maison. Si votre maison doit être mitoyenne, veillez à ce qu’un mur double vous sépare de vos voisins, construit de telle façon que les transmissions latérales par la façade ou la toiture soient correctement interrompues. Pour les murs comme pour les planchers, c’est la masse de l’objet qui vous protégera du bruit (en particulier aux basses fréquences). Plus il sera épais, mieux il vous isolera. Une structure double bien désolidarisée améliore notablement l’isolation. Ainsi, une chape flottante bien isolée sur la dalle permet une isolation optimale. Pour compléter l’efficacité des planchers, il faut être attentif au choix des revêtements de sol, sachant que, par exemple, la moquette diminue notablement les bruits de chocs (bruits de pas ou déplacement de meubles), si la structure est lourde (par ex. béton).
Si vous souhaitez que votre future demeure soit conçue pour être bien protégée des nuisances sonores, vous pouvez demander une étude acoustique à un bureau d’ingénieurs spécialisé. Ces mandats concernent notamment les bâtiments en PPE (Propriété par Etage) pour lesquels les ingénieurs établissent des cahiers des charges pour chaque corps de métier concerné. Chaque détail est ainsi étudié, et surveillé, si nécessaire, en cours de construction. Pour l’intérieur d’un logement ou d’une école, aucune obligation légale n’est imposée, mais des recommandations sont faites.

Dans un appartement en ville, le niveau du bruit moyen extérieur diurne toléré par l’ordonnance fédérale est de 65 décibels. L’exigence minimale en matière d’isolation à l’intérieur des bâtiments est de 52 décibels pour les bruits aériens et 55 dB pour les bruits de chocs. Ces valeurs correspondent à protection de la santé, mais pas à une garantie de confort pour la majorité de la population. C’est l’une des raisons pour lesquelles une commission, dont fait partie Victor Desarnaulds, travaille depuis cinq ans à l’élaboration de la nouvelle norme SIA 181 (Protection contre le bruit dans le bâtiment). Leur travail touche à sa fin, et cette norme, plus stricte et plus complète que la précédente, devrait être mise en vigueur d’ici le début de l’année 2005. Tout en tenant compte du fait que, plus la norme est exigente, plus les coûts renchérissent…

Martine Bernier

Encadré

À quoi correspondent les décibels?

Sur une échelle allant de 5 (seuil d’audibilité) à 135 décibels (seuil de douleur), où se situent les bruits de notre quotidien? La réponse est parfois surprenante:

- 25 décibels: chambre à coucher durant la nuit.
- 35 décibels: salle de lecture d’une bibliothèque.
- 45 décibels: salle de séjour en zone de banlieue.
- 55 décibels: bureau commercial typique.
- 65 décibels: conversation normale.
- 75 décibels: trafic moyen à un carrefour.
- 85 décibels: à l’intérieur d’un autobus.
- 95 décibels: à l’intérieur d’un train métro.
- 105 décibels: chaudronnerie.
- 115 décibels: corne de voiture bruyante.
- 125 décibels: marteau piqueur.

Eugene Chaplin : Ma vie d’hier et d’aujourd’hui

2 février, 2009

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Fils de Charlot, Eugene Chaplin est l’un des hommes les plus adorables qu’il m’ait été donné de rencontrer, début 2007. Il porte en lui une gentillesse authentique et une humilité qui le rendent profondément attachant. Amoureux du cirque comme le fut son père, Eugène, l’un des enfants du prestigieux Charlot, il vivait à cette époque au rythme des tournées du cirque Nock. Et m’a livré la douce philosophie qui est la sienne avant de reprendre la route pour une nouvelle saison.

Eugène Chaplin a un sourire rayonnant qui n’est pas sans rappeler celui de son père, l’inoubliable Charlot. Cette référence perpétuelle ne l’agace pas. Fidèle à la mémoire et au talent de son géniteur, cet homme discret a lui aussi fait son chemin, sous d’autres projecteurs.
« J’ai suivi une école de théâtre, en Angleterre, mais j’ai vite compris que l’homme de la situation, ce n’est pas l’acteur , mais celui qui conceptualise le spectacle: le metteur en scène. C’était ma voie. Au cirque, la mise en scène est plus facile. Il n’y a pas de paroles. On joue avec les émotions… »

À Lausanne où le cirque Nock, dont il est régisseur, replantera son chapiteau pour quelques jours ce printemps, l’artiste se confie sans fausse pudeur, tout en délicatesse. Le cirque lui permet d’allier son amour du spectacle avec le goût des autres, son attachement aux animaux et à la nature.

