Archive pour juillet, 2010

Séraphine de Senlis…

21 juillet, 2010

images21.jpgimages2.jpgimages1.jpg 

 En 2009, il a cumulé les Césars.
Sept au total: Meilleur Film, Meilleur Scénario, Meilleure Photo, Meilleurs Costumes, Meilleure Musique et, surtout, Meilleure Actrice.
Un film magnifique…

Il faut dire que Yolande Moreau, dans le rôle de cette femme simple habitée par un incroyable talent artistique, est sensationnelle.
J’ai acheté le DVD du film, et j’ai été émue par cette histoire d’autant plus troublante qu’elle est véridique.

Séraphine faisait des ménages, accomplissait les tâches les plus ingrates.
Le soir, lorsqu’elle rentrait chez elle, elle peignait, peignait…
Sa vie a changée lorsqu’elle a été engagée comme femme de ménage chez un collectionneur et marchand d’art allemand Wilhem Uhde.
Le talent de cette femme qui n’avait jamais pris un cours de dessin ou de peinture l’a bouleversé.

Et pour cause…
Aujourd’hui, les toiles de Séraphine dite « de Senlis », sont exposées dans plusieurs musées, dont le musée Maillol de Paris.
Elles semblent comme habitées d’une lumière qui donne l’impression de venir du dos de du tableau.
Les fruits, les fleurs, les arbres de Séraphine, très travaillées, sont éclaboussées de couleurs, de luminosité.
Certains rappellent des oeuvres de Van Gogh…
Pourtant son style n’appartient qu’à elle.
Même la composition de ses pigments n’appartenait qu’à elle…

Le destin de cette femme rappelle un peu celui d’une autre artiste qui m’est chère: Camille Claudel.
Comme elle, Séraphine a été internée, et est morte à « l’asile ».
Certains disent qu’elle serait morte de faim.
Personne n’a réclamé son corps, qui a été déposé dans une fosse commune.
Mais elle dont la peinture donnait une impression de partir vers le ciel, délaissant les racines qu’elle laissait dans l’ombre, semble avoir indiqué dans ses tableaux que le corps n’avait qu’une importance toute relative pour elle.
C’est son âme qu’elle a fait jaillir de ses pinceaux.
Une âme simple, pieuse, pleine de poésie.

Face à Camille Claudel, à Séraphine, et à tous ces artistes que j’aime, je ressens toujours le même sentiment.
J’ai l’impression qu’un être humain riche et généreux est celui dont on regrette toujours la mort bien des années plus tard, parce que l’on aurait encore voulu voir d’autres oeuvres signées de sa main, lire d’autres livres qu’il aurait écrits, écouter d’autres musiques qu’il aurait créées, approfondir l’enseignement ou la pensée qu’il aurait livrée par ses connaissances ou son exemple.

Martine Bernier

La révolte des vaches

20 juillet, 2010

 unknown22.jpeg

Comme chaque année quand revient l’été, les journaux se font l’écho de promeneurs attaqués par des vaches dans les pâturages.
Et comme chaque année, je reste songeuse…

Il y a quelques semaines, l’histoire, relatée était celle d’un couple attaqué par un troupeau dans le Jura Suisse.
Des secouristes ont dû intervenir pour les délivrer du troupeau qui les encerlait et la jeune femme a dû être hospitalisée avec un traumatisme facial.

Et certains de s’offusquer: « Mais enfin! Pourquoi les vaches chargent-elles les promeneurs???  »
Tsss… c’est vrai, enfin!
Une vache, c’est doux!
Enfin ça devrait l’être: douce et mâchouillante dans un paysage bucolique.

La question doit énerver les éleveurs qui, bien qu’ils posent des panneaux pour avertir les randonneurs, continuent à être confrontés ponctuellement à ce genre de souci.
L’attaque des troupeaux n’est pas systématique.
En temps normal, tout se passe bien.
Et puis, une fois de temps en temps, cela se gâte.
Après tout, ce sont des animaux, animaux qui traduisent à leur façon les informations qu’ils reçoivent et peuvent prendre le passant inconnu pour un prédateur éventuel.

