Archive pour janvier, 2011

Les larcins les plus stupides

11 janvier, 2011

J’aime les histoires loufoques.
Lorsque l’on consulte les annales du « crime », dans la rubrique des faits divers, il n’y figure pas que des horreurs.
Certains bandits sont très peu doués, c’est le moins que l’on puisse dire.
Ce qui donne des situations plutôt inattendues.
Parmi elles, celle-ci m’amuse beaucoup.

C’était en Italie, en 1973.
Les deux malfrats avaient soigneusement préparé leur coup: voiture puissante, armes, repérages des lieux, tout avait été bien pensé.
Le 29 octobre, à Rome, ils ont coincé un fourgon de transport de fonds et ont menacé le chauffeur.
Comme prévu, tout s’est passé très vite, ils ont pris un sac et se sont enfuis, fonçant à travers la ville.
Le chauffeur a porté plainte.
On lui avait volé son casse-croûte.
Dans le sac se trouvaient en effet trois sandwichs, deux au jambon et un au parmesan…
C’est ballot.

Martine Bernier

Enfant sauvage: John aimé des singes

10 janvier, 2011

C’était en 1991.
Oui, c’est tout récent…
Des villageois habitant en Ouganda ont trouvé un petit garçon qui vivait au sein d’un groupe de singes.
Cet enfant ne leur était pas inconnu.
L’un des deux hommes reconnut le petit John Ssebunya, né en 1984.
Il s’était enfui trois ans plus tôt, lorsque son père avait disparu après avoir assassiné sa mère.
John, de retour au village, fut placé dans un orphelinat.
Des spécialistes venus étudier son cas sont convaincus qu’il a bel et bien vécu au milieu des singes.
Des expériences ont été menées.
Lorsqu’on laissait l’enfant seul avec de grands singes, il les abordait de manière typiquement simiesque, s’approchant en marchant de côté, paumes ouvertes.
Sa démarche était très particulière, et il retroussait largement les lèvres lorsqu’il souriait.
Lorsqu’il saluait les gens, il les serrait fortement dans ses bras, à la manière des singes.
Après quelques années passées dans l’orphelinat, John apprit à parler, à chanter et à jouer de la guitare.
Il chantait d’ailleurs si bien qu’il fut intégré à la chorale d’enfant Pearl of Africa, avec laquelle il fit une tournée en Grande-Bretagne en 1999.
La même année, il fut l’objet d’un documentaire de la BBC intitulé « Living Proof » (la Preuve Vivante).
John a lentement repris des attitudes humaines.
Avec le temps, il a expliqué que les singes étaient venus vers lui, lui avaient offert du manioc et des bananes et l’avaient accueillis comme l’un des leurs.
Cette race de singes, les vervets, sont d’ailleurs les seuls, semble-t-il, à accueillir aussi facilement parmi eux un nouveau venu n’étant pas de leur espèce.
N’ayant personne d’autre à aimer, John les a adoptés comme une famille d’accueil.
Belle leçon.

Martine Bernier

Janvier spécial ?

9 janvier, 2011

On le clame sur Facebook, on vous le dit dans des messages sms: ce mois de janvier 2011 est « très spécial ».
Pourquoi?
Parce qu’il a cinq lundis, cinq samedis et cinq dimanches en un seul mois.
Ce qui est amusant en soi, d’autant que, nous dit-on, cela n’arriverait que tous les 823 ans.
Ciel!
Les mieux informés précisent que ces mois merveilleux sont appelés « Les Sacs d’Argent ».
Là où cela se gâte, c’est que les message indiquent que vous devez faire passer l’information à huit « bonnes » personnes et que « l’argent apparaîtra selon le Feng Shui Chinois ».
J’aimerais savoir ce que le Fend Shui vient faire là-dedans, notez.
Quand vous essayez d’en savoir un peu plus vous ne découvrez… rien ou presque.

Ceci dit, si je peux me permettre, en octobre 2010, nous avons reçu exactement le même message, octobre étant aussi un mois ra-rri-ssi-me.
Et ce n’était pas il y a 823 ans.
Dans la même veine, vous pouvez aussi vous rendre au pied des arcs-en-ciel où vous trouverez un chaudron d’or.
Si, si, c’est connu.
En revanche, comme le relevait un internaute, vous passerez très clairement pour un doux hurluberlu.

