Archive pour août, 2011

Maxime

21 août, 2011

Il y a pas mal d’années de cela, lorsque ma vie était plus axée sur la musique que sur l’écriture, quelqu’un m’a demandé si je serais d’accord de donner des leçons de guitare à sa fille.
Je l’apprenais déjà à mes fils: j’ai accepté.
C’était des cours sans prétention.
Mais peu à peu, de plus en plus d’enfants ont voulu explorer ce monde en ma compagnie.
J’enseignais les rudiments de la guitare d’accompagnement, nous jouions, nous chantions, riions beaucoup, discutions, organisions de grande fête.
Au début, une dizaine de personnes participaient au repas canadien et assistaient au feu de camp et aux prestations des enfants, chaque été, juste avant la rentrée des classes.
Sur la fin, nous étions une bonne cinquantaine.
Le temps passait, je voyais grandir mes élèves…

Un jour, après avoir eu un contact chaleureux avec ses parents, j’ai vu arriver un petit garçon haut comme trois pommes dans mon salon.
C’était Maxime.
Maxou pour les intimes.
Il était tout frêle, avait une guitare presque plus grande que lui.
D’immenses yeux foncés bordés de grands cils, un sourire un peu timide.
Maxime était l’enfant que tous les parents aimeraient avoir: posé et pourtant spontané, joyeux, créatif, intéressant, bien élevé, capable de tenir des conversations passionnantes.
Très vite, je me suis attachée à lui.
Il est devenu l’un de mes préférés, nous avions une belle complicité.
J’aimais le voir arriver, avec son sourire, ses joies et ses soucis d’écolier.
Parfois, il m’expliquait qu’il n’avait pas beaucoup entraîné les morceaux que je lui donnais, parce que cela lui faisait mal aux doigts, ou parce qu’il n’en avait simplement pas envie.
Pas grave: il m’aurait dit qu’il avait mangé sa guitare que je le lui aurait pardonné.
Je crois qu’il aimait bien notre heure hebdomadaire.
Il sortait du commun, n’aimait pas forcément ce que les autres aimaient.
Je me souviens que son animal préféré, à l’époque, était le lamantin!
Il était sensible, inattendu, charmant.
Sa petite soeur, avec laquelle il s’entendait merveilleusement, était aussi jolie que lui, aussi attachante.

Lorsque j’ai quitté la région avec ma famille, j’ai eu beaucoup de peine en quittant ce petit bonhomme et certains de mes autres élèves.
Les années ont passé.

Ce matin, je réalise qu’une demande de contact assortie d’un message m’attend sur Facebook.
Vingt ans après, Maxime m’avait retrouvée.
Il m’a écrit un long message m’expliquant sa vie actuelle, riche et hors des frontières de la Suisse.
J’ai regardé ses photos.
Il est devenu un beau jeune homme fin, n’a perdu ni la flamme joyeuse qu’il avait dans le regard, ni ce sourire, ni ce charme qui le rend toujours infiniment sympathique.

Je lui ai répondu, bien sûr, ravie de le retrouver.
Et j’attends avec impatience le prochain message signé « Maxou ».

Martine Bernier

Henri Troyat… et moi

20 août, 2011

J’ai toujours beaucoup aimé les livres d’Henri Troyat.
Je l’ai découvert très tôt, et je n’ai plus cessé de le lire.
Son style, son imagination, sa façon très documentée de travailler, tout me plaisait.
Un jour, alors que je n’avais pas trente ans, j’ai été fascinée par l’un de ses personnages.
Il y a longtemps que je n’ai pas rouvert le livre, je ne me souviens plus du nom de cet homme au caractère étrange.

Toujours est-il que j’ai pris ma plus belle plume d’une main un peu tremblante, et que j’ai écrit à l’auteur en lui confiant le bonheur que j’avais à le lire et en lui demandant s’il s’était inspiré de quelqu’un pour créer ce personnage machiavélique.
Ne sachant où adresser ma lettre, j’ai indiqué « Monsieur Henri Troyat, Académie Française, Paris ».
Sachant pertinemment que je n’aurais sans doute pas de réponse.

Erreur.
Deux ou trois semaines plus tard, le facteur m’apportait une missive.
L’écriture était forte, l’encre très noire, le trait large et épais.
C’était lui.
Je l’ai su avant même de retourner l’enveloppe pour connaître le nom du destinataire.
Il avait pris la peine de me répondre…

Longuement, il me remerciait d’avoir pris le temps de lui écrire, m’expliquait que c’était toujours pour lui un plaisir d’avoir des réactions à ses livres, et entreprenait de me raconter comment était né le personnage en question.
Les oeuvres de ce grand monsieur de la littérature, j’en avais étudié à l’école, je les lisais, je les dévorais.
Et là, j’avais entre les mains une lettre de ce monument humain.
Cela m’a infiniment touchée.
Comme il me posait lui aussi des questions, j’ai été m’installer à mon bureau et j’ai répondu.
Quelques jours plus tard, une autre lettre m’arrivait.

