Archive pour la catégorie 'Histoire'

Kennedy: quand Edward parle…

3 mars, 2010

Pendant cinq ans, le sénateur Edward Kennedy a travaillé sur la rédaction de ses mémoires.
Comme il l’écrit: « son décès ne cadrait pas avec ses plans ».
Pourtant, atteint d’une tumeur au cerveau, il est mort en 2009, année de la sortie de cette imposante biographie, très attendue.

L’histoire de la famille Kennedy, son destin tragique, me fascinent depuis toujours.
Ces assassinats, ces morts violentes, ces scandales… tant de douleur…

Edward était le cadet des neuf enfants Kennedy.
On l’appelait Teddy.
Difficile pour lui de trouver sa place, de faire ses preuves avec des frères héros de guerre ou héros politiques, tous dotés de caractères bien trempés.
Cette enfance hors normes, ses combats politiques, les drames qui ont jalonné sa vie, la mort de ses frères, de ses soeurs, de ses neveux, l’accident de Chapppaquiddick, les déchirures de sa vie privée…

Le sénateur Kenne0dy n’a rien mis de côté dans ce livre courageux.
Sans jamais sombrer dans l’apitoiement, il a raconté ce qu’il a ressenti, pudiquement, presque parfois avec froideur.
Face à certaines choses qu’il a faites, à certaines fautes qu’il a commises, il a eu le courage d’écrire nettement qu’il a mal agi, qu’il s’en est voulu.

Cette biographie de plus de 600 pages est un document.
Précieuse par la somme de renseignements qu’elle contient, mais aussi parce qu’elle est le témoignage du dernier membre des neuf frères et soeurs de cette génération de Kennedy.

Martine Bernier

« Mémoires », Edward M. Kennedy, Albin Michel

François Villon: le mystère de sa mort

21 février, 2010

Si vous faites partie de ceux que la poésie rebute sans jamais en avoir lu une ligne en dehors de la scolarité obligatoire, ou si vous pensez que les poètes sont des gens ennuyeux et fades… vous faites erreur!
Beaucoup d’entre eux étaient et sont encore des êtres de passion.
Parfois même des personnages ambigus, comme ce fut le cas pour François Villon, poète et fripouille du Moyen Age.

Né en 1431, il a été l’un des premiers à avoir marqué mon imaginaire avec sa fameuse « Ballade des pendus ».
Est-ce en raison de ce texte que beaucoup pensent qu’il est mort lui-même sur le gibet?
Sa fin est en fait plus mystérieuse que cela…

Orphelin très jeune, lui qui est né sous le nom de François de Montcorbier a été recueilli et adopté par Guillaume de Villon, dont il a pris le patronyme plus tard.
Grâce à celui qui fut son « plus que père », et qui estimait que rien n’était plus important que l’instruction, le jeune homme a intégré la faculté des Arts de Paris, et a décroché haut la main son diplôme de bachelier.
Il a poursuivi ses études jusqu’à atteindre le grade de licencié et maître ès arts, devenant par la même occasion l’un de ces clercs si enviés à l’époque.

Mais l’époque n’est pas paisible. Des heurts opposent les étudiants aux représentants de l’ordre.
A tel point que Charles VII va décider de suspendre les cours.
Funeste décision pour François qui va devenir ce que nous appellerions aujourd’hui un petit délinquant.
Pris par l’oisiveté et, sans doute, des fréquentations douteuses, il va tremper dans tout ce qui pouvait le distraire du quotidien.
Jusqu’au jour où, le 5 juin 1455, il blesse mortellement un prêtre au cours d’une rixe, et se retrouve contraint de quitter Paris.
En janvier suivant, le roi l’autorise à regagner la capitale, mais il est trop tard pour le jeune homme, définitivement encanaillé.
Dans la nuit de Noël 1456, il se joint à un groupe de « vilains » avec lesquels il commet un vol par effraction au Collège de Navarre.