Martine Bernier

« Un balcon sur la mer »

8 janvier, 2011

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Les critiques, me disait-on, n’étaient pas unanimes pour ce film dans lequel jouent Jean Dujardin et Marie-Josée Croze.
Seulement j’aime le travail toujours sensible de la réalisatrice, Nicole Garcia.
Nous avons donc été voir « Balcon sur la mer »… et nous sommes ressortis de la salle conscients d’avoir assisté à un film « à part ».
L’histoire, tous les amoureux de cinéma la connaissent déjà: un homme, marié, père de famille et bien dans sa vie, est remis en présence d’une jeune femme en laquelle il reconnaît son premier amour, lorsqu’il vivait en Algérie.
S’ensuit un véritable thriller sentimental, très bien mené, doté de plusieurs intrigues.
Jean Dujardin est excellent dans ce rôle qu’il s’est approprié avec une aisance sans débordements.
Marie-Josée Croze, de son côté, se glisse merveilleusement dans le rôle difficile et tout en nuance de la jeune femme complexe qui réapparaît tant d’années plus tard.
La distribution est complétée par des acteurs que l’on aime retrouver, comme Michel Aumont et Sandrine Kiberlain.
Quant à la réalisation, elle est menée avec finesse, et porte la griffe de Nicole Garcia, toujours aussi juste.
Une réalisatrice qui a l’intelligence de laisser ses acteurs s’exprimer, et une histoire à laquelle on croit.

Martine Bernier

Bichon havanais: Pomme garde-malade

7 janvier, 2011

Tous ceux qui ont à prendre un traitement plus ou moins lourd me comprendront: il arrive que les médicaments, par les effets secondaires qu’ils provoquent, deviennent plus nos ennemis plus que nos alliés.
Ce matin, erreur de dosage et hop, j’ai connu une fois encore la délicieuse expérience.
Pomme, qui, à  un an, profite d’une adolescence joyeuse et taquine, a aussitôt pensé que j’avais imaginé un nouveau jeu.
Mal fermée, la porte de la salle de bain n’a pas résisté longtemps à  ses assauts.
Elle est entrée et m’a trouvée assise à  même le sol, blanche comme une aspirine, en attente de retrouver suffisamment de pep pour me relever.

Chic.
Maîtresse par terre = partie de chatouilles, dans l’esprit pommesque.
Debout, les pattes de devant sur mon épaule, elle me poussait du bout du museau, tirait ma manche pour me faire bouger.
Voyant que je ne réagissais que par de faibles protestations, son comportement a changé.
Gémissement = danger, maîtresse cassée.
Elle s’est remise debout contre moi, me fixant dans les yeux à  m’en faire loucher, et a terminé son rapide examen par un grand coup de langue sur ma joue.

Cette marque d’amitié m’a donné le courage de me relever pour prendre le chemin de ma chambre.
Il était clair qu’il me faudrait un moment pour voir se dissiper les effets de la chose que je venais d’ingurgiter.
Ca va aller, courage…
Paix, calme, sérénité… zen…
C’était compter sans ma garde-malade.

Se coucher à  10 heures du matin est parfaitement anormal, dans sa petite tête de petit Mogwaï.
Il était donc urgent de me le faire remarquer.
Contournant le lit, elle a attrapé tout ce qui lui passait sous la dent: orteil, foulard, main, doigt, cheveux, tiraillant délicatement, juste assez pour me donner envie de l’échanger séance tenante contre un hamster.
Voyant que je ne réagissais pas comme elle le souhaitait, elle s’est dressée contre le lit et a recommencé à  me fixer intensément, une patte en l’air.
Brave petit chien, me disais-je… elle comprend tout…
Enfin presque tout…
Tandis que je méditais sur la compassion ressentie par ma boule de poils noirs, celle-ci, sans crier gare, a poussé un aboiement strident.
Elle venait de m’intimer l’ordre de me lever.

- Pomme, va te faire voir. File dans ton panier et laisse-moi agoniser en paix!

Quand Celui qui m’accompagne lui donne cet ordre, elle obéit dans la seconde.
Là , j’ai eu droit à  un regard dédaigneux en direction du panier en question, et à  un second aboiement plus fort encore que le premier.
J’ai caché mon visage dans l’oreiller en grognant.
Dix secondes plus tard, elle avait disparu.
Avais-je gagné la partie?
Non.
Deux voyages ont été nécessaires pour qu’elle apporte dans la chambre Monsieur Poulet décapité et une croquette.
Elle a commencé par déguster la croquette… qu’elle sait ne pas avoir le droit d’amener hors de la cuisine.
J’aurais juré qu’elle souriait ironiquement!
Puis elle a attrapé Monsieur Poulet et m’a offert un concert improvisé.
Mais qui est le sadique qui a glissé des sifflets dans les jouets pour chiens???