Nous avons correspondu pendant quelques mois.
C’était un cadeau pour moi…
Puis le temps a passé, j’ai rêvé de le rencontrer, mais ma vie m’a entraînée dans de multiples aventures.
Lorsqu’est venu pour moi le temps de pouvoir solliciter un entretien en tant que journaliste, Henri Troyat était très âgé.
Il nous a quittés en 2007.
Un jour, je me suis retrouvée à Paris devant sa tombe.
Notre rendez-vous partiellement manqué s’est achevé là, au cimetière Montparnasse.

Martine Bernier

François Cevert

19 août, 2011

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Je ne connais rien à l’univers des sports motorisés.
Enfin presque…
Dans les années 70-80, alors que j’étais adolescente, j’étais passionnée par la course automobile.
Il faut dire que le circuit était fréquenté par des personnalités lumineuses.
Jacky Stewart, Ronnie Peterson, Jean-Pierre Beltoise, Clay Regazzoni…
Et puis… François Cevert.
Il était le dauphin de Jacky Stewart sur Tyrrell, beau-frère de Beltoise, très bon pilote.
Il était surtout d’une beauté à couper le souffle, jouait du piano, avait un charme fou.
Il était surnommé « Le Prince », c’est tout dire.
J’imagine qu’à l’époque, des milliers de femmes se sont intéressées à son sport uniquement dans l’espoir de l’entrevoir au départ ou sur les marches du podium.
Et puis…
Il est entré dans la légende le 6 octobre 1973 en se tuant dans un accident lors des essais qualificatifs pour le grand prix des Etats-Unis, sur le circuit de Watkins Glen.
Ca a été un choc immense.
En 1978, Ronnie Petterson est mort en course, lui aussi.
En 1980, Clay Regazzoni était victime d’un accident épouvantable qui l’a laissé handicapé.
J’ai arrêté de suivre les compétitions, écoeurée par le manque de sécurité des véhicules et des circuits, par ce sport qui tuait ou blessait ses héros.

Le temps a passé.

Mercredi, je suis allée faire un reportage chez une personne à Genève, pour un sujet qui n’avait initialement rien à voir avec les sports motorisés.
Dans la conversation, j’ai découvert qu’il avait fait de la moto de course à un haut niveau, qu’il avait été mécanicien sur voitures de compétition dans une autre vie.
Nous avons parlé, et je lui ai confié mon ignorance, sauf en ce qui concernait cette dizaine d’années précise qui a marqué mon tout jeune âge.
Et je lui ai parlé de François Cevert, inoubliable.
Et là…
Ce monsieur m’a emmenée dans un local ou une forme était cachée par une bâche, sur des tréteaux.
Il a ôté la bâche et je me suis trouvée devant… l’une des voitures marquées Elf, pilotées par François Cevert à l’époque.
Il l’avait rachetée et la retapait avec la ferme intention de lui donner une deuxième jeunesse et de lui permettre de rouler à nouveau.
J’ai été émue de voir l’habitacle si étroit, les réservoirs d’essence, l’absence de systèmes de sécurité.
J’ai caressé la carrosserie.

Quand j’ai pris congé, j’avais une foule de choses importantes dans la tête.
Mes rendez-vous, les articles à écrire…
Mais, dans un coin de ma mémoire, je garde ce moment rare et précieux.
Qui, pour quelques minutes, a rendu la vie à un homme fascinant.

Martine Bernier

Nouvelles d »Ecriplume

18 août, 2011

Depuis le début de l’été, la fréquentation d’Ecriplume a explosé.
Alors que j’étais ravie de noter 200 à 250 visiteurs quotidiens, j’ai vu les chiffres monter en flèche depuis quelques semaines pour se stabiliser, depuis une semaine environ entre 500 et plus de 1100 visites par jour.
Je ne m’explique pas ce phénomène.
Toujours est-il que, à ce rythme, le cap des 150 000 visiteurs sera franchi ce soir ou demain.

Ecriplume reste ce qu’il est depuis le début: ma caverne d’Ali Baba.
Je continue à y déposer mes humeurs, mes découvertes, et une partie de ce que je moissonne au cours de mes journées ou de mes nuits.
Je suis émerveillée de voir que d’autres que moi aiment se balader dans ce grenier!

