Archive pour la catégorie 'Animaux'

Bichon havanais: Pomme en « vacances »

31 décembre, 2010

C’est la troisième fois que Pomme et moi allons passer quelques jours chez Celui qui m’accompagne, à 2h30 de notre nid.
Cette fois, comme nous étions quatre à reprendre la route en même temps, dont deux nous quittaient en chemin pour rejoindre une autre destination, le départ a été un peu mouvementé.
Fatiguée, ma demoiselle Mogwaï s’est couchée dans son panier le plus confortable, installé à l’arrière de la voiture, et a profité du voyage en regardant passer les arbres et les maisons.
Le retour dans l’appartement qu’elle ne connaît pas très bien est toujours source de sentiments mitigés pour elle.
Tant que Celui qui m’accompagne y est, elle vâque à ses occupations sans trop s’éloigner de nous.
Dès qu’il quitte l’appartement, elle ne me quitte plus d’une semelle, ne joue plus, reste collée à moi quoi que je fasse.

Elle a surtout une ennemie jurée: la machine à laver.
En Suisse, comme la buanderie est au sous-sol, je n’y reste pas suffisamment longtemps pour qu’elle en ait peur.
Elle aime s’asseoir devant la vitre et regarder tourner le linge jusqu’à ce que je lui demande de remonter avec moi.
Ce matin donc, elle s’est installée devant la machine et a regardé pendant que je travaillais.
Elle est resté ainsi longtemps… longtemps….
Jusqu’à ce que la maudite se mette en mode essorage.

Un bichon havanais, Pomme en particulier, est un petit chien courageux.
Il n’a pour ainsi dire peur de rien s’il a bien été sociabilisé, ce qui est son cas.
Mais là, entendre la bête blanche hausser le ton ne lui a absolument pas plu.
Dans un premier temps, elle a filé comme un lapin, venant me chercher pour que j’aille constater la situation.
Je l’ai rassurée, lui ai montré qu’elle n’avait rien à craindre et suis repartie dans la pièce d’à-côté.
Pomme m’a suivie, s’est installée à côté de moi, louchant vers la porte et allant de temps en temps passer sa tête par l’entrebaîllement pour voir si tout se passait bien.
Décidément curieuse, elle a fini par retourner s’asseoir devant l’aquarium tournant pour continuer à profiter du spectacle.
Et… ce qui devait arriver est arrivé: l’essorage a recommencé.
Cette fois, la réaction de mon Mogwaï a été différente.
Elle a jappé, puis aboyé copieusement.
Je suis allée la rejoindre et je l’ai découverte bien campée sur ses pattes, haranguant la machine.
Le programme s’est arrêté pour passer à un mode plus doux.
Persuadée d’avoir eu le dernier mot et d’avoir fait taire le monstre, Pomme a poussé un dernier japement menaçant, m’a regardée fièrement, est passée devant moi et a quitté la pièce.

Ce chien est un cas.
J’aurais dû la photographier…
Sainte Pomme terrassant le dragon.

Martine Bernier

Les vaisseaux du coeur…. merveilleuse Benoîte Groult

27 décembre, 2010

J’aime énormément l’écriture et la personnalité de Benoîte Groult.
J’ai lu plusieurs de ses livres, mais, curieusement, l’un d’eux, pourtant très important dans sa bibliographie, m’avait échappé.
Jusqu’à la semaine passée, où l’un de mes amis m’a dit: « Tu devrais le lire, il est fait pour toi. Tu comprendras en le découvrant. Et puis, tu lui ressembles. »
Je l’ai acheté, et je me suis plongée dans ce récit autobiographique d’une femme vivant une passion amoureuse.
Elle l’a retrouvé tout au long de sa vie alors qu’ils avaient tous deux des attaches sentimentales chacun de leur côté.
Je ne veux pas parler de l’histoire.
Pour mille raisons.
Mais l’écriture… cette écriture…
Benoîte Groult, à chaque fois que je la lis ou que j’écoute l’une de ses interviews, me fascine.
Son intelligence, sa culture, sa façon si naturelle de toujours choisir le mot juste, cette personnalité si riche, passionnée, courageuse et pourtant si réfléchie…
Elle a tant vécu, a pris tant de risques, dans tous les domaines de sa vie, s’est engagée dans tellement de combats, qu’elle est devenue une icône pour les femmes d’aujourd’hui.

