Archive pour la catégorie 'Histoire'

Anne Parillaud et la Marquise

9 février, 2011

Ce soir, la télévision française diffusera un téléfilm sur l’un des personnages féminins les plus sulfureux ayant vécu au 17e siècle: la Marquise de Brinvilliers.
On dit d’elle qu’elle était belle, pleine de charme, que son enfance fut marquée par des épreuves très lourdes (orpheline de mère très jeune, sous le joug d’un père qui ne lui a pas laissé vivre sa foi comme elle le souhaitait, victime de viols répétés de la part de ses frères…) qui ont fait d’elle un monstre.
De sa vie, on a retenu les meurtres qu’elle a perpétrés en utilisant l’arsenic, poisson indécelable alors nouvellement découvert, les excès, le vice et la débauche qui ont jalonné son existence.
Une existence qui a fini sur l’échafaud.

Le téléfilm est à voir pour le sujet, bien sûr, sachant que le personnage nous plonge dans une époque historique passionnante, mais aussi pour l’interprète de la Marquise.
C’est Anne Parillaud, qui, avec son intelligence, sa sensibilité et sa culture, se glissera dans les atours de la Brinvilliers, femme qui la fascine au point que c’est elle qui a monté le projet de ce film.

Je ne regarde la télévision qu’une ou deux fois par mois, lorsque j’ai enregistré une émission particulière.
Il peut donc semblé bizarre que je me réjouisse de l’événement.
Pour le personnage et pour l’actrice, je regarderai.

Martine Bernier

Les coquilles célèbres

3 février, 2011

On reproche souvent aux journaux et aux magazines les « coquilles » en tout genre.
Il suffit parfois d’inverser une lettre pour que le sens de toute une phrase soit totalement contrarié.
Certains exemples sont très connus…

- Jérôme Bonaparte, frère de Napoléon, était déjà atteint par la maladie qui allait l’emporter lorsque La Patrie » titra: « Une légère amélioration s’est manifestée dans l’état du prince. »
Le souci… ce fut le titre du lendemain: « Le vieux persiste. »
On imagine la consternation au journal qui, le lendemain, faisait paraître un rectificatif: « Le mieux persiste ».
L’histoire raconte que le compositeur responsable a été licencié.

- Dans un missel de son diocèse imprimé par un libraire de Dijon figuraient des indications sur les gestes du curé qui officiait.
Et là, l’horreur… un « u » a remplacé le « a » d’origine.
Pas grave, direz-vous?
Oh que si…
Surtout lorsque la phrase parue dit ceci: « Ici, le prêtre ôte sa culotte »…

- On dit que la guerre entre Alexandre Ier, empereur de Russie et Napoléon avait été en partie déclenchée, en 1812, par la suppression de trois lettres d’un mot.
Le Journal de l’Empire avait imprimé cette phrase: « L’un des empereurs dominera l’Europe »
Alors que le rédacteur avait écrit: non pas l’un mais l’union des empereurs…

- Monsieur Lorilleux a dû se faire taquiner longtemps après qu’une annonce soit sortie pour promouvoir ses usines d’encre.
Je ne pense pas qu’il avait prévu le texte diffusé: « Ces excellents produits sortent des urines de M. Lorilleux… »

- Même le dictionnaire n’est pas à l’abri des coquilles.
Dans un ouvrage mis en vente, on pouvait lire la définition suivante: « Ampithéâtre n.m.: Enceinte circulaire garnie de gredins. »

- L’humaniste Erasme a souffert lui aussi d’une erreur énorme.
Il avait dédié son ouvrage Vidua christiana (La Veuve chrétienne) à Marie, reine de Hongrie et soeur de Charles Quint.
Et il avait écrit, à son sujet: Mente illa usam eam semper fuisse, quae talem fminam decerte.
Traduction: « Elle fit toujours usage de l’esprit comme il convenait à une telle femme ».
A l’impression, malheureusement, Mente illa est devenu Mentula.
Ce qui donnait: « Elle fit toujours usage du pénis… »
Un peu gênant… d’autant que, avant que l’erreur ne fut décelée, 1000 exemplaires avaient été distribués…