Pour répondre aux questions qui me sont régulièrement posées, voici à nouveau quelques chiffres:
- Ecriplume, ouvert en mars 2009, arrive à ce jour à 1045 articles répartis dans 57 catégories et à 833 commentaires.

Chaque visiteur, dont moi-même, peut cliquer autant de fois qu’il le veut sur le site, mais une seule visite n’est prise en compte que toutes les deux heures.
Ce qui répond à ceux qui pourraient se demander si le nombre de visiteurs quotidiens n’est pas éventuellement dopé par mes soins!

Aujourd’hui, je m’interroge: devrais-je adopter une nouvelle présentation pour Ecriplume ou le laisser dans son écrin actuel?
Si vous souhaitez me donner votre avis, il sera le bienvenue!
En attendant, merci pour votre fidélité !

Martine Bernier

Dans les coulisses du blog, je reçois toujours très régulièrement du courrier, parmi lequel, encore et toujours, les lettres des Ombres.
Petit mot à leur intention: il serait préférable que vos descriptions des faits et gestes de celui et celle dont vous parlez dans vos courriers et le dégoût que vous leur portez restent dans votre cercle d’intimes.

Anti solitude

17 août, 2011

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Cela ressemble à un grand oreiller polochon ou a un bébé phoque tout mou, mais ce n’est ni l’un ni l’autre.
« Funktionide » est un robot émotionnel à la vocation de doudou, destiné à « réconforter les personnes isolées ».
C’est un designer allemand, Stefan Ulrich, qui en a eu l’idée et qui l’a conçu.
Ce distributeur de tendresse se laisse caresser, se déplace en douceur pour tenir compagnie à son propriétaire, dit-on.
D’ailleurs tout est douceur chez lui.
Il ne manquerait plus qu’il soit violent, tiens.
Cette énorme masse pseudo tendre et pseudo vivante est une présence pour les personnes seules.
Et le designer précise quand même que  » son but n’a jamais été de proposer ces robots comme solution immédiate au sentiment d’isolement dont sont victimes beaucoup de personnes, mais de s’interroger sur les moyens de lutter contre la solitude. »

L’air de rien, ce boudin remuant va-t-il nous apprendre à nous passer des autres humains?
Y a-t-il plus pathétique que de chercher des solutions robotiques pour consoler de la solitude?

Martine Bernier

Yul Brynner à Luzé

16 août, 2011

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Yul Brynner a fait rêver des générations de cinéphiles et se pâmer pas mal de femmes.
Son regard pénétrant, sa plastique irréprochable, son charisme, sa personnalité: il avait tout pour plaire.
Un voile de mystère entourait le personnage, notamment en ce qui concerne ses origines.
Il aimait brouiller les cartes, parlait plusieurs langues parmi lesquelles le français, s’est marié quatre fois.
Né Juli Borisovitch Bryner le 11 juillet 1920 à Vladivostok selon certains, ou le 7 juillet 1915 à l’île Sakhaline selon d’autres, en Russie, il était le fils d’un ingénieur suisse, et de la fille d’un médecin russe de confession juive, ayant également des origines bouriates.

Pur joyau hollywoodien, il aurait été normal qu’il termine sa vie en Amérique.
Mais non.
Très attaché à la France où il possédait notamment une propriété dans le Calvados, il y est décédé en 1985, et repose dans la terre du monastère de Bois-Aubry, non loin de Luzé, en Indre-et-Loire, un lieu qu’il n’a sans doute jamais fréquenté, pense-t-on.
Seul lien entre lui et ce monastère: ce dernier appartenait à l’époque à une communauté de confession orthodoxe, religion qu’a pratiqué Yul Brynner durant toute son existence.
Personne ne sait pourquoi ce lieu est devenu sa dernière demeure alors qu’il aurait dû être enterré dans la nécropole russe de Sainte-Feneviève-des-Bois, en région parisienne.
Il semblerait qu’une erreur administrative soit responsable de cette situation.

Rachetée par un Belge, la propriété ou ce qu’il en reste se visite sur rendez-vous et, paraît-il, vaut le détour.
L’Abbaye a 900 ans et vieillit mal.
Le nouveau propriétaire prévoit d’y réaliser des travaux importants, raison pour laquelle en a créé l’Association abbaye royale Saint-Michel- de Bois-Aubry.
Parmi les signataires dont le nom est célèbres, se trouve un certains Rock Brynner, l’un des cinq enfants de l’illustre comédien…

Martine Bernier

http://www.abbayedeboisaubry.fr/

Un an

15 août, 2011

C’était il y a un an, jour pour jour.
Pour la première fois, Il a garé sa voiture devant chez moi.
La nuit tombait, il venait de faire deux heures de route pour me rencontrer.
A cette heure-là, il devenait difficile de trouver un restaurant acceptant encore des clients.
Nous avons décidé d’aller à Evian, et nous nous sommes attablés sur une terrasse, face au lac.
Quelques minutes plus tard commençait le feu d’artifice.