Les Vaisseaux du coeur m’ont bouleversée, interpellée.
Comme chacun de ses livres.

Martine Bernier

Bichon havanais: Pomme et les tortillons

17 décembre, 2010

Ne le répétez pas à Kim qui, à 4 ans, risquerait de s’en offusquer, mais, cette année, exceptionnellement, le Père Noël, qui est vraiment débordé, m’a demandé s’il pouvait déposer les cadeaux chez moi un peu en avance.
Je n’allais évidemment pas refuser.
Comme ils sont trop nombreux pour entrer dans un placard, Celui qui m’accompagne et moi les avons installés dans notre chambre, à même le sol, dans le plus grand secret.

Les premiers jours, Pomme n’a pas eu l’air de s’y intéresser.
Une ou deux fois, il m’a semblé entendre des bruits bizarres, la nuit, mais rien de bien inquiétant.
Jusqu’à hier soir.
Je venais de me coucher avec un bon bouquin, et elle avait fait de même dans son panier (sans bouquin: elle vient de finir les oeuvres complètes de Lao Tseu), la tête tournée vers les paquets colorés qu’elle regardait rêveusement.
Je l’ai vue se hisser, millimètre par millimètre, vers le cadeau le plus proche, en me lançant de petits regards en coin.
J’ai fait mine de ne rien remarquer…
Lorsqu’elle est arrivée au but, elle a pris délicatement entre ses dents l’un des tortillons de rubans décorant le paquet.
Ces tortillons, nous… pardon: le Père Noël et son lutin d’1,90 m (oui, il a bien grandi ces derniers mois) se sont appliqués à les réaliser dans les règles de l’art.
Je n’allais pas laisser ces oeuvres se faire massacrer!

- Pomme? Non!

Elle m’a regardée, a lâché le ruban instantanément, a posé sa tête sur ses pattes en poussant un soupir à fendre l’âme.

Dans la nuit, j’ai entendu le même cri très caractéristique du ruban torturé.

- Pomme! Non!

Re soupir suivi du silence.

Ce matin, vendredi, jour devenu joyeux dans ma vie: il signe le retour de Celui qui m’accompagne.
En faisant le lit, j’ai vu arriver Pomme, qui a commencé un manège hilarant.
Elle est venue me lécher la main en signe d’allégeance, puis est repartie vers la porte.
Au moment de quitter la chambre, en passant, l’air inncocent, je l’ai vue prendre le bout d’un ruban et l’entraîner avec elle en direction de la sortie.

- Pomme, enfin! Non!

Une patte en l’air, elle m’a regardée sans lâcher le tortillon.
Si elle avait pu parler, je pense que j’aurais eu droit à un discours sur cette empêcheuse de jouer en rond que je suis.
Pomme a du caractère.
Elle veut bien obéir, mais a besoin d’être bien sûre que c’est nécessaire.
Et là, elle ne comprenait pas où se situait la nécessité d’abandonner son nouveau jeu.

- Bon, j’ai compris. Viens!

Je suis allée dans l’atelier du Père Noël, ai pris un long ruban, l’ai lissé pour le transformer en immense tortillon et le lui ai donné.
Ravie, elle a galopé un bon moment avec ce jouet improvisé, le lançant, le rattrapant au vol, s’emmêlant les pattes en jappant.
Puis, soudain, elle a disparu.
Mon intuition était juste: je l’ai retrouvée dans la chambre.
Assise devant les paquets, elle n’essayait pas de les toucher.
Elle les regardait, simplement, son tortillon dans la bouche.

Et vous me demandez pourquoi ce chien me fait fondre?

