Archive pour novembre, 2009

Pomme ou Mousse?

20 novembre, 2009

J’ai dit que je ne reprendrais plus jamais  de chien.
Ecrasée par le chagrin d’avoir perdu Scotty, j’ai dit que je ne voulais plus jamais revivre cela.
Ce moment affreux où l’on prend son chien pour le poser sur la table d’examen du vétérinaire en sachant ce qui va ce passer.
Ce moment où il vous regarde d’un air surpris quand on lui pique l’aiguille dans la veine.
Et où il s’endort dans vos bras, pour ne plus se réveiller.

Cela me fait tellement mal que j’ai envie de revenir en arrière… de lui donner encore du temps.
Alors que je sais que cela n’aurait fait que reculer une échéance qu’il fallait que je vive avec elle, à court terme.

J’ai tenu quatre jours.
Enfin quand je dis « tenir »…
Quatre jours à la chercher partout, à me retourner, à me relever la nuit parce que j’ai l’impression de l’entendre, de la voir.
Quatre jours à pleurer toute seule dans mon coin tellement ce petit bout de chien me manque quasi physiquement.

Le quatrième jour, j’ai écouté ce que me disaient deux personnes auxquelles je tiens beaucoup.
La première, ma soeur de coeur, m’a dit: « Reprends un chien, c’est trop dur ce que tu vis. Tu vas craquer, tu es en train de le faire. Et ça me fait peur. »
Le deuxième, Lui, m’a envoyé un mail en me disant de laisser passer le temps et de reprendre une petite boule de poils.
D’autres ont dit la même chose.

J’ai réfléchi.
Ils ont raison, je ne tiendrai pas sans chien.
J’ai toujours été ainsi. Je les aime. C’est exactement comme pour les êtres humains: j’aime les rendre heureux et j’aime leur présence.

Mais il n’est pas question que je reprenne une race avec laquelle j’ai déjà vécu, ce serait trop de souffrance, je les comparerais.

Il y a eu Ben, mon merveilleux bearded-collie, dont on disait qu’elle avait la même coiffure que moi, avec ses longs poils qui lui cachaient les yeux.
Il y a eu Scotty, mon espiègle scottish-terrier, tête de mule et boudeuse, mais bourrée d’humour, de charme et de vie.

Et il y aura…. Pomme ou Mousse, petite femelle bichon havanais née samedi dernier (et non pas lundi jour de la mort de Scotty, comme on me l’avait dit dans un premier temps).
Pour l’instant, j’hésite et je sonde mon entourage pour savoir lequel de ces deux noms plaît le plus.
J’aime autant l’un que l’autre.
Pour le moment, l’un des deux décroche l’unanimité.
J’attends une dernière réponse qui décidera de tout!

Lui m’a demandé de voir des photos de bichons havanais, me demandant en riant si « ce sont les chiens qui fument? »
Tsss…
Lorsqu’il a vu les photos, il les a trouvés « trop mignons » (mais se moquait-il?? Est-ce possible qu’un grand homme comme cela dise et pense une chose pareille, lui que l’on s’attend plutôt à voir accompagné d’un St Bernard ou d’un chien-loup?!) et a ajouté une chose qui m’a beaucoup amusée mais que je ne répéterai pas ici, même sous la torture.
Il a précisé qu’il s’agissait d’humour français.
Je confirme: l’humour français est bel et bien dé-sa-streux!

Mon « chien sans queue ni tête » arrivera mi-janvier, dans environ neuf semaines.
En attendant, Scotty prend son temps pour me quitter… et elle a raison… j’espère qu’un petit bout d’elle ne me quittera jamais..