Je pensais que ces festivités étaient liées à la date du 15 août, fête de l’Assomption de Marie.
Et je trouvais étonnant qu’un feu d’artifice soit consacré à l’événement.
Ce n’est qu’il y a quelques jours, en cherchant à en savoir davantage que j’ai appris que le 15 août marquait, en fait, le jour de la libération d’Evian par les Résistants, première ville de Haute Savoie à voir les Allemands poser les armes.

Quand j’y pense… le symbolisme est frappant.
Pour moi aussi, le 15 août marque, depuis, le jour de la Libération.

Ce premier soir, lorsque la portière de la voiture s’est ouverte, j’ai vu apparaître un géant barbu, au physique et au look de baroudeur.
En m’approchant, j’ai surtout vu son regard.
Un regard limpide.
Il y avait une telle bonté dans ses yeux…

Il n’est plus jamais parti, si ce n’est pour retourner travailler.
Dans quelques semaines, Il déposera son paquetage pour de bon dans ce nid que nous avons choisi et installé ensemble.
Notre port d’attache.

Il m’a redonné le goût des choses, le goût des gens.

Je n’aimais pas l’été.
Mais Dieu que j’aime le 15 août!

Martine Bernier

Les lapins fugueurs

14 août, 2011

- Tiens, des lapins qui rentrent chez eux!

Nous habitons dans une rue charmante, arborée, où passe peu de circulation.
De là à trouver normale la phrase que venait de prononcer Celui qui m’accompagne en ouvrant la fenêtre, ce dimanche matin, il y a un pas.

- Viens voir! Je suis sérieux, il y a des lapins sur la route!

Convaincue d’être l’objet d’une farce, je me suis approchée sans me presser.
Et là… au bout de la route…

- Mais???? Ce sont des lapins!!!!
- Ah! Tu les vois?
- Oui, un noir et un beige!

De vrais beaux gros lapins d’élevage, détalant vers le ruisseau en batifolant sous les voitures et vers les jardins.
Pas de quoi en faire un texte, me direz-vous?
Si!
Parce que, honnêtement, vous êtes nombreux à pouvoir dire que vous avez vu des lapins se balader devant chez vous au réveil?
J’imagine que les fugueurs avaient dû profiter d’un moment d’inattention pour prendre la clé des champs.
Et j’ignore s’ils ont été rattrapés ou s’ils courent encore.
Avec la présence connue des renards… je ne sais pas si je dois vraiment leur souhaiter la liberté.
De mon côté, j’ai savouré le spectacle… et la chance d’habiter dans un tel endroit.

Martine Bernier

FX ou les errances de notre société

13 août, 2011

La nouvelle n’a pas franchement bouleversé le monde qui a bien d’autres chats à fouetter.
Et pourtant.
En début de semaine, un ancien candidat d’un jeu de télé-réalité s’est jeté sous les roues d’une voiture et a été tué dans l’accident.
Il s’appelait François-Xavier, dit FX.
Je ne regarde pas ces jeux, mais il m’est arrivé de visionner ou de lire certaines interviews des candidats dont les motivations m’échappent..
C’est ainsi que j’ai découvert ce jeune homme androgyne, d’à peine plus de vingt, black et fils de millionnaire.
J’avais été frappée par ce côté superficiel qu’il mettait en avant.
Puis, un peu plus tard, par la violence des questions qui lui étaient posées et par sa réaction.
Il était manifestement très déprimé, dépassé par ce qui lui arrivait, par les attaques dont il était l’objet, à tort ou à raison.
Les uns parlent de suicide, d’autres disent qu’il avait des projets et « voulait simplement avoir un accident pour attirer l’attention ».

Avoir un accident pour attirer l’attention…

Dans un cas comme dans l’autre, c’est incroyablement navrant.
Je suis très mal à l’aise face au discours de ceux qui désirent participer à ces émissions, et par l’analyse que font les spécialistes lorsqu’ils se penchent sur la question.
Il semblerait donc que le but de certains jeunes n’est plus de réussir et de se faire connaître en accomplissant quelque chose de créatif ou d’artistique dont ils peuvent être fiers et heureux, mais simplement de passer à la télévision pour être connu sans rien faire de probant.
Leurs interviews sont toutes quasi identiques.
Ils parlent d’argent, de notoriété, de jet set, de people, de Une de magasines torchons, de fans, de chirurgie esthétique, de mode, d’hypothétiques liaisons amoureuses, de publicité…
Puis ils disparaissent, engloutis dans les brumes de l’oubli.
Cela fait des années que ça dure.