Martine Bernier

Cinq-Mars et son royal penchant

26 janvier, 2011

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Il est dans l’Histoire des personnages qui m’intriguent.
Le jeune marquis Cinq-Mars (1620-1642)en fait partie, lui au sujet duquel ont été écrites tellement de choses erronées.
Fils du maréchal d’Effiat, Henri Coiffier de Ruzé d’Effiat, marquis de Cinq-Mars, était beau, dit-on.
Page, puis cadet de la garde de Richelieu, il avait le profil idéal, selon le cardinal, pour devenir l’ami de coeur du roi Louis XIII.
L’influence des favorites comme Marie de Hautefort et Louise Angèle de la Fayette, un peu trop proche du parti espagnol à son goût, inquiète alors le cardinal qui préférerait voir l’un de ses fidèles servir de confident au Roi.

Des affinités, il n’en existe pas, au départ, entre le roi et le cadet.
Le monarque ne le remarque même pas lorsqu’il intègre sa compagnie de gardes.
Quant à Cinq-Mars, malgré l’insistance de ses parents, il commence pas refuser de faire partie de cette garde royale qui ne l’attire pas.
Il n’était pas amoureux fou du roi, contrairement à ce qui a été écrit.
Libertin, aimant le luxe et l’indépendance, il n’a pas envie d’accepter la charge de grand maître de la garde-robe du Roy que lui propose Richelieu en 1637.
Il a du caractère: être contraint de se retrouver constamment en présence d’un souverain connu pour être taiseux et maussade, jaloux et nettement plus âgé que lui ne l’enchante pas.
Mais Louis XIII, de son côté, ne cesse d’entendre des compliments sur le jeune homme, serinés par des courtisans eux-mêmes télécommandés par Richelieu.
Il commence donc à se pencher sur son cas.
Personne ne sait si le roi avait des tendances homosexuelles, d’autant qu’il était toujours éperdument amoureux de Marie de Hautefort.
Mais son intérêt pour le petit marquis finit par convaincre celui-ci: il accepte la charge de grand maître en 1638.
Contrairement à ce qui a été souvent écrit, leur relation ne fut pas idyllique.
La nuit, Cinq-Mars se réfugiait auprès de sa maîtresse, la courtisane Marion de Lorme.
Vers midi, fatigué, il prenait son service auprès du roi qui ne supportait pas sa somnolence, sa frivolité, son insolence, ses goûts pour le luxe et son mépris de la religion.
Fatigué par cette double-vie, le jeune marquis demande à être relevé de ses fonctions, contre l’avis de Richelieu qui l’encourage à tenir bon et à torpiller l’influence de Marie.
Cinq-Mars réalise alors quel pouvoir il a sur le monarque.
L’avenir lui donne raison, dans un premier temps.
Marie est exilée en novembre 1638 et le joli marquis devient Grand Ecuyer du roi.
Cela signera le commencement de sa fin.
Sûr de lui, se sentant délié de ses obligations envers Richelieu, il exige de le remplacer.
Le roi, dit-on hésite un instant à l’idée de troquer son ministre un peu trop dirigiste contre son protégé.
Mais Cinq-Mars complote avec les Espagnols, ce que découvre le cardinal et Louis.

Aujourd’hui, nous regardons le marquis figé dans le passé comme étant un « ancien ».
En fait, Cinq-Mars n’a jamais eu le temps d’être vieux.
Le 12 septembre 1642, il fut mené à l’échafaud pour y être décapité à l’âge de 22 ans.
22 ans…
Il n’a pas dû vraiment comprendre ce qui lui arrivait.
Un gamin sans doute arrogant, véritable gravure de mode, dit-on, qui en voulait trop, trop vite, sans rien respecter…. et sans réaliser qu’agir ainsi le mettrait en danger.