Les animaux, Eugene Chaplin les aime depuis sa plus tendre enfance. Au Manoir de Ban, à Corsier-sur-Vevey, ses parents, Charlie et Oona Chaplin, ont eu à cœur d’entourer leurs enfants de compagnons à quatre pattes. « Nous avions des poneys, des chiens, des chats… Pour les enfants, la présence d’un cochon d’Inde ou d’un hamster, qui sont des animaux qui ne vivent pas très longtemps, les confronte à la mort. La première fois qu’un animal meurt, c’est un drame. La deuxième fois, on pleure, puis, tout en étant toujours triste, on s’habitue. On l’accepte, même si cela fait mal au cœur, et on intègre peu à peu l’idée de la mort. »

Aujourd’hui, C’est Lili, une chienne bouledogue, qui l’accompagne au quotidien. Celle-ci a tout pour plaire, comme son maître l’explique en riant, tout en s’excusant de ne pas pouvoir nous la présenter  » Je suis désolé, Lili n’est pas avec moi. J’ai préféré la laisser à la maison jusqu’ici. Elle est un peu fragile. Elle a déjà 8 ans. Comme les bouledogues ont une vie plus courte que les autres chiens, je préfère la ménager. En dehors de cela, c’est le chien idéal: il dort tout le temps, est très calme et joue deux heures par jour! Le bouledogue a une sale tête, mais il est très affectueux. Lili est très maladroite. Elle passe à travers les baies vitrées, ronfle la nuit, dort avec la langue qui pend. Elle adore s’asseoir devant la cage des tigres et les regarder comme si elle se demandait « je joue avec eux ou je les attaque? ». Elle est drôle et charmante. Et j’avoue que, quand elle n’est pas là, elle me manque. »

Dans le cadre du cirque Nock qu’il accompagne dans sa tournée le metteur en scène côtoie bien d’autres animaux. Ceux de la ménagerie. En la faisant visiter, il s’attarde devant chaque cage, chaque enclos: « Enfant, nous avions deux chevaux miniatures, plus petits encore que ceux que vous voyez ici. Plus tard, nous avons aussi récupéré des cochons vietnamiens, que nous avions appelés Charles et Diana! Ce sont des animaux qui s’éduquent comme les chiens. »
Au passage, Eugène flatte de la main un bœuf de la ménagerie: « Il est spécialement gentil… ». Chez les lamas, il sourit: « Oui, c’est vrai qu’ils crachent, mais rarement. Il ne faut pas les énerver… » Devant la cage aux tigres, il désigne un tigron, croisement entre un tigre et un lion: « C’est Trischa, la plus douce de toutes. Regardez-la… Elle est très attachée à sa compagne de cage. Les tigres sont comme les hommes. Certains s’entendent, d’autres pas… »

L’ADIEU AU MANOIR

A la fin du mois d’avril 2006, Eugène, qui est le cinquième des huit enfants de la famille Chaplin, a quitté le Manoir de Ban. Celui-ci deviendra un musée dédié à son père et au cinéma muet, et pourrait ouvrir ses portes en 2007. Quitter la maison de son enfance et les arbres centenaires du parc représente une page qui se tourne pour le metteur en scène: « J’ai fait le deuil de la maison car je la quitte pour une bonne raison. Avec 24 chambres, l’entretien était trop lourd à supporter. Je l’ai occupée pendant près de dix ans avec mon frère. Mais je ne ressens pas trop de nostalgie. Je vois la vie comme un chapitre, et je me réjouis de découvrir la suite du livre… »

« LA SUISSE EST SI BELLE… »

Depuis qu’il a intégré l’équipe du Cirque Nock comme régisseur, Eugène Chaplin avoue avoir découvert des lieux, en Suisse, où il ne se serait jamais rendu sans cette opportunité. « La Suisse est vraiment très belle… Je connaissais bien l’arc lémanique, mais j’ai complété ma connaissance. Neuchâtel est une belle ville, Fribourg a ses attraits, Bâle est formidable, le Tessin est d’une grande beauté, et les Grisons sont magnifiques… C’est là, en voyant ces sommets de 4000 mètres où la neige commence à fondre, que j’ai vraiment réalisé ce qu’était le réchauffement de la planète. Je ne suis pas spécialement Vert, mais il y a matière à réfléchir. Selon moi, la nature va prendre les choses en main, comme toujours. Il va y avoir des bouleversements climatiques qui feront malheureusement des victimes. Puis une nouvelle vie recommencera. Je sais que, à la fin, la nature sera la plus forte… »

Martine Bernier

+ D’INFOS

- Toutes les dates de la tournée du cirque Nock se retrouve sur le site: www.nock.ch
- Pour en savoir davantage sur le musée Chaplin, aujourd’hui ouvert: http://www.chaplinmuseum.com/

Pierre Arditi: Je suis un enfant du bitume

2 février, 2009

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Je l’ai rencontré à Grenoble, voici trois ans, alors qu’il était en tournée. Accessible et aimable, Pierre Arditi a accepté de se prêter au jeu des questions pour un hebdomadaire romand axé sur les loisirs et l’environnement. Né à Paris, l’acteur a, avec la nature, un rapport occasionnel mais respectueux. À quelques jours de son arrivée en Suisse, il révèle un côté méconnu de sa personnalité.