Comprenant qu’elle n’allait pas me laisser en paix, je me suis relevée en titubant et suis retournée dans mon bureau.
Après tout, elle est très jeune, a besoin de mouvements, d’exercice, d’attention, de…
Je n’étais pas arrivée au bout de ma réflexion qu’elle était nichée dans le panier qu’elle possède dans mon bureau, dormant comme un loir, les quatre pattes en l’air…

Martine Bernier

Le Grand-Père

6 janvier, 2011

Je n’ai pas eu la chance de connaître mes grands-pères.
Mes enfants n’ont pas connu les leurs, pas plus qu’ils n’ont connu leur grand-mère maternelle.
Je regrette profondément que cela n’ait pas été le cas: les grands-parents jouent, à mes yeux, un rôle clé dans l’équilibre, la transmission orale et l’apprentissage des enfants.
J’en ai d’ailleurs une preuve vivante à mes côtés.

Celui qui m’est cher a eu, lorsqu’il était enfant et adolescent, une relation privilégiée avec son grand-père maternel.
Ces deux-là n’avaient pas besoin de se parler beaucoup pour se comprendre.
Ils se ressemblaient.
Le plus âgé transmettait son savoir au petit garçon qui s’est imprégné de lui.
Il devait être particulier, ce Grand-Père à la personnalité marquante.
Chez lui, c’est la vie de la terre, le bon-sens et les valeurs fondamentales qui étaient enseignées, par l’exemple.
Simplement.
J’aurais aimé connaître celui qui a contribué à faire de lui l’homme qu’il est devenu.
Il a à ce point marqué son petit-fils qu’aujourd’hui encore, lorsqu’il parle de lui, ce dernier est ému.
Je le lis dans ses yeux.

Martine Bernier

Entre 3000 et 5000 oiseaux meurent dans le ciel de l’Arkansas

5 janvier, 2011

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C’est un fait divers difficilement explicable.
Beebe, ville de l’Arkansas a subi samedi dernier une pluie… d’oiseaux morts.
En se réveillant, le matin, les habitants ont retrouvé environ 3000 cadavres d’oiseaux (d’autres sites avancent le chiffre de 5000) sur un périmètre de 4 kilomètres carrés.
Des équipes de nettoyage nanties de combinaisons de protection et de masques à gaz, ont passé deux jours à retirer les carouges à épaulettes, espèce concernée par l’événement.
Mais l’hécatombe provoque la perplexité.
Pourquoi autant d’oiseaux sont-ils morts en même temps, en plein vol?
Feux d’artifice, poison, mauvais temps: toutes les solutions sont examinées.
Les scientifiques expliquent qu’il arrive que, lorsqu’ils perdent le sens de l’orientation, certains oiseaux plongent vers le sol et s’y écrasent.
Cette fois, il semblerait que le mauvais temps soit la cause du massacre.
Un expert en ornithologie estime que les oiseaux dormaient sans doute dans un arbre lorsqu’un violent orage les a aspirés dans les airs, les désorientant au passage et provoquant leur mort en raison de l’humidité et du froid.
Des autopsies sont effectuées sur les carcasses pour chercher une cause précise aux décès.
Car depuis les premières conclusions, la situation a évoluée.
En début de semaine, 500 autres oiseaux morts ont été retrouvés dans un Etat voisin.
Les chercheurs s’interrogent toujours, et se demandent si la peur des feux d’artifices environnants n’ont pas provoqué une panique chez les oiseaux suivis de vols massifs nocturnes.
Incapables de voir correctement dans la nuit, ils ont pu se heurter aux maisons et aux arbres.

J’imagine la consternation de la population en découvrant un tel spectacle…

Martine Bernier

Le vieil homme venu de nulle part

4 janvier, 2011

- Vous avez vu le torrent?

Comme la première fois où je l’ai rencontré, le monsieur âgé venu de je ne sais où s’est approché sans que je le remarque et m’a parlé sans préambule.
Le torrent, justement, je le regardais, en sortant Pomme ce matin sur la terre gelée.

- Oui…
- Il n’est pas bien haut pour la saison, mais bien fourni.

Il m’a regardée tandis que son vieux chien observait Pomme entamer une course autour de lui pour l’inciter à jouer.

- Petite mine, vous.
- Moi??

Ah non, pas petite mine!
Je me bagarre depuis des semaines pour remonter mes analyses et, pour la première fois depuis bien longtemps, j’arrive à les équilibrer depuis deux jours.
Alors non, pas petite mine!
C’est vexant!

- Non, ça va. Vous avez bien passé les fêtes?

Il hausse les épaules:
- Vous savez, à mon âge, les fêtes… On est déjà bien content de pouvoir se lever le matin sans avoir trop mal partout! Ca, c’est la fête!