Martine Bernier

de Gaulle et Roosevelt: esprit et anecdote

20 janvier, 2011

Il était imposant, mais chacun sait que le Général de Gaulle avait beaucoup d’esprit.
Aujourd’hui encore, ses bons mots sont répétés.
Certains, parmi eux, me font toujours sourire…

Voici quelques exemples juste pour le plaisir.

En 1942, une dame appartenant à la communauté français en exil en Angleterre lui demanda:
« Général, comment va notre pauvre sol de France? »
Sa réponse:
« Pas trop mal, madame. Vous verrez, il nous enterrera tous. »

C’est lui aussi qui a prononcé cette phrase marquante:
« La guerre, c’est comme la chasse. Sauf qu’à la guerre, les lapins tirent. »

Président des Etats-Unis de 1901 à 1909 Théodore Roosevelt, a également été Prix Nobel de la Paix.
Sur lui circule une anecdote sidérante…
Le 6 septembre 1901, sont prédécesseur, William MacKinley, meurt sous les balles d’un anarchiste.
C’est donc son vice-président Théodore Roosevelt, qui, conformément à la Constitution, lui succède.
Il a à l’époque 42 ans.
Un jour, il doit évacuer un hôtel en feu.
Si l’incendie est rapidement circonscrit, les occupant sont évacués sur le trottoir par mesure de sécurité.
Rossevelt, agacé, force un petit barrage avec l’intention de regagner sa chambre.
Un policier l’arrête:
- Qui êtes-vous, Monsieur?
- Je suis le vice-président.
- Parfait, entrez.
Il escalade l’escalier, accompagné par un employé qui a assisté à la conversation.
Mais, alors que Roosevelt s’apprête à entrer dans sa chambre, l’homme l’en empêche:
- Mais? Vous êtes président de quoi??
- Des Etats-Unis.
- Désolé, Monsieur, retournez immédiatement dehors. Je pensais que vous étiez le vice-président de l’hôtel. »

Nous sommes peu de choses…

Martine Bernier

Références: « Les petites histoires de la grande Histoire », Daniel Lacotte, Albin Michel.

Robert Redford va sourire… Billy The Kid pourrait être gracié

19 décembre, 2010

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Les Américains ne sont décidément pas banals.
Souvenez-vous de Billy The Kid, de son vrai nom Henry Mc Carty.
A 20 ans, il avait déjà tué 21 personnes.
Tout le monde le craignait… sauf le shériff Pat Garett, qui l’a abattu en 1881.

Près de 130 ans après, un politicien, Bill Richardson, fasciné par le personnage, a expliqué qu’il se penchant actuellement « sur la possibilité de faire gracier Billy à titre posthume par le gouverneur actuel du Nouveau-Mexique.
Pourquoi?
Parce qu’une promesse a un jour été faite au tueur pour Lew Wallace, gouverneur de l’époque, d’être gracié en échange de son témoignage dans un procès pour meurtre.
Promesse non tenue.

Si sa demande est agréée, Le Kid redeviendra un homme libre.

L’anecdote m’a fait penser à Robert Redford.
Qu’il avait interprété à l’écran le personnage de Billy The Kid dans un film mythique, tout le monde le sait.
Que, passionné lui aussi par le personnage, il était parti, à cheval, avec quelques compagnons, sur les traces des grands bandits de l’époque, acceptant de relater son aventure dans un livre*, c’est moins connu.
Cet ouvrage et le fameux « Jeremiah Johnson » ont contribué à amorcer chez moi l’attachement que j’ai toujours aujourd’hui pour le personnage Redford, bien éloigné de l’unique image d’acteur beau gosse dans laquelle il a été enfermé.
Bref… je serais curieuse de savoir ce qu’il doit penser s’il a appris le « cadeau » que l’on compte faire à ce Billy qui a contribué à sa notoriété…

Martine Bernier

* « Sur la piste des hors-la-loi », Robert Redford, Photographies de Jonathan Blair, Librairie des Champs-Elysées. 1976.