Salon d’un hôtel de Grenoble. Pierre Arditi apparaît. Courtois, disponible, doté d’une intelligence percutante, il parle sans se faire prier de la tournée qui le mènera dans le canton de Vaud au mois de mai. « Lunes de Miel », où il partage l’affiche avec son épouse Evelyne Bouix, propose un scénario vaudevillesque. Un homme et une femme, autrefois mariés et passionnément amoureux, découvrent qu’ils séjournent dans le même hôtel alors qu’ils sont chacun en lune de miel avec leurs nouveaux conjoints. Une comédie qu’accueillera, en mai, le Théâtre du Jorat.

CAMPAGNE MAL-AIMEE
Lorsqu’il est en tournée, le comédien reste plusieurs jours dans la même ville. Une bonne occasion, pour ce pur Parisien, de renouer avec la province française. « Je suis né à Paris où j’ai vécu dans un quartier proche du jardin du Luxembourg. Je suis un véritable enfant du bitume. Pendant très longtemps, j’ai même détesté la campagne. Quand j’étais enfant, mes parents m’y avaient placé pour un séjour. Dans mon esprit, la campagne est devenue synonyme de séparation, de mort. Il a fallu que j’attende d’avoir 40 ans pour me mettre à l’aimer réellement. Mais la ville n’est pas dénuée de nature. Le cycle des saisons s’observe aux arbres, un peu trop rares, c’est vrai, que l’on y rencontre. Juste après avoir terminé mes cours de théâtre, j’ai travaillé en province, plutôt que d’attendre des propositions à Paris. À Marseille, j’ai apprécié la mer. Et à Lyon, il ne fallait pas faire beaucoup de chemin pour sortir de la ville. Ce qui me changeait de Paris où, pour la quitter, il faut passer par la périphérie, puis par la périphérie de la périphérie! »

BATAILLON DE CHATS
Si la nature est réellement rentrée dans la vie de l’acteur lorsqu’il a atteint l’âge adulte, les animaux, eux, ont trouvé plus tôt leur place dans sa vie. « A l’époque, quelqu’un a offert un chat à la personne avec qui je vivais. Un siamois colour point, très mignon. De fil en aiguille, nous avons fini par en avoir treize, dont beaucoup étaient des chats de gouttière. À part quelques petites anicroches de temps en temps, tout ce petit monde s’entendait très bien. Nous en avons placés, peu à peu, chez des personnes qui les adoraient. L’un d’eux s’est ainsi retrouvé à l’Hôtel des Invalides. Il griffait les fauteuils, se pendait aux rideaux et faisait toutes les bêtises possibles. Mais son nouveau propriétaire le laissait tout faire, et le chat a régné en souverain sur son nouveau domaine. »

SISSI IMPERATRICE
Plus tard, avec son épouse, Evelyne Bouix, qui a toujours eu des chiens, Pierre Arditi adopte Sissi, une chienne labrador. Celle-ci vit dans la maison que le couple possédait alors dans le Midi de la France. « Nous nous y rendions très souvent. À chaque fois, c’était la fête! Elle dormait dans notre chambre, nous suivait partout… C’était une chienne merveilleuse. De temps en temps, quand elle nous manquait trop, nous la ramenions à Paris. Elle était heureuse, mais nous sentions qu’elle manquait d’espace pour courir. Elle est morte à l’âge de onze ans. Ça nous a beaucoup affectés, ma femme et moi. Nous nous étions attaché à elle comme à un enfant. Nous n’avons pas repris de chien ensuite. Parce que nous ne sommes pas prêts à revivre un tel chagrin. »

ANIMAUX HUMANISES
Si l’acteur estime qu’il se ressource en pratiquant son métier, il aime également se rendre avec sa femme dans leur maison de Ramatuelle. Il décrit la vue sur la Méditerranée, le panorama presque vierge de fils électriques, le paysage qui rappelle celui de la Toscane, avec la mer en toile de fond… « Malheureusement, je pense que nous allons vendre la maison. J’ai trop de travail. Nous avons moins de temps pour y aller. »
Dès 1993, Pierre Arditi prête sa voix grave aux « Chroniques de la Terre Sauvage », une série de documentaires dont chaque épisode, scénarisé, se déroule sur un continent différent.  » Pour la première fois, on prêtait des émotions aux animaux. Cela les humanisait et les rendait très attachants. Ces documentaires ont remporté un succès fou, dont on me parle encore aujourd’hui. »