Martine Bernier

Je voudrais écouter l’Océan…

19 novembre, 2009

C’était déjà grave autrefois.
Là, ça a empiré.
Je le dis souvent: même alors que j’étais enfant, j’ai toujours eu besoin, de manière régulière, presque cyclique, de retourner au bord de l’Océan.
Pas au bord de la mer, non.
Je parle bien de l’Océan, de l’Atlantique, de celui qui bouge dans tous les sens, qui se fâche, qui a son odeur à lui, qui se comporte comme un sauvage, qui fascine et secoue les marins,  donne un goût de liberté comme on ne le retrouve nulle part ailleurs.

Et surtout… j’ai besoin de son bruit, de sa musique, de ses drôles de marées, de sa façon de respirer, de bouger…
Quand je vais le voir, je me mets bien en face de lui, et je le laisse m’envahir.
Je ferme les yeux, je l’écoute, je le reçois.
Ce flux et ce reflux des vagues qui se brisent contre les rochers, les cris des oiseaux qui semblent vouloir se faire entendre au-delà du tapage de l’eau…
Dieu que cela me manque…

Je ne comprends pas pourquoi, mais il y a un moment où je ne tiens plus.
J’ai besoin de le respirer, de le voir, de l’entendre, de le sentir.
Comme un homme que l’on aime et dont on ne peut se passer.
Sans cela, je dépéris, je deviens triste, vide.

Il est ma potion magique.
Vingt minutes auprès de lui me remplissent de tonus et de sérénité tout à la fois.
Il m’apaise et me vivifie…
J’ai l’impression de lui confier ce qui est trop lourd à porter, il me relie à la Terre, lui qui est si puissant.

L’Océan effrayait Scotty qui ne comprenait pas cette masse d’eau mouvante et bruyante, précédée de ce sable si étrange à ses pattes.

Je voudrais… que l’un de ceux qui le fréquentent me le fasse entendre au téléphone.
Je sais, c’est idiot.
Mais là, je n’en peux plus du calme du Léman, que j’aime pourtant énormément.

J’ai besoin de sa force.

Oui, c’est pire que jamais.

Mais comment peut-on être aussi viscéralement attachée à un lieu?!
Non, pas vraiment à un lieu… à cet océan qui, pour moi, a toujours marqué le bout du monde, le bout des terres… et le commencement du mystère.
Là où j’ai laissé mon Triangle d’Or, et d’autres que j’aime profondément.

Martine Bernier

Une ponctuation qui coûte cher

18 novembre, 2009

Aujourd’hui, on m’a dit la phrase suivante:  »A quoi bon utiliser la ponctuation? Ca ne sert à rien! »

Ah. Ca ne sert à rien. Vraiment?

- Un jour, la tsarine Marie Feodorovna a sauvé la vie d’un homme. Simplement en changeant de place une virgule insignifiante sur un décret signé par son mari Alexandre III. Il avait écrit: « Grâce impossible, envoyer en Sibérie ». Après l’intervention de Marie, le texte a donné:  »Grâce, impossible envoyer en Sibérie. »

- A cause d’une virgule mal placée, le gouvernement américain a perdu la bagatelle d’un million de dollars. Un texte de loi sur les tarifs douaniers, adopté en 1872 , indiquait, dans la liste des produits détaxés: fruit plants, tropical ans semitropical. Les importateurs ont estimé que ce texte exemptait de droits de douanes toutes les plantes tropicales et semi-tropicales, et ont eu gain de cause. Cette petite virgule de rien du tout a coûté une perte énorme au Trésor américain, jusqu’à ce que le texte soit rectifié, en 1874             

Pas important, la ponctuation, disiez-vous?

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Plus de de 12’200 visites sur écriplume depuis sa création, et sans la moindre publicité… c’est assez étonnant. Merci… Simplement merci.

J’ai reçu un très joli cadeau pour le passage de ce cap. Un message personnel écrit par un lecteur belge, qui figure depuis quelques temps parmi mes contacts facebook. Un message magnifique. Il y précise avoir été sur le blog cet après-midi, et avoir lu tous les textes. Miraculeusement, il a survécu!

Si parfois je me demande pourquoi j’écris, les messages de ce type, que vous avez la délicatesse de m’adresser, me remettent les idées en place. Oui, simplement merci.