Les faux rois: John Davis Murray, roi de Christmas (3)

12 décembre, 2010

L’histoire de John Davis Murray ressemble un peu à celle de Carl Haffke.
Né vers 1870, il a suivi des étude d’ingénieur mécanicien.
En 1891, fort de son diplôme de l’universite de Purdue, il a été engagé par la société britannique Phosphate Minind and Shipping.
Direction l’île Christmas, au sud-ouest de Java.
L’entreprise l’y envoyait pour superviser les mines de phosphates.
Sur le terrain, la grande majorité des mineurs étaient des autochtones.
Après de longues concertations, ils en vinrent à la conclusion que, pour obtenir de bons résultats avec leurs mines, il serait judicieux de proclamer ce bon John roi de l’île.
Le jeune homme se trouva donc bombardé monarque, disposant des pleins pouvoirs exécutifs et judiciaires.
Mais là encore, Cupidon s’en est mêlé…
Lors de vacances à Londres, en 1910, il fit la connaissance d’une jeune femme qu’il décida d’épouser.
La perspective de devenir reine d’une île lointaine loin des siens ne séduisit pas la mariée.
John prit donc le parti d’abdiquer et de renoncer à son trône.

Si vous encouragez vos enfants à devenir ingénieur en leur disant que le métier mène à tout, parlez-leur de l’histoire de John…

Martine Bernier

Les faux rois: Carl Haffke, roi des Ilocanos (2)

7 décembre, 2010

Immigrant allemand employé comme télégraphiste par la société Western Union à Omaha, au Nebraska, Carl Haffke a eu un destin ahurissant.
Sa date de naissance n’a pas été retrouvée.
A peine sait-on qu’il a dû mourir vers 1900.
Lorsqu’il était jeune homme, lassé de son emploi, il s’est engagé dans la marine, ce qui lui valut de servir durant la guerre hispano-américaine et de se retrouver aux Philippines.
Ses connaissances lui ont permis de trouver un travail de sténographe au tribunal.
C’est dans ce cadre qu’il fit la connaissances de plusieurs chefs de la tribu des Ilicanos.
Leurs relations devaient être plus que cordiales, si l’on en juge par ce qui est arrivé par la suite…
Une terrible épidémie de choléra a ravagé la famille royale dans son entièreté.
Pas un membre n’a survécu.
Carl, qui ne s’attendait sans doute pas du tout à un tel honneur, s’est alors vu proposer la Couronne par les chefs de tribu.

Qu’a fait le candidat malgré lui?
Il a réfléchi, réfléchi… et accepté sous certaines conditions.
D’accord, il voulait bien devenir roi, mais pas bénévolement.
Il s’est fait remettre une somme d’argent, payable à son arrivée, a exigé 5% des bénéfices de la tribu, des serviteurs etc.
Une fois la royale couronne posée sur sa précieuse tête, Carl a pris son rôle très au sérieux.
Il s’est engagé à assumer sa fonction avec loyauté, à acheter des machines agricoles et à enseigner à son peuple les techniques de l’agriculture moderne.