Il ne lui reste que la fuite…
Sa cavale durera quatre ans durant lesquels il se rendra à Angers où il recommencera ses frasques, puis à Blois.
A Meung-sur-Loire, l’évêque d’Orléans le fait jeter en prison d’où Louis XI, de passage dans la ville, le fera délivrer.
Cela ne calme pas Villon pour autant.
De retour à Paris, il recommence la valse des délits, est incarcéré au Châtelet, subit le courroux de la faculté de théologie, rancunière depuis l’affaire du collège de Navarre.
Pourtant, une fois encore, il est relâché contre la promesse de restituer le butin.

La leçon ne lui suffit pas. Une nouvelle rixe éclate, au cours de laquelle il blesse un notaire pontifical.
Cette fois, le tribunal en a assez: il est condamné à être « pendu et étranglé ».

Et c’est là que court la légende: François Villon serait donc mort pendu sur le gibet de Montfaucon.

Hé non…
Le poète maudit a fait appel au Parlement qui a commué sa peine à dix ans de bannissement de Paris.
Il demandera un sursit de quelques jours, en profitera pour écrire une ballade et…. disparaîtra à jamais, sans laisser la moindre trace.
Les historiens pensent qu’il serait mort au cours d’une bagarre et que son corps aurait été jeté dans la Seine.

Cette graine de canaille n’était vraiment pas fréquentable, apparemment.
Et pourtant…
Il fut aussi un poète tragique, un homme brillant, doué.

Certains pensent que sa Ballade des Pendus aurait été écrite alors qu’il pensait qu’il passerait par la potence, à Paris…
Ce n’a pas été prouvé… mais il a laissé là l’un des textes les plus puissants qui nous sont venus du Moyen Age.
Toute son oeuvre est marquée par la peur qu’il ressentait face à la mort.
Ce qui ne l’a pas empêché de mener une vie qui l’y exposait plus que d’autres.
Il parlait de lui dans ses poèmes, chose qui ne se rencontrait pas ou peu dans les textes de l’époque.
Il se gaussait de l’amour courtois, mais s’est fendu pourtant d’une ‘Ballade à belle amie » qui s’inscrit dans cette pure tradition.

Poète ambigu, souvent sombre, homme de paradoxe, complexe et ne répugnant pas à jouer des poings, Villon est un mystère que je me représente noircissant des pages au coin d’une table de taverne avant de disparaître vers son destin…

Martine Bernier

Et ils perdirent la tête…

16 février, 2010

J’ai beau connaître par coeur l’histoire de la Révolution française, à chaque fois que je lis un ouvrage ou que je regarde un film ou une émission consacrés à Marie-Antoinette et à son royal époux, je ne peux m’empêcher d’espérer que quelque chose va venir les sauver à la dernière seconde.

Hier soir, France 5 proposait un film retraçant la dernière journée de la Reine, le 16 octobre 1793, à la Conciergerie où elle attend son bourreau. L’histoire revient sur la vie de celle qui devint la femme de Louis XVI, à 14 ans. Joli cadeau plein de fraîcheur pour celui qui était un dauphin qui ne semblait être ni bête ni mauvais bougre, mais qui fut un jeune homme empoté, et devint malheureusement un roi indécis et mal conseillé. Quant à elle, les mises en garde de sa mère, l’impératrice d’Autriche Marie-Thérèse, n’ont pas suffi à la faire réagir. Mais, aussi jeune, avait-elle les moyens de comprendre? Elle était, par son éducation et le cocon protecteur qui la protégeait, coupée d’une réalité dont elle n’avait même pas idée…

En regardant les fastes de la vie de cette jeune femme intelligente mais naïve et inconsciente de la souffrance de son peuple, en revoyant la fuite de la famille royale et la funeste arrestation à Varennes, les décisions aberrantes prises face à une population en colère, j’ai encore espéré qu’une prise de consciente permettrait au monarque de rétablir la situation.

Pauvre Louis… il était pourtant plein de bonnes intentions. Son règne a d’ailleurs été marqué par des réformes essentielles, comme, notamment, l’abolition de la torture et du servage. Mais il n’avait pas la carrure pour gérer les difficultés liées à sa charge. On le disait érudit, bonhomme… Il fut aussi incroyablement maladroit.