Martine Bernier

 

Lui (3)

17 novembre, 2009

Si je n’étais pas totalement non violente, il y a des moments où je donnerais des coups de pieds dans la vie.
Parce que, parfois, elle me fâche, elle me révolte, elle va même jusqu’à me dégoûter à travers les réactions de certains qui fuient, dissimulent, mentent, mettent tout en doute, vous mettent en confiance et vous massacrent par derrière.

J’en étais là de mes réflexions, avec, en prime, la douleur de l’absence de ma chienne, lorsque j’ai reçu un mail.
C’était Lui.
Toujours avec des mots sobres, il cerne et m’explique une situation qu’il vit, inacceptable, douloureuse, qu’il n’a pas d’autre choix que de regarder en face. Ce genre de situation qui vous tend les nerfs car elle provoque une impuissance générale. Nous avons échangé quelques mails. 
Et alors qu’il porte un poids que beaucoup d’hommes n’arriveraient pas à supporter, il trouve encore le moyen de compatir à mon chagrin d’avoir perdu Scotty, et de trouver des mots pour tenter de me consoler. Cela m’a coupé le souffle…

Plus tard, sa voix dans la nuit, et des nouvelles de ce qu’il vit. Il n’en a pas conscience, mais il lui arrive d’être impressionnant. Et quand on le lui dit, il  répond, gêné, qu’il n’est que normal. J’en connais d’autres qui s’estiment normaux et qui ne réagissent pas franchement de la même façon…
Et toujours cette présence bienfaisante, ce regard très clair, cette analyse  fine des situations. Cet équilibre et cette présence forte. Quand il dit: « Je suis là », il est là. Vraiment. Et ceux qui se trouvent en face de lui comprennent très vite qu’il faut tenir compte de son opinion.

Pourquoi est-ce que je parle de lui? Parce qu’il est en pleine tourmente, et qu’il tient tous les rôles, sans faillir, avec élégance, sans un mot. Un combat de tous les jours, usant,  mais il tient.

Oui, j’aimerais bien secouer la vie, parfois. Pour faire tomber de son arbre celui qui passe la sienne à blesser. Et pour remettre en place certaines situations qui ne devraient même pas exister.

Martine Bernier

 

 

 

Jour troublant… et sculptures en Légo

17 novembre, 2009

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La journée d’hier m’a tellement troublée que je n’ai pas trouvé le moyen de rassembler mes idées hier soir pour écrire.
Intégrer le vide laissé par ma chienne demandera du temps. Perdre les réflexes qui me mettaient à son écoute, qui me poussaient à lui préparer ses repas, à la sortir, à jouer avec elle, à vérifier si elle allait bien… Ne plus tenir compte de sa présence dans chacun de mes gestes, chacune de mes décisions, tout cela demande du temps, oui.
C’est fou ce que 9 kg de tendresse peuvent laisser dans un état de manque épouvantable lorsqu’ils disparaissent.
Je n’irai plus me balader près de la rivière. Pas sans elle.
Ou alors juste pour montrer à ceux que cela amuse, le petit pont frontière.

Une fois encore, le texte que j’ai écrit hier a suscité des réactions.
En messages personnels auxquels je n’ai pas pu répondre car il y en avait trop, en commentaires et en témoignages sur facebook.
Merci à tous ceux qui se sont associés à ma tristesse…
Et merci à ceux que j’aime.
Ils se sont tous manifestés.
J’ai bien dit tous…
L’un d’eux m’a particulièrement touchée car je ne pensais pas qu’il ferait ce qu’il a fait. Il se reconnaîtra…

Ce matin, j’essaie de me dire que je ne peux pas rester en hibernation.
Je dois travailler, je dois vivre…
Je pense à des phrases qui m’ont été dites hier.
A l’une en particulier qui a été prononcée par quelqu’un qui est ancré à ma vie: « Je voudrais presque être à la place de ton chien… »
Les êtres souffrent. Ils se mettent souvent eux-mêmes dans la situation qui les fait souffrir, d’ailleurs. Parce qu’ils ne trouvent pas la force de construire leur bonheur et qu’ils le regrettent ensuite toute leur vie, consciemment ou non…
Venant de celui qui les a prononcés, ces mots m’ont bouleversée.