Un an après être monté sur le trône, un élément nouveau est malheureusement venu entraver le cours des choses.
Le roi Carl a été pris du mal du pays.
Il décida donc d’aller passer quelques vacances à Omaha, pris congé de ses sujets et s’en alla.
Sur place, le destin a eu envie de jouer avec lui en remettant sur sa route l’un de ses amours de jeunesse.
Lorsque la période des vacances fut passée, il proposa à la jeune femme de l’accompagner aux Philippines.
Comme celle-ci ne semblait pas spécialement attirée par cette destination exotique, il se retrouva devant un choix crucial…
La décision fut-elle difficile à prendre?
Personne ne le sait.
Toujours est-il que Carl Haffke, roi des Ilocanos préféra abdiquer pour rester auprès de sa belle.
De la suite de sa vie, on ne sait que deux choses: il exerça le droit au Nebraska.
Et ne fut plus jamais appelé Majesté…

Martine Bernier

Les faux rois: Patrick Watkins, roi des Galapagos (1)

4 décembre, 2010

Je suis fascinée par les hommes qui, citoyens parfaitement ordinaires, jouèrent au roi dans leur vie.
Voici, pour commencer cette série, la courte histoire de Patrick Watkins, roi des Galapagos.

On ne sait pas trop en quelle année est né Patrick Watkins, mais on sait que ce marin irlandais est mort en 1810.
Un jour, ce grand rouquin quitta son baleinier britannique et opta pour la solitude des îles Galapagos, au large de l’Equateur.
Se croyant à l’abri de tout, il se déclara roi des lieux, estimant que l’archipel lui appartenait dans son entièreté.
Le côté sympathique le représente cultivant des pommes de terre et des potirons qu’il vendait aux navires faisant escale dans les îles.
Le côté nettement moins sympathique l’a poussé à réduire en esclavage quelques marins un peu trop confiants.

Un bon roi n’est rien sans une reine.
Patrick alla donc à Paita pour se choisir une royale compagne, sur le littoral péruvien.
Manque de chance: la police locale, qui avait entendu parler de lui, le découvrit, caché à bord d’un bateau, et l’emprisonna.
Patrick Watkins, l’éphémère roi des Galapagos, mourut en prison.

Martine Bernier

Bibliographie (utilisé pour cet article et ceux de la série des faux rois): « Droles de listes, de David Walleschinsky et Amy Wallace, Editions de Noyelles

Poligny et ses mystères

13 novembre, 2010

C’est une petit ville du Jura français, dont je n’aurais pas spécialement soupçonné l’existence si elle n’avait pas de l’importance pour Celui qui m’accompagne.
Ce matin, il m’a guidée à travers la bourgade, me faisant découvrir un nombre étonnant de choses inattendues.
Trop pour tout décrire.
L’une d’elles m’a sidérée.
Le patrimoine de la ville est essentiellement composé de tours, et d’édifices religieux réaffectés à d’autres destins.
Parmi eux, l’église des Jacobins.

Au départ, rien de plus normal: la construction est décidée en 1241 et l’édifice est ensuite donné à la congrégation des Dominicains,  aussi appelés les Jacobins, installés  à l’époque dans la région.
Pendant plus de cinq siècles, ils vont y vivre, jusqu’à ce qu’ils soient contraints de quitter les lieux à la Révolution française.
Tous leurs biens seront vendus et l’église servira de local à une usine de fabrication de poudre à canon jusqu’en 1812.
Insolite, déjà…
Mais ce n’est pas tout.
Depuis 1907, elle a droit à une troisième vocation qui est toujours la sienne aujourd’hui.
La coopérative des vignerons de Poligny, devenue par la suite la  Fruitière vinicole Arbois, y est  installée depuis cette époque.
Et il est tout à fait inattendu de voir les foudres et les barriques installés sous les voûtes de cette église d’un pur gothique, dans la nef, dans les travées.
Il faut reconnaître que la température y est idéale…

Plus loin, dans la ville, nous poussons une porte et sommes accueillis par une religieuse qui nous propose de découvrir la chapelle où repose toujours la dépouille de Ste Colette, fondatrice de leur couvent.
Toujours ce sentiment de me retrouver hors du temps, hors de la réalité de la société et du monde lorsque je visite ce genre d’endroit.

Je n’ai pas fini de découvrir les secrets de Poligny où, soit dit en passant, a été retrouvé le premier Platéosaure de France.
Rien que cela.