Un peuple qui souffre, qui a faim, peut devenir semblable à une meute de loups enragés.
La justice, sous la Révolution, a été implacable, sans pitié.
Cette période où tant de sang a coulé est très traumatisante lorsque, enfant, on l’étudie sur les bancs de l’école.
Elle le fut en tout cas pour moi.

L’attitude de cette Noblesse, qui a réussi à se faire haïr au point d’être quasi exterminée, se retrouve toujours aujourd’hui.
L’arrogance et le mépris affichés par certains se lavant les mains du malheur qu’ils peuvent semer derrière eux engendrent inévitablement des sentiments violents.

Les scénarios se répètent…
Jusqu’au jour où les brimés n’en peuvent plus et réagissent.
Si seulement l’Homme ressentait naturellement en lui le respect et la compassion de l’Autre…

Martine Bernier

Le Livre

9 janvier, 2010

Il y a trois ou quatre ans, dans le cadre d’une recherche que j’effectuais pour un travail que je n’ai d’ailleurs pas encore eu le temps de réaliser, je suis arrivée sur ebay où une enchère commençait. Elle concernait l’objet de mes convoitises: le quatrième tome, en édition originale, des voyages du Baron Tavernier, joaillier de Louix XIV.

Je ne voulais pas dépasser un certain budget. J’ai donc fixé un plafond à ne pas franchir, convaincue que je n’avais aucune chance, étant donné que j’avais déjà plusieurs fois vu partir le même article au cours des semaines précédentes, à des prix très élevés. La vente atteignait à chaque fois des sommes exorbitantes.
Deux minutes avant la fin de l’enchère, je ne croyais toujours pas avoir la moindre chance.
Et pourtant… j’ai remporté l’enchère.

Les jours suivants, j’ai guetté le facteur avec une impatience immense.
Lorsque le colis est arrivé, j’ai eu un grand moment d’émotion.
Le livre que je tenais entre les mains, date de 1713.
Il a été imprimé sous le règne du Roi Soleil, et écrit en vieux français.
Même si je possède le récit de ces voyages en édition récente, j’ai lu avec délices, dans le texte original, cette épopée en Perse, en Turquie et en Inde.
Un régal, d’autant que l’ouvrage est illustré d’estampes représentant les animaux et les étrangetés rencontrés… parmi lesquels « l’animal qui produit le musc » et qui, visiblement, à l’époque, ne portait pas encore de nom.

Le livre est à peine abîmé si l’on tient compte de son âge.
La reliure a résisté au temps…
Et chaque fois que je le prends, j’ai la même sensation.
Je pense à ces générations de lecteurs qui l’ont feuilleté.
Qui étaient-ils? Qui lisait, à cette époque lointaine?
C’est la première fois que je me pose autant de questions sur ses propriétaires que sur le livre lui-même…
Mais sur les environs 5000 bouquins qui partagent ma vie, ce volume est clairement celui auquel je tiens le plus.

Martine Bernier

Une ponctuation qui coûte cher

18 novembre, 2009

Aujourd’hui, on m’a dit la phrase suivante:  »A quoi bon utiliser la ponctuation? Ca ne sert à rien! »

Ah. Ca ne sert à rien. Vraiment?

- Un jour, la tsarine Marie Feodorovna a sauvé la vie d’un homme. Simplement en changeant de place une virgule insignifiante sur un décret signé par son mari Alexandre III. Il avait écrit: « Grâce impossible, envoyer en Sibérie ». Après l’intervention de Marie, le texte a donné:  »Grâce, impossible envoyer en Sibérie. »

- A cause d’une virgule mal placée, le gouvernement américain a perdu la bagatelle d’un million de dollars. Un texte de loi sur les tarifs douaniers, adopté en 1872 , indiquait, dans la liste des produits détaxés: fruit plants, tropical ans semitropical. Les importateurs ont estimé que ce texte exemptait de droits de douanes toutes les plantes tropicales et semi-tropicales, et ont eu gain de cause. Cette petite virgule de rien du tout a coûté une perte énorme au Trésor américain, jusqu’à ce que le texte soit rectifié, en 1874             

Pas important, la ponctuation, disiez-vous?