Il était donc nécessaire de donner quelques sages conseils, relayés par le « Matin », aux citadins qui croisent les troupeaux sans connaître leur comportement.
« Evitez les vêtement trop colorés, les vaches aiment la discrétion et ne sont pas sensibles à la mode, ne gesticulez pas, ne criez pas et ne les regardez pas dans les yeux, passez à plus de 20 mètres des troupeaux, évitez les chiens de troupeaux, reculez si les bovidés s’approchent, tenez vos chiens en laisse, fuyez ou « plongez par terre » si vous êtes chargés.
Enfin, surtout, ne caressez pas les veaux et ne vous mettez jamais entre un veau et sa mère. »

Donc, en gros, si vous vous habillez en rose fluo, que vous avez des tendances hystériques ou une tendresse irrépressible pour les veaux, restez chez vous, et passez-vous en boucle les épisodes d’Heidi ou les spots de publicité concernant la vache Milka.
C’est moins risqué.
Hé oui, les ruminants ne sont pas des silhouettes en carton pâte posées dans la montagne pour faire couleur locale…
Eu égard au fait qu’ils ont toutes les chances de finir dans nos assiettes, ils ont quelques raisons de s’énerver en voyant les randonneurs troubler leur paisible retraite à l’alpage.
Je les comprends: j’ai eu envie de mordre pour moins que cela.

La placidité bovine n’est pourtant pas une légende, Pomme, ma chienne, qui compte quelques vachettes parmi ses relations, est là pour en témoigner.

Martine Bernier

PS: Merci aux corbeaux qui m’indiquent aimablement que « l’été est la saison du retour du bétail en station de montagne ». Le passage sur le Malade Imaginaire et l’art de la sciatique bouffonne sont également surprenants. Mais j’ai des lectures plus urgentes qui m’attendent et, encore une fois, je pense toujours que vous vous trompez de destinataire.

Le cri dans la montagne

19 juillet, 2010

Ce printemps, alors que je sortais Pomme avant que le soleil ne se lève vraiment, j’ai entendu un cri.
Le cri d’un homme.
Un cri puissant.
Il s’est répété plusieurs fois.
J’ai voulu me rapprocher pour le situer, mais le bruit du torrent l’a couvert.
Je suis revenue sur mes pas.
Glacée, j’ai écouté, longtemps.
Il s’est tu.
Que devais-je faire?
Prévenir la police que quelqu’un était peut-être perdu ou blessé en montagne?
Le cri ne se reproduisait plus.
Deux heures plus tard, un hélicoptère tournoyait autour de la zone.
Hasard ou pas?
Je n’ai pas vu s’il effectuait des travaux ou s’il intervenait pour un secours en montagne.
J’ai interrogé discrètement les personnes qui, ici, sont au courant de tout ce qui se passe à des lieues à la ronde.
Personne n’a parlé d’un éventuel problème.

Le temps a passé.

Ce matin, il n’était pas 6 heures lorsque j’ai entendu le même cri.
J’ai pris avec Pomme le chemin du torrent.
Mais cette fois, il n’ a retenti que deux fois, provenant toujours du même périmètre.

Qui est cet homme qui crie dans la montagne?
Ce ne sont visiblement pas des cris de joie.
Est-ce de désespoir ou de rage qu’il hurle ainsi, à faire frémir les parois rocheuses?
Et, tiens… accepterait-il que j’aille crier avec lui?

Martine Bernier

L’oeuf ou la poule??

18 juillet, 2010

Vous connaissez la fameuse question: qui est apparu le premier, l’oeuf ou la poule?
Question ô combien agaçante, qui a déjà torturé des générations de méninges.
Et bien il semblerait que cette énigme vitale ait enfin été résolue.
Des chercheurs britaniques ont tranché: la poule était la première.
Si, si.

Une équipe de scientifiques des universités de Sheffield et de Warvick a étudié les composants des coquilles d’oeufs et a découvert une protéine appelée ovocledidin-17, selon SudPresse.
Ca ne s’invente pas.
Enfin… quoique.

Cette protéine essentielle à la constitution des coquilles ne se trouve que dans les ovaires de poule.
L’énigme est donc résolue, estiment-t-ils.
Vous allez  pouvoir recommencer à dormir.
Plus question de se poser une question dont la réponse est désormais officielle, n’est-ce pas?
Enfin quoique….bis
Je ne voudrais pas retourner le fer dans la plaie, mais…
Si la poule est arrivée avant l’oeuf… d’où venait-elle donc, elle, cette fameuse poule????