« OGM: PRUDENCE! »
En 2003, soucieux de son environnement, le comédien a accepté de se joindre à un collectif regroupant des artistes, des scientifiques, des élus et d’autres citoyens. Ceux-ci, par le biais d’une pétition, dénonçaient notamment les disséminations d’OGM (Organismes Génétiquement Modifiés) dans l’environnement. « Je ne suis pas contre les recherches en la matière. J’estime qu’il faut soutenir le progrès, et je dénonce ceux qui s’attaquent aux laboratoires. Ces recherches contribueront peut-être un jour à améliorer le problème de la faim dans le monde. Mais je suis contre la culture des OGM dans des champs, parce que nous ne savons pas vraiment quels risques peuvent en découler. Même si je ne suis pas toujours d’accord avec les moyens utilisés par les militants anti-OGM, j’estime que leur action est nécessaire. »

Aujourd’hui, le comédien s’apprête à retrouver le public Suisse avec plaisir:  » J’aime travailler dans votre pays. Beaucoup de Suisses viennent me voir lorsque je joue à Paris, également. Ça a toujours été un public épatant: délicieux, bienveillant, intelligent et vif! »

Martine Bernier

Walkyrie

1 février, 2009

Pourquoi suis-je aussi mal en sortant d’avoir été voir « Walkyrie », le dernier film de Bryan Singer, avec Tom Cruise?
Je ne suis pas certaine que ce soit le film en lui-même qui provoque en moi un tel malaise.
Mais plutôt le fait de l’avoir regardé comme un documentaire dont nous connaissons tous la fin tragique.
Tout au long du film, on pense à ceux qui ont vraiment existé et qui revivent aujourd’hui sous les traits de ces acteurs.
Le complot des officiers allemands qui ont tenté d’assassiner Hitler le 20 juillet 1944 a été doublé d’une tentative de coup d’Etat ambitieuse.
Ils n’étaient pas loin de réussir. Et ils l’ont tous payé de leur vie.
Le comte Claus von Stauffenberg est interprété plutôt sobrement pas Tom Cruise.
Le film était sans doute nécessaire (bien qu’un ami allemand m’ait expliqué que plusieurs autres versions avaient déjà été tournées en Allemagne sur le sujet), pour mieux prendre conscience de l’existence de la Résistance Allemande, à l’époque. Il leur a fallu beaucoup de courage.

Le Jardin du Luxembourg

1 février, 2009

Dès le début de nous, Paris est devenu notre ville refuge.
La première fois que nous nous y sommes retrouvés, je lui avais demandé de m’emmener sur les chemins de son enfance.

Le Cinquième arrondissement.
Il m’a montré la Sorbonne, le Panthéon, les coins et les recoins de ces rues qu’il a arpentées pendant des années, la maison où il a grandi, la fenêtre depuis laquelle, petit garçon solitaire, il regardait la vie se dérouler dans la rue, sous ses yeux.
Et puis nos pas nous ont dirigés vers le Jardin du Luxembourg.
Moi qui ai toujours refusé les promenades dans les parcs, détestant les lieux trop fréquentés, j’ai tout de suite aimé cet endroit sur lequel s’ouvre le Sénat.
Il était là… tout prenait une couleur différente, rien ne ressemblait plus à rien…
Nous avons marché, main dans la main, dans les allées, sous un soleil de plomb.
C’était au mois d’août…
Nous nous sommes installés sur des chaises disposées à l’intention des promeneurs.
C’est là qu’a eu lieu notre première conversation, en face-à-face très tendre, sur notre présent, notre avenir, sur nos craintes et la conscience des difficultés qui nous attendaient.
Je garde de ce jour le souvenir lumineux de nos baisers dans ce jardin fleuri où je ne voyais que lui…
C’est là, je crois, que nous avons compris qu’il n’est pas possible que nous nous séparions un jour… car nous en serions tous les deux malheureux à jamais.

Depuis, nous sommes retournés au Jardin du Luxembourg.
Le monde qui s’y balade ne me fait ni chaud ni froid quand il est avec moi.
Je suis toujours aussi heureuse lorsque nous squattons les bancs publics, lorsque nous arrêtons le temps au-milieu d’un monde qui continue à courir autour de nous.
Je savoure toujours autant chaque seconde de ces instants où il transforme le monde en un immense jardin.
Où il pose des gouttes de bonheur partout où nous passons.
Où nous partageons des fous rires d’enfants turbulents lorsqu’il me commente l’anatomie des statues à la manière d’un guide touristique peu orthodoxe.
Le temps passe, sur le Jardin comme ailleurs.
Nous avons avancé sur notre chemin.
Nous avons moins peur, les fondations sont posées, la vie est en marche.
Il continue à remplir ma vie de soleil.
Et moi… je ne vois toujours que lui, dans les Jardins du Luxembourg comme ailleurs…

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