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Plus de de 12’200 visites sur écriplume depuis sa création, et sans la moindre publicité… c’est assez étonnant. Merci… Simplement merci.

J’ai reçu un très joli cadeau pour le passage de ce cap. Un message personnel écrit par un lecteur belge, qui figure depuis quelques temps parmi mes contacts facebook. Un message magnifique. Il y précise avoir été sur le blog cet après-midi, et avoir lu tous les textes. Miraculeusement, il a survécu!

Si parfois je me demande pourquoi j’écris, les messages de ce type, que vous avez la délicatesse de m’adresser, me remettent les idées en place. Oui, simplement merci.

Martine Bernier

 

La civilisation perdue…

25 octobre, 2009

 Teotihuacan veut dire « lieu où naissent les dieux ». Personne ne connaît le nom réel de cette cité, si ce n’est celui-ci, que lui donnèrent les Aztèques, six siècles plus tard, quand ils ont pénétré dans les lieux. Lorsqu’ils découvrirent les édifices présents, ils pensèrent que seuls des dieux avaient pu les construire. J’imagine ce qu’ils ont vu… Une ville d’autrefois, impressionnante, aux murs recouverts de peintures, et marquée des souvenirs d’un passé chargé. Une ville avec de vrais quartiers, sans doute réservés aux différentes ethnies.

L’expression artistique de Teotihuacan était puissante, comme en témoignent les sculptures colossales, les peintures murales, masques rituels, statuettes-offrandes, poignards en forme d’éclairs, bijoux et autres céramiques, soit 450 pièces exposées au Quai Branly, à Paris. Des objets provenant presque totalement des collections mexicaines, dont une grande partie n’a jamais été présentée en Europe.

Pendant sept siècles, elle a été la capitale  culturelle et artistique de la Mésoamérique. Aujourd’hui, les pyramides de la Lune et du Soleil et le Temple du Serpent à plumes de Teotihuacan se dressent toujours à près de 2300 mètres d’altitude.

Mais pour quelles raisons la cité a-t-elle connu un tel déclin? La ville a probablement été victime de sa violence. Certains avancent l’hypothèse de l’arrivée d’envahisseurs voisins.

Les sculptures sont là pour en témoigner: la mort est très présente dans la culture de Teotihuacan. Le dieu de la Mort à tête de squelette, nommé Huehueteotl est le symbole mêlé de la mort et celui du soleil. C’est à lui que furent sacrifiés de nombreux hommes. Leur culture était violente, les sacrifices humains ont été prouvés. Sous leur gouvernement militaire, les habitants de la cité donnaient des prisonniers en offrande. Et ces derniers étaient parfois des personnes de haut rang, comme en témoignent les statuettes et les riches parures qui ont été retrouvées dans leurs tombes, accompagnées d’ossements d’animaux.

Quel dieu adoraient ces hommes pour justifier d’une religion aussi cruelle? Ils étaient plusieurs, mais parmi eux se trouvait le fameux Serpent à plumes, Quetzalcoatl, qui trouve son origine dans la religion de Teotihuacan.

Cette civilisation, la plus grande de l’Amérique précolombienne, reste un mystère, comme le sont toujours les mégalithes de Carnac. Les artistes de la cité ont réalisé de nombreux masques en pierre recouverts de céramiques, trop lourds pour être portés. Les bibelots incrustés de coquillages et de pierres de couleurs témoignent d’un mordernisme ahurissant.