Martine Bernier

Et si vous rencontriez un ours? ou « Won-Tolla, on ne rit pas! »

3 décembre, 2010

Lorsque j’étais adolescente, j’ai été scoute.
Enfin guide, disait-on pour les filles.
Quand nous partions en camp, nous apprenions une foule de choses très utiles pour notre vie future: le morse (qui n’existe plus aujourd’hui), comment se repérer à la boussole, faire cuire de petites saucisses au feu de bois, faire un noeud, creuser des tranchées autour d’une tente pour ne pas y périr noyés au cas où…
Et survivre face à un ours.
C’est bien connu: sous nos latitude, les ours pullulent.

Un soir donc, autour du feu de camp, l’un de nos chefs nous a expliqué le bon comportement à adopter en cas de rencontre inopportune.
Il avait potassé le sujet.
Certains regards inquiets se posaient sur les arbres de la proche forêt.
Tout le monde était très attentif… sauf moi qui ai eu un très (trop?) large sourire dès le titre de l’exposé.
Un ours en plein Bruxelles ou même dans la campagne ardennaise où nous nous trouvions… il y avait relativement peu de risque.
Mais visiblement, j’étais la seule à trouver étrange que nous ayons droit à une conférence sur un sujet aussi… heu… étrange.
Mauvais esprit, va!
Le « chef » a donc commencé sa dissertation dans un silence religieux, ponctué de temps en temps par un regard sévère en ma direction, accompagné d’un: « Won-Tolla, s’il te plaît, ne ris pas! »
Won-Tolla, c’était moi.

Aujourd’hui, soyons sérieux.
Après tout, cela peut vous servir un jour, sait-on jamais.
Je vous livre donc les très sages conseils du chef, enrichis de mes propres commentaires.

Si vous vous retrouvez face à un ours, restez calme, et donnez-lui l’impression que vos intentions ne sont pas hostiles.
A choix, souriez-lui amicalement, offrez-lui de la verroterie, sortez le calumet, demandez-lui des nouvelles de la famille, offrez-lui un bon cadeau pour un tour en pédalo sur le Léman ou deux places de concert pour le prochain passage de Ben l’Oncle Soul.

Si vous aviez envie de prendre vos jambes à votre cou, oubliez l’idée.
Ne courez jamais: un ours est capable de galoper à plus de 50 km/h.
Vous pas.
Même s’il n’est pas agressif, le vôtre risque d’avoir un réflexe de poursuite devant votre fuite.
S’il n’est pas conscient de votre présence, filez discrètement.
Si possible sans siffloter.
S’il est conscient de votre présence, reculez à pas lents en lui parlant calmement.
Comment cela, vous ne savez pas quoi dire à un ours??
Entretenez-le du cours de la Bourse, de la chance qu’il a de vivre dans une aussi belle région, du dernier bouquin que vous avez lu, ou demandez-lui l’adresse de son coiffeur!
S’il s’approche, ne partez pas comme une fusée, et ne laissez pas tomber votre sac à dos si vous en avez un.
Car, nous disait le chef: « il pourra vous protéger en cas d’attaque ».
Oui, je parle bien de votre ridicule petit sac à dos dans lequel vous pouvez à peine glisser une banane, une petite bouteille d’eau et un paquet de mouchoirs en papier.

Bref: restez harnaché et attendez la fin dignement. (Won-Tolla, ne ris pas!!!)

Si votre interlocuteur se dresse sur ses pattes arrières, ne vous évanouissez pas, il paraît qu’il cherche à vous identifier et que c’est plutôt bon signe.
Ne perdez pas espoir s’il fonce sur vous: le chef a dit que certains ours bluffent et s’arrêtent à deux mètres de vous avant de changer de direction.
Les coquinous, va!
Si vous avez l’intention de grimper à un arbre, identifiez d’abord l’ours avec lequel vous frayez.
Retournez-vous, dites-lui: stop, et regardez-le bien.
S’il s’agit d’un ours noir ou d’un grizzly (si, si, c’est fréquent ici!), il est inutile de vous fatiguer à escalader: ils grimperont mieux et plus vite que vous.

