Archive pour octobre, 2010

Kim et les alertes à la bombe

2 octobre, 2010

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Au lendemain du retour de Paris, Kim, le fils de la compagne de mon fils cadet demande à me parler au téléphone.
Kim, ce petit prince de 4 ans avec lequel je partage une relation exceptionnelle dont j’ai déjà parlé ici.
Sa maman l’élève merveilleusement et son charme naturel ferait fondre la banquise.
Nous nous aimons beaucoup.
Cela ne s’explique pas, c’est ainsi.
Quand nous sommes en famille, nous passons notre temps ensemble.
Jee est comme ma fille et Kim est donc pour moi le premier de mes petits-enfants.
Et pour qu’il n’y ait jamais de différence entre lui et ceux qui peuvent venir, chacun m’appellera par le nom qu’il m’a choisi.

- Matine?
- Oui, Kim?
- C’est danzereux, Paris. Ils ont mis une bombe.
- C’était une fausse alerte… Ils ont dit qu’il y avait une bombe, mais ce n’était pas vrai.
- Et toi tu étais à Paris.
- Mais je n’ai pas eu de problème, tu vois. C’est grand Paris…
- C’est danzereux.
- Tu sais, l’année prochaine, j’aimerais que nous vous y emmenions, avec Bruno. J’ai promis à ta Maman que nous irions dans le jardin du peintre que j’aime tant. C’est très beau, tu va aimer…
- Mais c’est danzereux Paris.
- Pas partout et pas tout le temps… Il ne faut pas avoir peur. L’année prochaine ce sera sûrement fini. Et ce jardin est loin de Paris.
- Mes robots, ils peuvent se battre contre les bombes!
- Tu les emmèneras! Il faudra que tu me les montres.
- Tu les as vus quand tu es venue, tu sais?
- Ah oui, pardon. Il va falloir que tu me les remontres, je ne m’en souviens plus très bien.

Petit silence, à l’autre bout du fil.
Enfin du bout du pas de fil.
Il réfléchit sans doute…
Je reprends:

- Kim?
- Oui?
- Tu voudras aller à Paris avec moi?
- Oui Matine!

Martine Bernier

Monet au Grand-Palais: des merveilles et un absent

1 octobre, 2010

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Je l’attendais avec une telle impatience que lorsque nous nous sommes retrouvés dans la file d’attente nous permettant d’accéder à l’exposition Monet du Grand Palais, j’avais le coeur en effervescence.
Un conseil préalable pour ceux qui souhaitent la visiter: réservez impérativement vos places sur Internet.
Cette rétrospective est l’événement artistique de l’année, et cela n’a échappé à personne.
Comme les oeuvres exposées, les visiteurs viennent du monde entier pour la voir.
Claude Monet reste l’un des artistes les plus connus au monde et c’est l’occasion rêvée de découvrir réunis ses paysages, ses portraits, ses natures mortes, ses jardins.

L’exposition offre la possibilité de voir ou revoir des merveilles.
Les fragments de son impressionnant « Déjeuner sur l’Herbe » peint pour rivaliser avec son collègue Manet qui avait fait scandale avec son oeuvre portant le même nom, met en scène certains des amis de Monet.
La mer sauvage d’Etretaz, les eaux mouvantes de la Grenouillère,les vapeurs des trains de la gare St Lazare, les meules sous le soleil ou sous la neige, la série de la cathédrale de Rouen ou du Parlement de Londres, le Palais Contarini de Venise, les sublimes nymphéas auxquels une salle complète a été consacrée, la flamboyance des jardins de Giverny, les si belles falaises de Dieppe, ceux de la Méditerranée, les natures mortes les peupliers de Giverny, la cabane des Douaniers et tant d’autres… ils sont tous là.

Tous?
Non, en fait.
Il y a un absent.
Et quel absent…
J’ai cherché partout, attentivement « Impression, soleil levant », le tableau de 1872 qui a donné son nom à l’Impressionnisme.
176 tableaux sont présent, exactement.
Mais pas lui.
Le Musée Marmottan, (Musée Monet à Paris), n’a pas voulu se séparer de ce qui est sa star.
On le lui pardonnerait très volontiers si, le mardi où nous avons visité le Grand Palais, nous n’avions trouvé portes closes au Marmottan.
Il y a eu bien des frustrés, ce jour-là…

Reste que la rétrospective du Grand Palais est à la hauteur des espérances.
Une pure merveille.
Voir de visu tous ces tableaux réunis, qui repartiront ensuite dans leurs pays d’adoption est un moment de grâce.

Pour moi, ce fut un enchantement.
Y compris lors du passage obligé à la librairie de l’exposition où je savais avant d’arriver que je ferais des folies.
Plusieurs livres ont rejoint mon escarcelle et, parmi eux, le très beau, très grand, très cher et très lourd « Nymphéas », sortis pour l’occasion avec des reproductions quasi grandeur nature de ces toiles mythiques.
Au moment de passer à la caisse, je hisse péniblement mon trésor sur le comptoir.
Lorsque la jeune femme qui me fait face a terminé de les empaqueter, je lui demande poliment:
- Je peux vous demander un renseignement?
- Oui, bien sûr!
- Vous louez des ânes?

Lorsque j’ai quitté la caisse tout le monde riait.
Et j’avais le coeur rempli d’un bonheur fin que je dois à un peintre qui nous a quittés en 1926…

Martine Bernier

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