Martine Bernier

Bernard Giraudeau et jour d’aujourd’hui

17 juillet, 2010

unknown4.jpeg

C’est un choc.
L’annonce de la mort de Bernard Giraudeau me bouleverse.
Cet être lumineux, courageux, au destin si riche qu’il donnait l’impression d’avoir vécu plusieurs vies, nous a donné l’exemple.
L’exemple de la dignité et de l’intelligence face à la maladie.
Lorsqu’il était venu présenter l’un de ses films aux Diablerets, au Festival International du Film Alpin, il avait séduit par sa forte personnalité autant que par son sourire irrésistible et le bleu de son regard. Anny Duperey, qui était alors son épouse, avait séduit tout autant, d’ailleurs…
Lorsqu’il entrait quelque part, on ne voyait que lui.
Un prince…
Je n’aime pas savoir qu’il n’habite plus sur la même Terre que nous…
J’ai souvent écouté et lu ses interviews ces derniers mois, au cours desquelles il a beaucoup parlé de la maladie, de la mort.
Il a tout donné avant de partir.
Je m’incline devant la grandeur de cet homme hors du commun, un homme fort, droit et profond, généreux, pudique, qui ne geignait pas, qui parlait avec une noblesse admirable.
Un acteur et un homme flamboyant, plein de fougue…
Il nous a montré, lui qui fut marin, acteur, réalisateur, écrivain, homme de coeur et de cran, que le temps ne doit pas être gaspillé, que les êtres, le monde et la vie doivent être explorés sans perdre une miette du temps qui nous est accordé.
Il nous a montré ce qu’est un homme d’honneur et de bien.
Un homme respecteux des autres.

                                                                      **********************************

Ecriplume (dont la mise hors service de quelques heures, ce matin, a provoqué une vague de messages) a reçu une jolie surprise, aujourd’hui.
Le peintre Jacques Ousson a réagi à un article que je lui avais consacré.
Que cet homme si talentueux ait pris la peine d’écrire ces quelques lignes est un très joli cadeau…

Une matinée passée avec un ami, un article écrit pour rendre service, un début d’après-midi avec quelqu’un qui m’est cher et… je mûris une décision.
Envie de reprendre des études.
Juste pour le plaisir.
Deux universités sont contactées.
Qui vivra verra!

Martine Bernier

Deuxième maintenance de la semaine pour Ecriplume

17 juillet, 2010

En réponse aux messages qui me sont arrivés depuis cette nuit: oui, il semblerait qu’Ecriplume et mes trois autres blogs aient été impossibles d’accès jusqu’à environ 9 heures ce matin.
La raison est toujours la même: une maintenance d’Unblog, le site hébergeur.
Pardon pour ce contretemps, et merci pour votre patience!

Le déjeuner sur l’herbe: du scandale au triomphe

16 juillet, 2010

unknown1.jpeg

La première fois que je suis allée au Musée d’Orsay, à Paris, la toile de Manet « Le déjeuner sur l’herbe » était mise en valeur selon les plus pures règles du marketing.
Un chemin de barrières souples avait été installé et une longue file d’attente patientait.
La deuxième fois, la même toile était accrochée au mur, sans balisage de rubans, et les passants la regardaient sans cohue.

Ce tableau, qui est l’une des stars de la peinture du XIXe siècle, n’a pas toujours connu le même succès.
Il a même été franchement décrié lorsqu’il a été accroché pour la première fois, en 1863, à Paris.
Il ne portait d’ailleurs pas son nom actuel, mais s’appelait alors « Le Bain ».
Une femme nue entourée de deux hommes en tenues de ville, en pleine nature: il n’en fallait pas davantage pour indigner la critique et choquer le public.
En le voyant, Napoléon III l’a fait décrocher tandis que son épouse Eugénie se cachait pudiquement derrière son éventail.

Manet, son créateur, a haussé les épaules en disant « Faut-il qu’on soit niais… »
Il a renommé son oeuvre « La partie carrée », sans réaliser qu’il venait d’engager un bras de fer avec la peinture officielle.

Pour peindre son « Déjeuner sur l’herbe » Edouard Manet s’est inspiré de l’oeuvre d’un peintre vénitien représentant deux femmes nues, Calliope et Polymnie, les muses de la Poésie épique et lyrique, entourées de deux jeunes hommes élégants dont un jouait du luth.
Pourquoi ce tableau a-t-il été aimé alors que celui de Manet a autant choqué?
Parce que, dans le cas de Manet, il ne s’agissait pas d’une muse, mais d’une femme bien réelle, portant le visage de Victorine Meurant, son modèle favori, et le corps voluptueux de sa femme, Suzanne Leenhoff.
Manet a fait en sorte que l’on ne voit qu’elle, en jouant avec la lumière.
Ce qui n’a pas plu du tout à l’Académie qui a trouvé le sujet obscène.
Tandis que les défenseurs du dogme académique criaient au scandale, les jeunes artistes en rupture de ban continuaient leur chemin artistique, accompagnés par Emile Zola, grand défenseur de la modernité.