Au-milieu de la lourdeur de ces événements, je reçois une information insolite et légère sur mon mail.
Un New-Yorkais, Nathan Sawaya, aujourd’hui artiste reconnu, crée des statues étranges… en Légo.
Il possède 1,5 millions de briques de Légo avec lesquelles il construit des oeuvres en trois dimensions.
Car ce sont bel et bien des oeuvres…

Etonnant…

http://www.brickartist.com/

Ce matin, alors que j’ai l’impression que le silence de l’appartement est plus pesant encore qu’hier, je pense à Lui au sujet duquel vous continuez à me poser beaucoup de questions.
Il me disait la semaine dernière: « Dis-moi que l’année 2010 sera meilleure que 2009. Parce que celle-ci, elle est m… »
Je confirme, elle est bien m….

Martine Bernier

Elle s’appelait Scotty…

16 novembre, 2009

Ma petite chienne Scotty m’a quittée ce matin…
Et je ne me remets pas d’avoir dû, pour la deuxième fois de ma vie, prendre la décision de vie ou de mort sur un petit être vivant.
Hier soir, elle jouait encore, me taquinait.
Et puis, dans la nuit, une crise, à nouveau silencieuse.
Quand elle allait mal, elle ne gémissait pas, ne criait pas, ne faisait pas un bruit.
Je n’ai rien entendu.
Elle était sous médicaments, je pensais pouvoir être tranquille.
Mais ce matin, elle n’est pas venue à ma rencontre.
Je l’ai retrouvée dans mon bureau, dans l’un de ses paniers, couchée mais appuyée sur ses pattes avant, comme si elle était prête à courir vers moi.
Elle avait renversé la corbeille à papiers. J’ai vu aussi qu’elle s’était soulagée dans la maison.
C’est là que j’ai compris qu’il s’était passé quelque chose.

J’ai été préparer son repas du matin.
Elle ne venait pas, elle qui était si gourmande.
Je suis retournée dans le bureau, elle n’avait pas bougé.
J’ai réalisé qu’elle ne pouvait plus se lever… ses pattes arrières ne répondaient plus.

J’ai su que ce jour serait le dernier de notre vie à deux.
J’ai appelé Eric, puis le vétérinaire qui m’a fixé un rendez-vous matinal.
J’ai installé Scotty dans son panier le plus confortable et je l’ai prise sur le canapé, auprès de moi.
Je l’ai nourrie à la main.
Ses croquettes préférées et un os comme elle les aimait.
Elle me regardait, très calmement.
Et je lui ai parlé, parlé…
Je lui ai dit que, sans elle, je n’aurais probablement pas survécu à la dureté de ces derniers mois.
Je lui ai dit combien je tenais à elle, et le désespoir que je ressentais à ne rien pouvoir faire pour la soigner vraiment.
Je lui ai reparlé de notre vie dans ma Terre de Sel, des souvenirs qu’elle y a laissés.
Ses oreilles bougeaient lorsque je prononçais certains mots, certains noms.
Je l’ai cajolée, remerciée, gâtée.

Puis Eric est arrivé.
Nous avons parlé un peu et nous sommes partis.
Arrivés chez le vétérinaire, la situation a été clairement posée.
Soit je la ré-emmenais chez le spécialiste en neurologie et nous refaisions tous les examens, sans doute inutilement, soit nous attendions quelques jours ainsi, pour que je m’habitue à la décision à prendre, soit nous prenions la décision de l’endormir.
Il a précisé que, selon lui, nous étions entrés dans un processus qui ne verrait pas d’échéance heureuse.