L’exposition durera jusqu’au 24 janvier 2010. Qu’est-ce que j’aimerais la voir et en connaître plus sur cette civilisation perdue…

Martine Bernier

www.quaibranly.fr

Et il m’apprit qui fut Jaurès…

8 septembre, 2009

J’ai toujours eu le sentiment que la culture que nous accumulons au fil de nos vies provient de diverses sources différentes. Il y a ce que nous apprenons lors de notre cursus scolaire, ce que nous étudions par passion ou par intérêt, et ce qui nous vient des différentes rencontres marquantes que nous pouvons faire au cours de notre existence. Si vous aimez un homme qui aime Napoléon, vous l’écouterez en parler, même si vous ne partagez pas son enthousiasme. Mais vous approfondissez le sujet, vous apprenez… et c’est finalement bien le but de l’opération.

Un jour où nous faisions le questionnaire de Proust, l’un de mes proches m’a dit qu’il admirait profondément Jean Jaurès. J’avoue humblement que, si je savais bien sûr qui était le personnage et si je connaissais deux ou trois grandes lignes de sa vie, ma connaissance en la matière était très minimaliste. Aussi ai-je regardé, lundi soir, le téléfilm que France 2 lui a consacré, avec le décidément excellent Philippe Torreton.
Puis, ce soir, j’ai pris mes livres et j’ai cherché à en savoir un peu plus.

La complexité du personnage m’a intriguée. Né dans une famille bourgeoise, agrégé de philosophie, professeur en faculté, c’était un intellectuel pur. Sa carrière politique a révélé sa dimension humaniste, courageuse, engagée, son éloquence. J’ai redécouvert ses combats en faveur de la classe ouvrière. Et je me suis rappelé  la phrase qui termine la chanson de Brel: « Pourquoi a-t-on tué Jaurès?… »

Oui, au fond, pourquoi? J’ai questionné celui qui l’admire, et il m’a expliqué les bases de l’histoire, que j’ai complétées par ma lecture.
Il militait contre le service militaire de trois ans, estimait que la guerre était aberrante sur le plan humain, mais aussi par le fait que, du point de vue socialiste, elle était une diversion du capitalisme international au détriment des citoyens les plus démunis.
Son attitude lui a valu l’hostilité des milieux patriotiques et modérés. Lui qui a lancé des appels de portée mondiale en faveur de la paix a reconnu, au fur et à mesure qu’évoluait la crise de 1914, que le gouvernement français souhaitait la même chose que lui.
Et puis, dans la soirée du 31 juillet 1914, il a été assassiné à Paris, au Café du Croissant, par un nationaliste, Raoul Villain, qui portait plutôt bien son nom.
Quelqu’un a écrit que lorsque l’on a tué Jaurès, il n’y a plus eu d’obstacle à la guerre.
Son meurtrier a dit avoir agi seul, sous aucune influence, pour « éliminer un ennemi de son pays ». Et le comble… c’est qu’il a été acquitté, alors que son procès se déroulait dans une ambiance fortement nationaliste, après avoir passé toute la durée de la guerre en prison, en attente de son procès.

Combien de grands hommes ont été assassinés par des êtres limités… Gâchis.

Martine Bernier

Enluminures à la Baule

2 juillet, 2009

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Je ne m’attendais pas à travailler ce matin, ou du moins pas à faire un reportage. Et pourtant…
En arrivant à l’espace culturel de la Chapelle Ste Anne, à la Baule (France – Loire-Atlantique), que je découvrais pour la première fois, en compagnie de mes voisins, j’ai été saisie d’entrée par le charme du sujet présenté: « Enluminures, un Art de Tradition ». Et je n’ai pas pu résister…

Cet art ancestral, que l’on retrouve déjà sur les papyrus de l’Egypte ancienne, est, dans notre culture, une formidable opportunité de découvrir l’imagerie médiévale.
Pour ses 25 ans, l’association Culture et Foi a décidé de mettre la barre très haut. Elle a parfaitement atteint son objectif.
Une partie de l’exposition propose des textes anciens réunis grâce à l’abbaye de Solesmes, aux archives départementales et diocésaines ou encore à l’abbaye de la Meilleraie de Bretagne.