Martine Bernier

 

 

Ignace de Loyola et le grand virage

5 septembre, 2010

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Chacun d’entre nous possède son propre Panthéon de personnalités que nous admirons ou qui nous intriguent.
Il y a deux jours, dans la conversation, mon compagnon m’a dit: « Tu ne connais pas Ignace de Loyola? »
Il paraissait surpris.
J’avoue humblement que les seules références liées au prénom d’Ignace évoquent pour moi une très vieille religieuse qui tenait le rôle de pion pendant nos heures d’études, à l’école, ou l’air angélique de Fernandel quand il jouait au benêt de service…

Donc, non, j’avoue, je ne connaissais pas vraiment ce monsieur.

Comme Il n’a pas pour habitude de s’extasier devant le premier venu, je me suis penchée sur le sujet durant ses heures de sommeil.
Je comprends que le début de la vie du personnage ait pu séduire un ancien militaire de carrière…
Né au Pays Basque espagnol le jour de Noël de 1491, cadet d’une famille de treize enfants (pensée compatissante au passage pour la maman…), celui qui fut baptisé Inigo arrivait dans le monde par la porte de la petite noblesse.
Orphelin de mère à 7 ans, il développe une belle relation avec son père et bénéficie d’une éducation sérieuse.
En 1506, il devient page de Cour, puis secrétaire, gentilhomme et vit durant dix ans au sein de la Cour d’Espagne, proche de la princesse Catalina, soeur de Charles-Quint.
En 1517, il entre dans l’armée et participe à des batailles mémorables. Mais une blessure, dont il gardera comme séquelles une jambe devenue plus courte que l’autre, lui interdit de réintégrer l’armée.

C’est là, à mon sens, que la vie d’Ignace devient étonnante.
Tandis qu’il est convalescent, il se distrait en lisant.
Et comme il ne trouve aucun livre de chevalerie à se mettre sous la dent, il se rabat sur les ouvrages religieux.
C’est pour lui une révélation.
Sa vie va prendre un virage à 180 degrés.
Dans ses rêves, il voit apparaître la Vierge mère, et se met à concevoir un rejet prononcé pour la vie qu’il a menée.
Le métier des armes, son attirance pour les femmes lui font désormais horreur: il veut devenir ermite.
Le brave homme.
Le nouveau but de sa vie devient la conversion des « infidèles » musulmans, en Terre Sainte, et il part de pèlerinage en pèlerinage.
Convertir plutôt que tuer ou faire prisonnier… son esprit de conquistador n’est pas calmé.
A Jérusalem, il se confesse, troque ses armes contre une robe de bure et retourne en Europe où il devient ermite ascétique.
Par la suite, il fera plusieurs voyages à travers le monde, mais l’intérêt de son existence est autre.

Pendant onze ans, il va étudier, la philosophie, la théologie, devient un érudit, adoré par les uns, controversé par d’autres.
Des étudiants le suivent, il enseigne par l’exemple une foi marquée par sa rigueur naturelle: il assume la discipline, la pauvreté et la chasteté… et crée la Première Compagnie de Jésus ou l’Ordre des Jésuites.
Il laissera de nombreux écrits qui ont accompagné ses descendants spirituels sur leur chemin.

Je ne suis pas sûre que la trajectoire d’Ignace de Loyola me séduise.
Les Jésuites ont fait de bonnes choses, et d’autres, moins bonnes.
Mais je comprends que l’on puisse être troublé par le changement de vie magistral qu’il a adopté.

S’il ne me trouble pas spécialement, Celui qui m’en a parlé, Lui, m’intrigue de plus en plus.

Quand je lui ai dit que je me suis documentée sur cet homme et que je ne comprenais pas vraiment pourquoi il l’admirait, il a souri et a plongé sur moi ce regard si particulier qui est le sien:
- Mais… qui t’a dit que je l’admirais?

Martine Bernier

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