Eric était d’avis d’attendre. Par pour ma chienne, mais pour moi. Car, vu tout ce que je viens de vivre, il n’était pas sûr que je tienne le choc.
J’ai réfléchi…
S’habitue-t-on vraiment à savoir qu’il va falloir euthanasier son chien? Peut-on se préparer? Je ne pense pas.
Je la regardais. Ses pattes se dérobaient sous elle.
J’avais envie de lui dire: « Tu sais, je ne conçois pas ma vie sans toi. Tu es une petite présence si précieuse… Mais toi, quelle est ta vie aujourd’hui? Toi qui aimais tant courir, fouiner, jouer… Que dois-je faire, que souhaites-tu? Dois-je te laisser ainsi? Ou te permettre de t’endormir? Mais moi, comment vais-je tenir sans toi? »

Tous ceux qui ont un jour eu à prendre cette décision le savent: c’est infernal.
Infernal de regarder son chien bien vivant et de se dire que dans quelques minutes il ne sera plus là.
Parce que nous en avons décidé ainsi.
Pourtant, je l’ai fait.
Parce que le processus de destruction de son système nerveux était irréversible.
Elle s’est endormie dans mes bras, sans comprendre ce qui lui arrivait.
Je suis restée là à l’embrasser.
Puis je suis partie.

Rentrer dans l’appartement sans elle…
Le vide qu’elle laisse est épouvantable.
Je n’arrive même plus à décrire ce que je ressens.
Je la vois partout.
On me dira que ce n’était qu’un chien.
Oui… mais j’ai mal, très mal.
Scotty était un merveilleux petit chien, espiègle et émouvant.

Maintenant, je vais me taire.
Par respect pour quelqu’un qui, quelque part, a plus mal que moi.

Martine Bernier

Giacometti à Genève

15 novembre, 2009

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Cette semaine, l’une de mes amies m’a demandé ce que j’aimais dans les sculptures de Giacometti.
J’ai répondu: « Le mouvement. » Et pourtant, il y a bien plus que cela…
Ce dimanche, je suis allée avec Eric voir, à Genève, une exposition qui lui est consacrée, au Musée Rath.
Une rétrospective de ses oeuvres, sculptures, dessins et peintures, retraçant tout son cheminement artistique.
S’y découvrent quelques merveilles…
De ses statuettes minuscules (ah, le très joli « Petit Homme », le visage de « Simone de Beauvoir », ou la série des statuettes consacrées à son neveu Sylvio…) à ses personnages en marche, ses bustes ou ses visages, l’exposition présente un large panel de ce qu’il a réalisé.
La période qu’il a passée à Genève, de 1942 à 1945, reste l’une des plus mystérieuses au niveau de son existence artistique. Comme il ne disposait que de peu de place pour ranger ses oeuvres, il a créé des statues minuscules, qui tiendraient dans une boîte d’allumettes, mais qu’il a posées sur des socles disproportionnés.
Mais il ne s’est pas arrêté là.
Il a connu dans la ville suisse l’une des crises les plus importantes de sa carrière. Engagé dans le surréalisme, il a réalisé la « Femme égorgée » ou « L’objet désagréable à jeter », des oeuvres angoissantes… Mais il se retrouve à l’étroit dans cette forme d’expression qui ne le satisfait pas complètement.
De retour à Paris, il reviendra à la sculpture sur modèle, représentant à nouveau des êtres humains qui vont grandir, grandir…
Ces statues longilignes restent marquantes et font de lui un artiste majeur.
Au musée Rath trône également le fameux buste de Diego, fascinant… (voir photo ci-dessus)

Genève était comme elle l’est un dimanche d’automne.
Les rives étaient recouvertes de feuilles mortes sur lesquelles marchaient des familles, des couples d’amoureux, des âmes solitaires.
Le jet d’eau dispersait ses millions de gouttelettes en redescendant de son ascension vers le ciel.  Sur le lac, des mouettes, plein de mouettes. Mais pas de goélands…  Il me manque la mer.