Il lève le nez en l’air:
- Il fait trop froid pour neiger. Pourtant j’ai l’impression qu’il devrait tomber quelque chose. Peut-être deux ou trois flocons mais rien de plus.
- C’est la météo qui vous l’a soufflé?
- Non, mes rhumatismes. Et ils se trompent rarement!

Son regard retourne vers le torrent:
- J’ai vu votre mari, ces derniers jours. Il est bien. Un bel homme. Imposant.

Ahurie, je ne peux m’empêcher de le dévisager.
Je ne le connais pas.
Qui est-il?
Comment sait-il que Bruno est mon compagnon?
Ah oui… Pomme est toujours sur ses talons…

- Merci, j’ai tendance à penser la même chose. Ceci dit, nous ne sommes pas mariés.
- On va dire « pas encore ». Je vous ai vus ensemble. Ca ne va pas tarder.
- C’est encore vos rhumatismes qui le disent?
- Non, mon flair!

Il me regarde avec un petit sourire à la fois taquin et bienveillant.
Je réponds à son sourire.
Cet homme est un mystère.
Je ne l’ai vu que deux fois, j’ignore qui il est, il apparaît sans que je l’entende arriver, a des conversations décalées, semble au courant de tout, sait qui je suis et repart à chaque fois comme il est venu.
Du bout du pied, il écrase délicatement une touffe d’herbe:

- Bon, j’y vais. Et vous, soignez-vous.
- …?
- Je sais de quoi je parle. Les reins, c’est une cochonnerie.

Il s’est éloigné sans me dire au-revoir.
Comment sait-il????
En rentrant, je souriais toute seule.
J’aime assez ce curieux personnage énigmatique et pourtant tout simple, qui débarque toujours sans prévenir et semble tout deviner.

Trois heures plus tard, quelques flocons épars tombaient du ciel.

Martine Bernier

Mon beau-père et nous

3 janvier, 2011

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Robert de Niro, Dustin Hoffman, Ben Stiller et Barbra Streisand réunis sur la même affiche: il n’était pas possible de manquer le troisième volet de la saga, intitulé cette fois « Mon beau-père et nous ».
L’histoire est connue: deux familles, très différentes, mais, avouons-le, complètement siphonnées, sont réunies par l’union de leurs deux enfants.
Aujourd’hui, le jeune couple est largement adulte lui aussi, a deux enfants et a toujours à faire face à la forte personnalité de Jack Byrnes (de Niro), chef de famille un brin tyrannique.
Suite à un malaise cardiaque, il décide qu’il va falloir former celui qui prendra sa relève: son beau-fils, Greg Furniker.
Et l’apprentissage est rude…

Pourquoi snober une comédie légère et drôle comme savent si bien le faire les Américains?
Bien sûr, il a été dit que ce troisième opus est moins amusant que les précédents, voire agaçant.
Ce n’est pas ainsi que j’ai perçu le film.
Avec une telle brochette d’acteurs et un scénario archi classique mais amusant, le film est distrayant.
Seule condition pour l’apprécier: ne pas s’attendre à autre chose qu’à un film sans autre prétention que de faire rire.

Martine Bernier

Jack Johnson en ce début d’année…

2 janvier, 2011

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Nous venions de sortir du cinéma.
Il faisait froid.
Sur la route du retour, il gelait sur Evian, toujours très éclairée en ce lendemain de réveillon.
Nous avons décidé de faire une courte escale dans cette ville qui est devenue « notre » ville.
En quête d’un lieu où prendre une boisson chaude, nous nous sommes arrêtés au « Quai 17 Café » qui s’apprêtait à recevoir le petit Nouvel-An, lendemain de la veille.
Peu de boissons chaudes à l’horizon, mais l’accueil chaleureux des patrons et… une musique que j’adore.
Celle de Jack Johnson ancien excellent surfeur devenu musicien suite à un accident.
Naître à Hawaï, fils de l’un des pionniers du surf, cela prédestine.
Mais heurter les récifs de la tête au point d’en avoir presque perdu la vie lui a fait choisir une autre voie.
Sa musique rappelle celle que nous écoutions dans les années 60-70.
Beaucoup de ballades accompagnées à la guitare sèche, une voix dont on ne se lasse pas…
Je fonds devant « Better Together », « Constellations » et toutes celles qui les accompagnent.
L’album « In Between Dreams » est une petite merveille de simplicité et de justesse, une bulle paisible dans l’univers musical.

Nous aurions pu rester des heures dans cet endroit tout simple où la musique est bonne.
Des moments douceur, petites gouttes de bonheur dans cette rivière nouvelle et claire qui coule désormais dans ma vie.

Martine Bernier

http://www.youtube.com/watch?v=OPXU33iquDE

http://www.youtube.com/watch?v=BzsMu50iQNY

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