Archive pour le 19 juillet, 2009

Lettre à celui qui a voulu partir

19 juillet, 2009

Il y a un peu plus d’un mois, un ami de l’un des membres du Triangle d’Or a perdu la femme qu’il aimait. Une souffrance indescriptible, qu’il a essayé de gérer avec courage, pour la fille de son épouse. Une adolescente qui a choisi de vivre avec lui, et qu’il aime profondément.

Tout le monde a pensé qu’il reprenait doucement le dessus. Pour elle. Seulement voilà… dans la nuit de samedi à dimanche, cet homme qui souriait pour faire oublier son regard désespéré, a essayé de prendre congé de la vie. Il s’est retrouvé à l’hôpital, avec tout le cortège des choses tristes et dures qui accompagne ce genre d’événements. Comme il refusait un  séjour en psychiatrie, il a quitté l’établissement dans l’après-midi. Il n’existe pas de médicaments pour soigner le désespoir.

Son ami a décidé de passer la nuit auprès de lui. Tout le monde est mal, tout le monde a peur.

Il avait demandé à me voir. Je pensais lui rendre visite la semaine prochaine. Il n’a pas attendu.

Je le comprends tellement bien…

Je n’ai pas les mots miracles, pas plus que je ne sais ce qui permet de passer au dessus d’un tel chagrin. Mais j’ai des choses à lui dire, et il le sait, il le sent.

Si seulement il pouvait lire ces lignes, je lui dirais: « Attends-moi, j’arrive. Laisse-moi une chance de te parler. »

On n’aime jamais assez. On ne fait jamais assez d’effort pour soutenir les autres.

Un barbecue pas comme les autres…

19 juillet, 2009

Ce samedi, mes parents de coeur avaient décidé, pour remercier les habitants du Triangle d’Or et fêter leur prochain départ prévu pour lundi, d’organiser un barbecue.

Ce jour était d’autant plus important que Yoann fêtait son neuvième anniversaire. Nous avons débuté la journée en douceur. Petit cadeau au roi de la journée et visite de Stéphane qui a apporté les palourdes que Monique, ma maman d’adoption, avait décidé de proposer farcies.

Les préparatifs se sont modifiés au fil de la journée, en fonction du temps. Celui-ci était venteux, entrecoupé de pluie, rendant très incertain un repas à l’extérieur. Nous avons donc commencé à préparer le garage pour qu’il se transforme en salle à manger, grâce à Fred et Béa qui nous ont fourni tables et chaises. Une table recouverte de friandises et de petits cadeaux pour les enfants, et une autre, plus grande, pour les adultes et Aurore: tout a été prêt pour la fin de la fête d’anniversaire de Yoyo.

L’ambiance s’est installée très vite. La sensibilité de mes voisins a fait merveille, renforcée par la malice de Parrain et la douceur de Monique. Bon repas, bons vins, bonne ambiance, musique… nous avons passé un moment magnifique. Gai et doux à la fois.

Je les regardais, l’un après l’autre… J’ai, depuis ce matin, une plaie dans le coeur. Alain, toujours Alain… Et eux qui, contrairement à lui, font tout pour m’épargner, pour adoucir ce que je vis… Véro, si généreuse d’elle-même, si solaire. Béa, si fine, efficace et drôle, discrètement à l’écoute. Aurore, grâce et sensibilité incarnée. Et ma garde rapprochée: Fred, tendre nounours, feu follet protecteur,  et Stéphane, mon frère de clan, pilier essentiel.  Et mes parents, inquiets et aimants, furieux sur Alain, anxieux pour moi.

J’ai eu conscience que ces moments que je passe avec eux ici font partie des derniers. Je ne montre pas ce que je ressens. Je maîtrise, comme on m’a toujours appris à le faire. Mais j’ai le coeur perpétuellement en larmes, laminé. Je ne dis rien. Je tais  ma détresse, cette douleur qui ne me lâche pas, cette peur, cette envie de crier de désespoir. Il a disposé de ma vie, l’a rasée sans me demander mon avis. Depuis, tandis qu’il se complaît dans une attitude inacceptable, les gardiens du Triangle d’Or ont construit autour de moi une dentelle de tendresse pour me réchauffer, me redonner un peu goût à la vie. Les avoir auprès de moi, tous, est une chance extraordinaire. La soirée me l’a encore démontré.

Comment vais-je pouvoir vivre sans lui?

Comment pourrais-je vivre sans eux?

Comment arriverais-je à me passer de cet endroit, de cette région où, pour la première fois de ma vie, inexplicablement, je me sens vraiment chez moi?

Martine