Enfin, si l’ours vous touche physiquement, roulez-vous en boule pour protéger votre ventre et votre cou, et faites-le mort.
Sauf en cas d’adversaire ours noir qui, lui, le futé, n’est absolument pas dupe et vous traitera comme un ballon de rugby (d’où l’importance de l’identification de la ligne précédente).
Comment fait-on le mort?
Je ne sais pas, moi… laissez pendouiller la langue, et ne bougez plus, peut-être?
Si l’attaque se poursuit, changez de tactique et défendez-vous sans plus tarder!
Souffletez, griffez, frappez, mordez, faites-lui une prise de judo…
Après tout, on a sa dignité!
Ils n’auront pas l’Alsace et la Lorraine! (Won-Tolla, zut, enfin!!!!)

Lorsque notre chef a terminé son exposé, il a conclu par ses mots:
« Je vous remercie pour votre attention. Et je précise que ce sont des recommandations, mais absolument sans garantie. »
Je me suis écroulée de rire…. et me suis retrouvée pour deux jours de « corvée patates » pour tout le camp.
Pas grave, cela en valait la peine!
Je n’ai jamais oublié ce grand et hilarant moment d’anthologie.

Martine Bernier

PS: Ayant raconté l’histoire à « mon ours », il a clos le chapitre en ajoutant un ultime conseil: « ne pars jamais en forêt et n’aborde jamais un ours sans un pot de miel. De préférence du miel de sapin du Jura. C’est leur préféré. »
Le chauvin, va.
Mais là au moins, c’est du vécu!

L’inconnu dans la maison

2 décembre, 2010

Depuis qu’elle a fêté son anniversaire, Pomme, ma « bichonne havanaise » désormais adolescente arbore un caractère plus affirmé.
Lorsqu’elle veut quelque chose, elle peut insister inlassablement, va provoquer Celui qui m’accompagne pour l’obliger à  jouer avec elle, file s’asseoir devant « l’armoire à  nonosses » dans l’espoir de recevoir ce qu’elle attend, me tire par la main lorsqu’elle veut sortir …
Bref, elle existe et aime que cela se sache.
Le soir, depuis que les grands froids sont arrivés, elle redevient petite chose délicate, se couche dans son panier en emportant son mouton qu’elle garde toute la nuit entre ses pattes ou sous sa tête.
Le spectacle est si attendrissant que je ne me lasse pas de la regarder.

Seul défaut, qui n’en est pas un si l’on considère que, même très civilisée, elle reste un chien: il lui arrive d’aboyer.
Si quelqu’un passe dans SON pré, elle fonce à  la fenêtre et traduit sa désapprobation par quelques aboiements vigoureux.
Je mets donc mon veto, ce qu’elle ne comprend pas toujours, mais qu’elle respecte en ravalant ses cris et en me jetant des regards pleins de reproches.
Pensez-vous: je modère sa liberté d’expression!

Ce matin donc, elle s’est sentie profondément vexée lorsque je lui ai ordonné de se taire alors qu’une ombre passait sur son territoire aux aurores.
Je lui ai fait un laïus parfaitement inutile sur le droit au sommeil des personnes de la maisonnée, et j’ai commencé à  travailler.
Lorsque soudain, une voix de chien a résonné dans la maison.
Un aboiement constant…
Il n’était pas huit heures.
Pomme m’a regardée étonnée.
Comme si elle attendait que j’aille faire taire son collègue, elle est venue poser ses pattes de devant sur moi, me fixant de son regard si profond.
Je sais que l’une de mes voisines a pris en pension le petit chien de sa fille pour une semaine.
Sans doute était-ce lui qui manifestait.
Cela a duré longtemps, très longtemps.
Des temps d’arrêt puis la reprise des cris.
Sans doute devait-il rester seul.