Ceux qui s’interrogent sur la question expliquent qu’il faut revoir l’éducation des enfants, des adolescents, leur redonner le goût de l’effort.
C’est un fait.
Mais ne serait-il pas également logique de supprimer ces émissions où il n’est fait appel à aucun talent particulier?
Ne plus abreuver le jeune public avec des débilités quotidiennes, et ne plus lui proposer plus ce genre de miroir aux alouettes serait un grand pas.
Après tout, médias et télévisions ont une responsabilité au niveau de la qualité de ce qu’ils proposent.
Oui, je sais, je prêche dans le désert.

La même semaine, alors que FX perdait stupidement la vie quelque part près de Nantes, de jeunes soldats perdaient la leur en Afghanistan.
Des familles sont unies dans le même chagrin.
Et ces destins brisés, si différents, ce gâchis monumental, m’interpellent…

Martine Bernier

Fleur d’Asie chez Gianadda

12 août, 2011

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Cela faisait plusieurs mois que je disais à Jee, notre Fleur d’Asie, compagne de mon fils cadet, que nous irions un jour ensemble à la Fondation Gianadda.
Je lui avais parlé avec enthousiasme de l’exposition Monet qui est présentée en ce moment, et que j’ai visitée voici quelques semaines.
Hier, nous avons décidé que la matinée de ce vendredi serait consacrée à une halte à Martigny.
Pendant que nous irions entre filles à la redécouverte de la Fondation Gianadda, nos deux hommes et Pomme partiraient sur les traces des vestiges romains, Celui qui m’accompagne ayant déjà visité l’exposition avec moi.

J’étais curieuse de voir comment Jee allait appréhender l’Impressionnisme, allait réagir face à ces toiles qui proviennent d’une autre culture que la sienne.
D’emblée, j’ai compris qu’elle était dans son élément.
Je me suis contentée de lui donner deux ou trois clés pour mieux saisir le génie de Monet, et nous sommes parties ensemble dans ce monde magique.
La voir s’enthousiasmer devant ces tableaux qui me ravissent m’a procuré un plaisir immense.
Nous avons ensuite été voir la remarquable collection d’estampes japonaises de l’artiste, puis, dépaysement complet, nous avons fait une incursion dans l’exposition permanente de voitures anciennes qui complète le musée.
Elle ne s’y attendait pas, riait de ce qu’elle voyait, des détails insolites de certaines voitures.

La visite au jardin des sculptures a été tout aussi émouvante.
Il faudrait des journées entières pour expliquer chacune de ces oeuvres, chacun de ces artistes.
Nous n’avions pas ce temps devant nous.
J’ai donc fait un rapide résumé englobant Rodin, les statues chantantes de Chillida, l’originalité de César, la gaieté de Niki de St Phalle, le talent de sculpteur de Renoir, la légèreté de la mosaïque de Chagall dans la fontaine duquel Jee a tenu a lancer une pièce porte-bonheur…
Nous approchions de la sortie où nous avions donné rendez-vous à nos hommes quand nous avons décidé de retourner sur nos pas pour qu’elle puisse choisir quelques cartes postales.
Impossible de trouver la reproduction de chacune des toiles qu’elle venait d’admirer.
J’ai donc couru lui chercher le catalogue de l’exposition que je lui ai offert avec une promesse: il est le premier d’une longue collection.
Car elle et moi avons bien l’intention de revenir ensemble au moins une fois par saison, pour chaque exposition.

Le reste de la journée, nous l’avons passé tous ensemble.
Un repas improvisé par Celui qui m’accompagne, qui a ensuite ouvert un album photos de sa vie militaire.
C’était la meilleure façon pour lui de les inviter dans son passé… une incursion émouvante qui leur a permis de découvrir que je vis avec un Chevalier de l’Ordre National du Mérite!
Rien que cela…
Il n’en parle jamais, mais sa vie a été riche.
Et ce n’est pas fini!

Une balade à Evian, des glaces et quelques thés plus tard, nous nous quittions.
Avec, pour moi, le bonheur d’avoir participé à une étape de plus dans la vie de Jee.
La confrontation de deux univers culturels différents, unis par une sensibilité identique.
Que ce soit ici où à l’autre bout du monde, la beauté touche de la même façon.

Martine Bernier

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