Mais les organisateurs ne se sont pas contenté de montrer le passé. Ils ont voulu démontrer que l’enluminure est bel et bien un art vivant, en invitant des artistes de notre époque à exposer quelques-unes de leurs oeuvres.

Parmi ces derniers qui, tous, méritent que l’on s’y attarde, Claire Biteau-Guillemain a fait de sa passion son métier. Enlumineuse, elle donne des stages d’initiation, des cours, intervient dans les écoles, et accueille le public dans son atelier, au village des artisans du Puy du Fou.
La finesse de ses oeuvres, la précision extrême de chacun de ses motifs, l’harmonie des couleurs sont très révélatrices de la personnalité subtile de l’artiste.
Comme ses collègues, elle est totalement à contre-courant des tendances de notre société. A notre époque où le rendement et la compétitivité sont devenus les moteurs incontournables du monde du travail, redécouvrir un métier d’art issu du Moyen-Age est un bonheur. Ces créateurs ne comptent pas leurs heures, travaillent au rythme de la lumière, privilégient la beauté à la quantité…
En désignant l’un de ses tableaux, l’enlumineuse explique qu’elle y a consacré 80 heures de travail. 80 heures à peaufiner chaque détail, à soigner le moindre trait pour faire de ces miniatures de petits bijoux de minutie.

L’enluminure n’est pas un art périmé. Bien au contraire. « Il faut simplement l’adapter aux besoins actuels », analyse Claire Biteau-Guillemain.
La preuve? Sa clientèle est variée. Pour elle, elle crée des chartes de villes, des armoiries, des menus, des faire-part…

Cet art d’hier, revisité, est pourtant respecté pour ce qu’il est. L’artiste crée en utilisant les mêmes supports de parchemins réalisés à partir de peaux d’animaux, les mêmes pigments naturels, les mêmes techniques de liants. Pourquoi? « Parce que, de cette manière, on obtient une richesse et une qualité de couleurs que l’on ne trouve pas avec des colorants synthétiques ».
La feuille d’or fait elle aussi toujours partie intégrante de l’enluminure, apportant une note scintillante à un ensemble raffiné.
Le résultat est là…

L’exposition présente enfin des ouvrages exceptionnels. Ceux des éditions Moleiro, de réputation internationale, spécialisées dans la reproduction de codex, cartes, oeuvres d’art, sur parchemin, velin ou papyrus. Les livres réalisés par cette entreprise espagnole sont des trésors que chaque bibliophile rêverait d’installer sur ses étagères. Les découvrir à la Chapelle Ste Anne est une opportunité rare.

L’exposition est ouverte jusqu’au 14 juillet, tous les jours de 10h30 à 12h30 et de 15h00 à 19h30
Chaque jour ont lieu des ateliers et des conférences gratuits (15h pour les ateliers, 17h pour les exposés).

Notez la conférence de ce vendredi 3 juillet si le sujet vous intéresse: elle devrait vous combler. A 17h, Jean-Luc Leservoisier conservateur des fonds anciens des musées d’Avranches, proposera une conférence avec diapositives sur les manuscrits médiévaux du Mont Saint-Michel.

Si vous passez dans la région, allez voir cette exposition, vous serez impressionnés par sa qualité…

Martine Bernier

- Chapelle Ste Anne, Place Leclerc, La Baule
- Editions Moleiro: www.moleiro.com
- Claire Biteau-Guillemain: enlumine@wanadoo.fr
- Atelier du Caractère, Nantes: www.atelierducaractere.fr

Histoire de France expliquée à Martine, épisode 2, le débarquement de Normandie.

19 février, 2009

Alors là, gros morceau. J’ai toujours adoré cette période de l’histoire. Peut être parce que certain membres de ma famille l’ont vécue, soit, comme la grande majorité des français en spectateurs apeurés, soit, comme d’autres beaucoup plus rares, dans une résistance qui les a menés dans des camps qui n’étaient pas vraiment de vacances et dont ils sont revenus dans un état proche de la fin. Mais c’est une autre histoire…

Revenons au débarquement. Donc, dans nos voyages, nous nous sommes retrouvés du côté de Caen. Petit détour par Pegasus Bridge et par un petit café à l’entrée du Pont. On peut voir « Première maison libérée de France « . Une toute petite maison qu’il faut imaginer le soir du 5 juin 1944, dans un secteur archi protégé. Et d’un coup une nuée de planeurs arrivent, chargés de soldats dont la mission est de tenir le pont. Ces braves gens se retrouvent en quelques secondes propriétaires d’un monument historique !