Des nouvelles de Lui, me demandez-vous. C’est décidé, il sera la première muse de l’Histoire à être rétribuée en chocolat.

Martine Bernier 

 

Jour sans

14 novembre, 2009

Mal.

Pas la force d’écrire ce soir.

Dieu a l’accent belge et Monet arrive sur Apple

13 novembre, 2009

La semaine dernière, je revenais d’avoir promené mon chien au bord de la rivière lorsqu’une voix venue du ciel m’a dit: « Il est beau, votre chien! »
Je me suis dit: « Tiens, Dieu me parle! »

Une foule de petites remarques me sont venues à l’esprit:
1. Ca tombe bien… moi aussi j’avais à lui parler.
2. Dieu a du goût, il aime mon chien!
3. Dieu a l’accent belge. Epatant, cela devrait faciliter le dialogue.

« Je suis ici! »

Comme Dieu insistait, j’ai levé la tête.
Il était sur le balcon de l’un des immeubles voisins du miens, tout en haut.
Dieu avait un manteau de mouton retourné, une bonne tête et une femme.
Si Dieu a une femme, nous sommes d’accord, ce n’est pas Dieu.
J’ai donc revu à la baisse mon fantasme de voir mon carnet d’adresse s’enrichir d’un nom prestigieux, et je me suis rendue à la triste réalité: Dieu était en fait tout bêtement un amoureux de la Suisse venu passer quelques jours dans la région.
Les jours suivants, j’ai vu Dieu partir se balader en voiture, arborant fièrement ses plaques belges.
Dieu est reparti ces derniers jours, je ne l’ai plus revu.
Dans ce monde redevenu banalement non divin, j’ai donc repris le cours de la vie en épinglant ci et là quelques nouvelles.

Tout d’abord, la NASA a révélé que d’importantes quantités d’eau gelée ont été découvertes sur la Lune.
Il paraît que c’est une découverte d’une importance majeure. De l’eau sur la lune… alors, le pêcheur d’étoiles les capturait donc bel et bien dans des flots? Les astronautes américains qui vont repartir à l’avenir pour des missions de six mois sur l’astre de la nuit vont encore me massacrer la légende, vous allez voir…

Apple a eu une idée géniale. Avec son SnowLeopard, il propose de nouveaux fonds d’écran, absolument magnifiques. Trois d’entre eux m’ont ravie. L’un est la reproduction d’une peinture de Degas, et les deux autres, des toiles de Monet. Et parmi elles… les nymphéas. Ces nymphéas que j’aime tant. J’ai donc aussitôt installé la reproduction de cette merveille sur mon écran. La qualité de la photo est telle que l’on a l’impression de pouvoir toucher le relief de la peinture. Monet sur Apple… 

La dernière nouvelle est personnelle. J’ai eu un appel téléphonique, ce soir, qui m’a fait un plaisir fou, moi qui n’aime pourtant pas vraiment le téléphone. Ce Lui qui provoque tant de commentaires lorsque je lui consacre un texte m’a fait un cadeau magnifique. La reprise d’une partie essentielle de mon travail, Monet, ce que j’aime, Paris avec lui, bientôt.  Il a l’art de repousser les nuages et de faire refleurir des morceaux de vie fragile  là où quelqu’un a tout brûlé au napalm.

Martine Bernier

Lui (bis)

12 novembre, 2009

J’ai laissé passer trois jours. Parce que j’ai pensé que « cela se calmerait ».
Mais le texte s’intitulant « Lui » a suscité tellement de commentaires et surtout tellement de messages personnels venus se nicher dans ma boîte email, sur facebook et ailleurs, que j’ai décidé de donner une suite.

Jamais aucun des articles diffusés sur ce blog n’a été autant lu et n’a attiré un tel nombre de visiteurs et de retours écrits.
Et cela continue encore aujourd’hui.
J’en suis à  la fois très touchée et très surprise.