En 1865, Claude Monet, désireux de saluer Manet, son aîné de huit ans, a présenté sa propre version du Déjeuner sur l’herbe, en y introduisant cette luminosité dont il avait le secret.
images23.jpeg

Il n’a pas été le seul à signer une réplique de ce tableau qui a été l’un des plus revisités au monde.
Pour le pire comme le meilleur, d’ailleurs, si l’on pense au clin d’oeil de Picasso images12.jpeg, à la version BD de 1994 de Gilbert Shelton pour ses Freaks Brothers unknown2.jpeg, ou à l’amusante version d’Alain Jaquet, en 1964, avec sa sérigraphie à la sauce pop art respectueuse de la composition originale, mais modernisant les personnages, les costumes, et transformant la rivière en piscine…unknown3.jpeg

Manet aurait sans doute été amusé, lui que l’on prenait pour un peintre sulfureux et qui s’en défendait en expliquant qu’il cherchait à rendre aussi simplement que possible les choses qu’il voit…

Martine Bernier

OVNI à l’horizon, aéroport fermé

15 juillet, 2010

Je ne l’ai d’abord pas cru.
Mais si, l’histoire semble réelle.
Elle se passe en Chine où, dans le ciel de la ville de Hangsou, un objet lumineux a été observé dans la soirée du 8 juillet.
Des images de ce qui ressemble à un objet rougeâtre posé sur un énorme néon allumé circulent sur le Net depuis.
Pourtant les spécialistes expliquent que l’objet n’était pas visible à l’oeil nu et ressemblait davantage à un point lumineux repérés par les radars de contrôle aérien.
Canular sur la Toile?
Pas sûr.
Il semblerait que les responsables de l’aéroport local n’ont voulu prendre aucun risque et on interdit les décollages durant une heure.
Les experts et les autorités de l’aviation chinoise se penchent sur les documents et les photos récoltés, mais aucune explication plausible n’a été avancée jusqu’ici.
Les Chinois ne sont pas réputés pour être de petits plaisantins.
Aux Etats-Unis ou en Europe où la population a été nourrie aux fictions telles que Star Trek, ce genre d’événement serait très polémique, ferait sourire.
Mais il ne cadre pas avec la culture chinoise.
Ce n’est pourtant pas la première fois qu’un phénomène de ce type y est observé.
La semaine précédente, une autre lumière blanche était apparue dans le ciel d’Urumqi, dans la région autonome Ouïgoure du Xinjiang.
Le secrétaire général de la société d’astronomie du Xinjiang, avait alors déclaré aux médias qu’il pensait que cet objet était des débris d’un missile intercontinental lançé par les Américains.

Avouez qu’il serait doublement insolite que les petits hommes verts débarquent… en Chine!

Martine Bernier

Alexandre: immersion dans son monde

14 juillet, 2010

Je n’avais plus revu Alexandre depuis cet hiver.
(Pour mémoire: http://ecriplume.unblog.fr/2010/01/06/alexandre-et-son-monde-interieur)
Lorsque sa maman m’a appelée pour me proposer d’aller partager leur repas, ce lundi soir, j’ai été ravie.
J’allais faire la connaissance de Benoît, leur deuxième fils, et retrouver cette famille que j’aime.
Pourtant je me posais des questions.
Alexandre m’avait manqué.
Mais allait-il me reconnaître?
Lui faudrait-il à nouveau du temps pour se sentir à l’aise en ma présence?
Comment allait-il appréhender Pomme, lui qui n’a qu’une sympathie toute relative pour le chat de la maison?

D’entrée, j’ai compris qu’il était content.
En rentrant, je lui ai caressé le visage et je lui ai dit que j’étais heureuse de le retrouver.
Je lui ai montré Pomme qu’il a à peine regardée.
Son regard ne se fixe jamais.
Puis nous sommes allés nous installer au jardin.
Pomme a vécu sa vie, sans faire la moindre bêtise et en respectant le chat.
J’ai découvert Benoît, un jeune homme doux et très intelligent, qui a vis-à-vis de son frère la même patience et la même tendresse que ses parents.
Alexandre a fait comprendre qu’il souhaitait s’asseoir près de moi.
Et, durant toute la soirée, il m’a couverte de marques d’affection.
Lui qui ne peut ni parler ni avoir un comportement dit « normal », a renoué le lien que nous avions commencé à tisser lors de notre première rencontre.
Je me suis retrouvée une fois de plus sous le charme de ce grand jeune homme qui restera toujours un enfant…

