Archive pour le 14 juillet, 2009

Un inoubliable 14 juillet…

14 juillet, 2009

C’était la première fois que je passais le 14 juillet en ayant la double nationalité franco-suisse. Je crois que je n’oublierai jamais ce jour… Jamais.

Comment trouver les mots pour raconter cette journée exceptionnelle? Je me lance…

Je ne vous parlerai pas du défilé sur les Champs-Elysées, que je n’arrivais pas à regarder tellement j’ai mal en revoyant Paris. Mes parents de coeur ont suivi le reportage, enthousiasmés par la beauté du spectacle et la prestance des militaires, avec une préférence marquée pour la Légion.

Nous avions rendez-vous vers 12h30 chez Michaël et Brigitte, nos voisins un peu plus lointains, de l’autre bout de l’allée, qui, avec beaucoup de gentillesse, avaient invité le Triangle d’Or au grand complet, mes parents de coeur y compris, pour un barbecue. Avant de partir, un premier apéritif a eu lieu sur le muret, sur l’impulsion de Béa. Puis nous nous sommes tous dirigés en procession vers le bout du bout: les enfants à vélo, les adultes et Aurore à pieds, et Stéphane et moi en voiture-balai. Il faut bien que quelqu’un se dévoue! J’avais promis de prendre ma guitare. Elle a donc été de la partie, bien calée entre mes genoux.

Le repas a été fort sympathique, surtout lorsque Véro est venue nous rejoindre après avoir terminé son travail. Très vite, nous avons commencé à chanter. C’était joyeux, festif, tendre… jusqu’au moment où j’ai réalisé qu’Aurore pleurait. Je n’ai pas compris tout de suite que j’étais la cause de ses larmes. Quand j’ai appris que c’était la perspective de mon départ qui la bouleversait, j’ai eu le coeur à l’envers. Moi aussi, je suis mal, très mal à cette idée. Pour mille raisons… Et les larmes d’Aurore sont l’une d’elles.

Dans l’après-midi, elle a disparu avec Véro et Béa. j’ai pensé qu’elles étaient parties chercher quelque chose au Triangle. Mais alors que les hommes se préparaient à entamer une partie de pétanque endiablée, Véro est revenue, demandant à chacun de venir s’asseoir quelques instants. Elle m’a également demandé de reprendre ma guitare et de jouer la musique de la Ballade Irlandaise, sans chanter, pour les accompagner, toutes les trois. Je me suis exécutée, et elles ont commencé à chanter.

Elles avaient réécrit d’autres paroles, me concernant. Elles y ont mis un tel amour que tout le monde a été chaviré, autour de la table. Moi la première… C’était un cadeau magnifique, poignant… Leurs hommes se sont joints à elles pour chanter. J’étais… pfou…

Comment expliquer ce qui s’est passé ici… En cinq mois, les liens se sont tissés, si forts que nous sommes tous laminés à l’idée d’une séparation.

A la fin de la journée, épuisée par autant d’émotions, je suis rentrée après avoir remercié Brigitte et Michaël pour la chaleur de leur accueil. J’ai laissé les hommes à leur partie de pétanque et je suis rentrée en compagnie d’Aurore et de Véro. Aurore m’a accompagnée chez moi et nous avons longuement parlé. Ce que nous nous sommes dit n’appartient qu’à nous… mais une relation aussi belle est une bénédiction.

Béa est venue nous rejoindre, puis mes parents. Nous parlions lorsque Véro m’a appelée pour me demander de la rejoindre seule à notre muret. Quand je suis arrivée, elle m’a lu un texte qu’elle souhaitait m’offrir. Là encore, un tel amour… j’étais tétanisée d’émotion.

Alain me ravage le coeur par son comportement que tout le monde juge avec une sévérité implacable. Et pour cause… Je ne me remettrai jamais de ce qu’il fait, et je le sais. Mais j’ai autour de moi des êtres profondément bons et tendres, qui me donnent plus que je ne pourrai jamais leur rendre. Tout comme j’ai en Suisse des personnes d’une valeur aussi extraordinaire. Cela me change de ce que je vois dans ma vie sentimentale…

Chacun des membres du Triangle d’Or est un bijou d’humanité. Ils font tout pour me soigner l’âme et le coeur, pourtant conscients que rien ni personne ne pourra me guérir du mal qui m’a été infligé. Mais ils me donnent un amour, une tendresse, une affection prodigieux. Tous sont de véritables miracles sur pattes. Et même mon Parrain, très pudique de nature, en a été bouleversé aujourd’hui…  

Je ne pourrai plus jamais passer un 14 juillet sans penser au cadeau fabuleux qui m’a été offert à cette date, en 2009… Mon merci paraît si ridicule en regard de ce que je ressens…

 

Martine