Pourquoi a-t-il suscité autant de réactions, de questions?
Pourquoi tant de personnes cherchent-elles à  connaître l’identité de celui dont je parle?
Pourquoi tant d’hommes m’ont-ils écrit en me disant avoir été profondément touchés par mes mots?

Je pensais ne pas y revenir, jusqu’à ce que l’un d’eux me dise, ce matin: « Si vous voulez vraiment une synergie entre vos lecteurs et vous, vous ne pouvez pas laisser tout ce courrier, tous ces commentaires sans réponse. »

Sans doute a-t-il raison.

Je peux répondre à certaines questions, pas à d’autres trop intimes.

Plusieurs  se rapportent à  Alain.
Sa façon d’être , son attitude, continuent à  me labourer le coeur.
La nausée ne m’a pas quittée.
Et non, mille fois non: il n’est pas « Lui ».
Il me semblait d’ailleurs qu’une phrase dans le texte ne laissait pas d’équivoque…

« Comment « Lui » a-t-il réagi à  l’article? » Bien!
Au moment où je l’écrivais, je lui ai demandé s’il serait gêné que je le fasse.
Il a plaisanté, me donnant une bénédiction de principe, sans chercher à  avoir un droit de regard.
Lorsque j’ai édité le texte sur Ecriplume, je lui ai proposé de le retirer s’il se sentait mal à  l’aise.
Il a refusé au nom de la Sacro Sainte liberté d’expression! Mais, après l’avoir lu, il m’a adressé un très beau message.
Plus tard, oralement, il m’a dit avoir aimé.
Vous ne m’en voudrez pas de passer les détails.

A ceux qui veulent « en savoir plus »… que dire?

Comme je le confiais à  un proche, j’adore les oiseaux en général, et les goélands en particulier.
J’aime, lorsque je suis au bord de la mer, m’asseoir sur un rocher et ne plus bouger pour les laisser venir.
Cela peut durer très longtemps…
Mais il y a toujours un moment où l’un d’eux vient se poser, tout près de moi, presque à  me toucher.
Il reste là , simplement.
Je retiens mon souffle à chaque fois.
On n’apprivoise pas les goélands, on les laisse se poser là  où ils en ont envie.
Et surtout… on ne les assomme pas de mots…
J’écris sans doute déjà  trop.

Pour moi, Il est comme un oiseau.

Il m’arrive de me demander comment il fait pour tenir debout.
Car il vit debout, pas à genoux.
Et c’est fou ce que nous sommes doués, lui comme moi, pour faire bonne figure même quand tout va mal.

Je ne l’ai jamais entendu se plaindre.
Il assume ses actes.
C’est un homme de parole, un homme qui pense et qui agit.
Il affronte la réalité, ne fuit pas. J’appelle cela du courage.
Quand son regard se pose quelque part, il ne fait pas que regarder, il voit.
Il a l’esprit ouvert, clair, sans orgueil mal placé ou d’ego démesuré.
C’est un être solaire.
Solide et fragile.
Le temps, trop rare, que je passe avec lui n’est jamais du temps perdu, du temps banal.
C’est du temps choisi.

Certains me demandent s’Il réagira au texte sur le blog.
Mais… il a réagi.
Ecrira-t-il un commentaire?
Je l’ignore et ne peux répondre à  sa place.
Il sait qu’il peut faire ce qui lui plaît.
Il est ici chez lui. Comme toute personne qui passe sur Ecriplume.
Mais il a bien d’autres préoccupations autrement plus importantes, et je doute que celle-ci fasse partie de ses priorités.

Enfin, comme cela m’a été demandé: non, ce n’est pas la première fois que j’écrivais sur lui.
Pour toutes les autres questions, je dirai simplement que ce texte se suffit, selon moi, à  lui-même.
Ne me demandez pas de l’enfermer dans un carcan de mots…

Martine Bernier

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