J’expliquais tout ça à Martine, nous entrons dans la maison, toute petite, couverte de photos de lettres illustres. Malheureusement la fille du propriétaire de l’époque n’est pas là. Cette dame a une prestance qui dénote avec la modestie des lieux, et elle sait maintenir le souvenir de cet endroit.

Quelques kilomètres plus loin, un autre lieu qui a surpris Martine, Sainte Mère l’Eglise.
Au clocher de ce village, pendouille un mannequin habillé en parachutiste américain.

Keksekessa ? Me disent les yeux de Martine (elle ne dirait jamais une chose pareille).

Hé bien, au débarquement, les alliés ont envoyés des milliers de parachutistes en avant-poste. Là encore, à l’époque c’était un peu du sport. Ils sautaient de nuit dans une zone qui avait été préalablement inondée par les Allemands. Nombreux de ces malheureux périrent noyés sous le poids de leur matériel sans combattre.
Pour préparer le terrain, des éclaireurs sautaient en premier pour baliser les zones d’atterrissage. Avec le vent, l’eau et le reste, ce balisage a été plus qu’approximatif.
Ce soir là, manque de chance, un incendie éclate au centre ville de Sainte Mère, les braves parachutistes sont parachutés et prennent la lueur d e l’incendie pour la balise. L’un d’entre eux atterrie sur le clocher de l’église et va assister à cet événement pendu en se faisant tirer dessus. En souvenir de cela, ce mannequin a été placé là.

Nous continuons notre balade, bien sur il y a les plages, le plus curieux est de trouver des monuments dressés là souvent par des troupes du Génie, la copie de la statue d’une place de Londres ou d’autres choses.

En remontant le long du Cotentin, j’ai eu l’idée de l’emmener visiter la maison de Prévert. Je lui laisse le plaisir d’en parler, je commenterai ensuite. J’adore Prévert et je dois confier sans dévoiler le sujet que le cimetière m’a plus touché que la maison.

Alain

Le grand Blockhouse de l’Atlantique

14 février, 2009

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Au hasard de nos pérégrinations, lui et moi avons une constante: profiter de chaque lieu pour en apprendre un peu plus sur le passé, sur l’Histoire.
Cette fois, en rentrant vers Nantes, nous nous sommes arrêtés devant le Grand Blockhouse de l’Atlantique, pièce forte de la fameuse Poche de St Nazaire durant la 2e guerre mondiale.
Qu’est-ce que c’est? Un énorme bunker construit sur cinq niveaux, depuis lequel les Allemands tenaient leur position. Chaque niveau avait sa fonction, chaque homme avait sa tâche. Pour le camoufler aux yeux de leurs ennemis, les occupants ont peint des trompes-l’oeil de fenêtres et de portes sur les façades.
Aujourd’hui, le bâtiment de béton a été transformé en musée.
Et il possède une particularité qui peut intéresser autant les enfants que les adultes: des reconstitutions historiques mettant en scène des mannequins remarquablement réalisés. Aucun personnage ne ressemble à un autre, tous sont personnalisés, ce qui rend l’ensemble captivant. Dans les vitrines, des objets personnels des soldats complètent l’ensemble, ainsi que des panneaux relatant l’histoire des lieux.
C’est une visite intéressante, qui n’a rien d’ennuyeux, et vous offre, en prime, un petit « plus » non négligeable: en sortant de l’édifice, vous retrouvez le spectacle de la mer, à deux pas….
Seul détail à observer… si, comme Alain, vous êtes grands, n’oubliez pas de baisser la tête!

http://www.grand-blockhaus.com

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