Le regard de Pomme semblait m’interroger.
Et je me suis posé la question:
Se demandait-elle pourquoi je ne faisais rien pour faire taire l’inconnu dans la maison, ou comprenait-elle le sens des aboiements qu’elle entendait ?

Martine Bernier

Bichon havanais: Pomme et la neige

26 novembre, 2010

Hier soir, alors que nous nous parlions sur Skype, Celui qui m’accompagne a regardé par la fenêtre et m’a dit: « Oh! Il neige à gros flocons!! »
J’ai regardé chez moi, un peu crispée: rien.
Ouf.
Un peu de répit avant le véritable hiver.

Et bien non.
Ce matin, la première balade de la journée a été pour Pomme un ravissement.
Pour moi un peu moins.
La route et les prés étaient recouverts de poudre blanche.
Mon bichon havanais ne se souvenait probablement plus de la neige qu’elle a connue dans ses premiers mois.
Elle a posé délicatement la patte sur ce tapis froid, y a enfoui sa truffe, puis m’a regardée, l’air de dire: « Tu as vu?! »

Comme elle a réalisé que je ne réagissais pas comme je le fais lorsqu’il peut y avoir un danger à l’horizon, elle a pris son élan et a bondi.
Les chiens aiment la neige, Pomme ne fait pas exception.
Après avoir couru des semaines après les feuilles tourbillonnants dans le vent, la voilà transformée en Roald Amundsen.
Chassant au passage les corneilles qui s’aventurent à fouler SON terrain de jeu.
Mon exploratrice du Grand Nord a exploité toutes les ressources de ce nouveau jouet avant d’accepter de rentrer, transformée en boule de neige.

Une heure plus tard, le poil bien séché et l’humeur câline, elle s’adonne à son jeu de rôles préféré.
A ses heures, Pomme se prend pour un chat.
Voyant que j’écrivais sans lui prêter attention, assise à côté de moi, elle a poussé un petit gémissement.
Je me suis tournée vers elle, ce qui a immanquablement provoqué le scénario désormais habituel.
Elle a sauté sur mes genoux, s’est installée, les pattes posées délicatement sur mon clavier, puis sur mes mains pendant que je tapais.
Ce jeu l’amuse énormément, convaincue qu’elle est que je ne pratique cette activité que dans le seul but de la distraire.
Ensuite, l’air de rien, elle a escaladé le bureau, et s’est étendue de tout son long devant le clavier.
Comme un chat le ferait.
Elle sait que je ne résiste pas et qu’elle a droit à dix minutes de tendresse pure avant de retourner à ses jouets.

Ce chien est vraiment celui dont je rêvais…

Martine Bernier

Bichon havanais: Pomme et l’absence

25 novembre, 2010

Lorsque Celui qui m’accompagne me quitte après le week-end, Pomme, mon bichon le vit très mal.
L’adorable Mogwaï redevient Gremlins pour deux jours pleins, voire trois, comme cette semaine.
C’est le temps qu’il lui faut pour retrouver sa sérénité.

Tout commence lorsque le réveil sonne à 3 heures du matin.
Là, elle sait que le mauvais moment est arrivé.
Elle assiste à son départ et, comme moi, vient écraser son nez contre la vitre pour lui dire au-revoir une dernière fois.
Les heures qui suivent sont toujours les mêmes.
Fatiguée, elle traîne sa mélancolie dans l’appartement durant quelques heures, puis commence à me faire comprendre que je dois jouer auprès d’elle mon rôle et celui de l’homme avec lequel elle a une relation si particulière.
Seulement voilà…
Remplacer un géant de près de deux mètres à l’énergie inépuisable et aux réactions masculines… j’en suis incapable.
Leurs galopades, leurs chamailleries, leurs aboiements (oui, j’ai bien dit « leurs »!), leurs balades au cours desquelles il la laisse évoluer librement, les « tortures » qu’il lui fait subir et qui semblent la faire rire aux éclats, font partie de leur monde.
Avec moi, le dialogue est différent.
Il lui faut donc du temps pour retrouver le rythme, pour se laisser aller à notre relation tendresse-douceur.
Si ces jours s’écoulaient sans autre réaction que les énormes soupirs qu’elle pousse lorsqu’elle se sent mal, ce serait supportable.
Mais non.
Elle régresse, fait toutes les bêtises que l’on tolère d’un chiot mais certainement plus d’une Pomme adolescente d’un an.
Lorsqu’elle voit que je suis fâchée, elle file se blottir dans son panier, le museau enfouit entre ses pattes étendues devant elle.
Comme ce fut le cas ce matin.