La chaleur et l’approche de l’orage l’avaient rendu assez difficile, durant les jours précédents, m’expliquaient ses parents.
Là, nous avions devant nous un Alexandre heureux, qui riait, semblait vouloir communiquer en s’improvisant percussionniste sur les bords de la table et de sa chaise, en émettant des sons qui ressemblaient à une mélodie..
Il a même effleuré Pomme lui, qui, m’a-t-on expliqué, ne fraye pas avec les animaux.
Le sentir détendu nous a tous touchés…
Je l’ai été plus encore lorsque sa maman m’a dit qu’elle pensait que j’avais un effet apaisant sur lui.

Le monde intérieur d’Alexandre reste pour moi un mystère absolu.
Le fait d’avoir travaillé durant deux ou trois ans dans le monde du handicap mental, par choix, en tenant une revue spécialisée sur le sujet, m’avait permis d’apprendre beaucoup au contact des patients et des spécialistes.
Muré dans son silence et dans son univers, Alexandre s’exprime de mille façons, tissant des liens ténus et subtils.
S’il n’était pas là, il laisserait un vide énorme.
S’occuper de lui demande à son entourage une disponibilité et une patience infinies.
Et voir ce qu’ils mettent constamment en place pour lui rendre la vie agréable est très émouvant.
Ce soir-là, pour la première fois, Alexandre allait passer la nuit dans son nouveau lit, plus grand et plus large que le précédent, pour qu’il s’y sente plus à l’aise.

Quand il commence à être fatigué ou que la frustration le gagne, il devient plus fébrile, contrôle moins bien ses mouvements.
Les gestes de tendresse qu’il donne avec une générosité étonnante deviennent alors plus maladroits.
Ce monde qui est le sien, qu’emprisonne-t-il?
Quelle âme se cache dans ce corps blessé?
Que pense-t-il lorsqu’il nous regarde?
Sa pensée est-elle hachurée, ou arrive-t-elle parfois à suivre une ligne précise?
Jusqu’à quel point a-t-il conscience de son état?
En souffre-t-il?
Que comprend-il de ce que nous lui disons?
Il semble sensible au son de la voix, au ton, à la douceur…

J’ai toujours de la peine quand je lui dis au-revoir.
Il aurait fallu si peu pour qu’il ne soit pas prisonnier de lui-même…

Martine Bernier

Images fractales: Art ou pas?

13 juillet, 2010

3d618372.jpg

C’est un cadeau visuel que je vous propose, ce soir.
On les appelle les images fractales.
Tout le monde les connaît.
Les uns estiment qu’il s’agit d’Art, d’une nouvelle forme d’Art… d’autres s’insurgent.
Ces dessins ne sont pas créés par un peintre, selon une démarche artistique classique.
Ils naissent d’opérations mathématiques et jouent avec la symétrie et un savant chaos.
Toutes ont une particularité: si vous les observez bien, vous retrouvez toujours le même dessin, selon le principe de l’auto-similarité.
Le premier à avoir étudié le lien entre la nature et les mathématiques est le polytechnicien français Benoît Mandelbrot, dans son livre « Les objets fractals. »
Depuis, cet univers irréel s’est largement développé et semble n’avoir aucune limite dans l’imagination et la beauté.
fractales618211.jpg
Depuis peu, certains fractales sont en trois dimensions.
Derrière ces images se cachent des formules souvent complexes.
En y regardant de plus près, la nature produit des images fractale à foison, étrangement proches de celles-ci, que ce soit sur ou sous terre, dans l’Espace ou dans les océans.
Il suffit, pour s’en convaincre, de regarder les alvéoles de nos poumons, le ciselé d’un brocoli, un cristal de neige passé au microscope…
Aujourd’hui, n’importe qui peut se lancer dans la création, en téléchargeant l’un des nombreux logiciels gratuits permettant de s’initier.

maths618240.jpg

fractalesinfinies618249.jpg

Alors… Art ou pas?
Pour ma part, je classe les fractales dans une autre catégorie, même si ces kaléidoscopes sophistiqués sont très beaux.
La peinture ou la composition de ces images fascinantes, au pouvoir quasi hypnotique, ne relève pas, à mes yeux de la même démarche.
Et pour vous?

Martine Bernier

1234