- Flûte, Pomme! File dans ton panier, je ne veux plus te voir! Et laisse-moi travailler!

Cinq minutes plus tard, une ombre noire se faufile près de moi.
Elle se dresse sur ses pattes de derrière, pose sa patte avant sur mon bras, gratte doucement ma manche.
Je la regarde.
Dès qu’elle réussit à capter mon regard, elle ne le lâche plus.
Elle garde sa patte en l’air et me scrute.
Je la caresse, soutient moi aussi ce regard foncé qui semble inquiet, sourit de son air sérieux et concentré:

- Toi, vraiment… Je sais bien que tu t’ennuies de Lui. Moi aussi. Mais ce n’est pas une raison pour m’empoisonner la vie…

La réconciliation scellée, elle file joyeusement chercher un jouet et me l’apporte.
La vie reprend.
Jusqu’à demain, vendredi, où je sais qu’un autre scénario va se répéter.
Une bonne heure avant que n’arrive Celui qui m’accompagne, elle va foncer à la fenêtre, renifler, tourner dans tous les coins, attendre devant la porte, retourner à la fenêtre…
Comme si elle percevait le moment où il passe la frontière.

Quand je pense que certains appellent les animaux « des bêtes »…

Martine Bernier

Homme – chien et le retour de Pomme

23 octobre, 2010

Non mais franchement…
Dans le registre des choses parfaitement inutiles, ce concours fait très fort.
Il s’agit d’un homme qui n’a rien trouvé de mieux que de défier son chien pour savoir lequel d’entre eux mange le plus vite.

Quatre tests ont été préparés.
Les deux protagonistes se sont mesurés en commençant par des pâtes à la bolognaise, puis des carottes, des bonbons, et de la pâté pour chien.
Bilan de l’opération: le chien a gagné.

Ridicule, oui.
Les histoires de chiens pullulent sur Internet.
Comme celle de Jesse, Jack Russel terrier, véritable majordome.

Ce chien sait tout faire: ranger les couverts dans le lave-vaiselle, descendre la poubelle, fermer les placards, les tiroirs ou encore aider à défaire des lacets de chaussures.

Soupir.

Aujourd’hui, après une semaine de séparation, j’ai retrouvé Pomme, mon bichon havanais.
Elle ne sait pas accomplir de tâche domestique, machouille ses croquettes tranquillement, sans se presser.
Pas de don exceptionnel à l’horizon.
Mais quand nous nous sommes retrouvées, une véritable tendresse de part et d’autre.
Le chien idéal.

Martine Bernier

Les chevaux amateurs de Twingo

23 septembre, 2010

Il arrive, lors de certains reportages, que l’on ait des surprises pour le moins inattendues.
Mercredi, le binôme que je forme avec Eric à la photo et moi à la plume avait rendez-vous en pleine montagne, à l’autre bout de la Suisse romande, non loin de la frontière française.
Sachant que je ne suis pas encore très vaillante, la personne qui nous recevait nous avait proposé de monter en voiture et de la laisser dans un pré.
Dans la conversation qui a suivi, alors qu’Eric commençait ses photos, mon interlocutrice m’a expliqué qu’en temps normal, les passants ne pouvaient venir qu’à pied en été.
Et que ceux qui, exceptionnellement, prenaient leur voiture, le faisaient « à leurs risques et péril ».
Je n’ai pas très bien compris ce qu’elle voulait dire, mais j’ai commencé l’interview, dehors, sous les derniers rayons de ce soleil d’automne.
Au bout d’une petite demi-heure, nous avons été interrompues par le compagnon de la maîtresse des lieux, qui est arrivé en courant alors qu’il s’apprêtait à quitter les lieux.

- Vite!! Les chevaux sont là!!!

Sa compagne m’a regardée et a réagi:

- Les chevaux? Houlà!! Il faut retirer votre voiture en vitesse!
- C’est Eric qui a les clés. Il y a un souci?
- C’est-à-dire que si vous la laissez là, ils vont la manger.
- La manger??? Ils sont autovores?
- Il n’aiment pas les voitures, alors ils les mangent.
- Ah bon?

Un peu sceptique, j’ai prévenu Eric qui est allé chercher sa Twingo pour la mettre à l’abri.
Peu après, je l’ai interrogé:
- Ils ont vraiment mangé la voiture?
- Disons que je suis arrivé à temps: ils entamaient l’essuie-glace arrière!

Lorsque l’interview a été terminée, nous avons repris la voiture.
Il y avait les traces de grands coups de langue sur la vitre.
Nous devions traverser un pâturage et…. les chevaux étaient toujours là.
J’ai enfin pu les voir.
Une quinzaine de magnifiques « Franches-Montagnes »
Rien n’est plus beau que de voir des chevaux en liberté.
Ils ont du caractère et cela se voit.
Leurs réactions sont très proches de celles des humains…
Nous avons quitté le pré au pas.

Ce jeudi, nous sommes retournés dans la même région, mais un peu plus bas, pour une seconde interview.
Anita, qui nous recevait au Mont des Cerfs, a le regard aussi bleu qu’un lac de montagne.
Elle a le coeur sur la main et réalise les croûtes au fromage les plus savoureuses qu’il m’ait été donné de goûter.
Dans la conversation, elle m’a expliqué qu’elle aime tellement les chevaux qu’elle en a une quinzaine chez elle, qu’elle lâche dans certains prés du coin.
Eric et moi nous nous sommes regardés.

- Les chevaux qui se trouvent sur la montagne voisine… ce sont les vôtres??
- Oui!!! Pourquoi?
- Ils n’ont pas du tout aimé la voiture d’Eric: nous sommes arrivés juste avant qu’ils ne commencent à la manger.

Anita m’a regardée, un petit sourire au fond des yeux:
- Ah non, c’est le contraire.
- Le contraire?
- Oui, ils les aiment tellement qu’ils ne peuvent s’empêcher de les croquer. Ils en raffolent!

Ah oui, vu comme ça…
Moralité, si vous voulez faire plaisir à un cheval de Franches-Montagnes, offrez-lui une Twingo en dessert.

Martine Bernier

Les stupéfiants rhinos autrichiens

21 septembre, 2010

Oui, je sais, je ne devrais pas, mais cela m’a fait sourire.

Nous apprenions la semaine dernière que l’un des gardiens du zoo de Hellbrun, en Autriche, s’est fait licencier.
Le pauvre.
Pourquoi cette sanction?
Parce qu’il n’avait rien trouvé de mieux que de faire pousser du cannabis dans l’enclos des rhinocéros, qu’il était le seul à  fréquenter.
Il est vrai que l’on va rarement prendre le thé chez les rhinos.
Donc, l’homme pouvait s’adonner en paix à  sa passion du jardinage.
Trente plants de marijuana, cultivés en toute quiétude.
Employé depuis de longues années au zoo, l’homme de 59 ans a été dénoncé à  la police par l’un de ses clients.
Les rhinocéros, eux, n’ont rien dit.
C’est très discret, un rhino.
Le gardien a donc été renvoyé, et les plants arrachés.

Les rhinos sont nettement moins rigolos, maintenant.
C’est dommage…
Je me suis toujours demandé: lorsqu’un rhinocéros consomme du cannabis, voit-il des éléphants roses?

Oui, oui, je sais, dis-je, je ne devrais pas rire.

Martine Bernier

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