Archive pour la catégorie 'Humeur'

Organe capricieux et cap des 15’000 pour Ecriplume

21 décembre, 2009

Un médecin que j’aimais beaucoup et qui s’est occupé de moi pendant plus de vingt ans m’a un jour dit: « Les organes, lorsque l’un d’eux commence à vous faire savoir qu’il existe, considérez que vous avez un problème. En principe il ne faudrait même pas les sentir. »

Il avait raison, j’ai pu largement expérimenter le bien-fondé de sa déclaration. Y compris aujourd’hui où l’un d’eux a décidé, depuis quelque temps, de se rappeler à mon bon souvenir. Vu les incertitudes que cet indélicat laisse planer sur moi, il se pourrait, dans le pire des cas, que je ne puisse avoir accès à Ecriplume dans les jours à venir, de manière un peu brutale. Ce qui ne serait que passager… d’autant que des textes ont été préparés à l’avance et que, si un ordinateur passe par là, il me suffira de deux clics de souris pour mettre ces articles en ligne.

Ecriplume, justement, a franchi la barre des 15’000 visites. Et le moment précis où ce chiffre est apparu m’a valu une belle émotion. Un chiffre totalement surprenant puisqu’aucune publicité n’a été faite pour le blog en dehors du bouche-à-oreille. Merci…. pour votre intérêt, pour votre fidélité, pour votre soutien, pour les réactions, les messages personnels, les prises de position… Depuis peu, Ecriplume est devenu un lieu de débats, et ce nouvel aspect est pour moi réjouissant. Rien n’est plus positif que ce genre de retours.

Je vous dis donc à demain ou à plus tard…

Martine Bernier

Zemmour et l’intelligence de Christophe Willem

29 novembre, 2009

J’ai de plus en plus de mal à comprendre Eric Zemmour.
Oui, bien sûr, il est payé pour polémiquer sur tout et sur rien, pour casser, pour dénigrer.
Il a accepté de le faire, avec beaucoup de cynisme, c’est son problème.
Sa façon d’agir est aux antipodes de la mienne.
Je ne vois pas du tout en quoi ses interventions et celles de son acolyte sont constructives, en dehors du fait qu’elles font monter les audiences dès qu’une altercation a lieu sur le plateau.

Il lui arrive de plus en plus souvent de se ridiculiser en critiquant tout et tout le monde systématiquement, en s’empêtrant dans des arguments souvent douteux.
Le côté réconfortant de l’histoire étant que les invités commencent à se défendre, à former même de petites coalitions.
Et quand ses interlocuteurs ont la dent dure, Monsieur Zemmour perd de sa superbe, secouant la tête d’un air navré, comme s’il était désolé du manque d’intelligence flagrant de ceux qui lui font face.
Il y a une part de jeu, on l’imagine bien, évidemment.
Encore une fois, il est payé pour cela.

La nuit dernière, dans « On n’est pas couché », l’émission dans laquelle il sévit, j’ai vu que Christophe Willen faisait partie des invités, aux côtés du merveilleux et trop rare Jacques Weber, invité pour présenter son livre « Des petits coins de paradis ». Bruno Solo, Delphine Rollin et Dominique Voynet étaient également sur le plateau.

Je ne m’en cache pas, je l’ai déjà dit: j’aime énormément Christophe Willem, pour son talent et sa personnalité.
J’ai eu une crainte pour lui: qu’allait-il faire dans cette galère, est-il assez armé pour se défendre face à un trublion comme Zeymour qui manie la mauvaise foi avec dextérité?
Verdict final: oui.
Il n’a pas été pris à parti comme d’autres l’ont été avant lui.
Attentif, il a non seulement fait preuve de beaucoup d’esprit dans ses réparties, mais il a encore défendu son amie Zazie, qui, paraît-il, avait été agressée dans une précédente émission, et a volé avec Bruno Solo au secours de Dominique Voynet avec une intelligence et un sens de l’à-propos rare, surtout chez quelqu’un de son âge.
Ce garçon a la force des calmes, de ceux qui restent toujours courtois, et qui ont la faculté d’avoir les idées suffisamment claires et posées pour aller au bout de leurs arguments sans se laisser impressionner par les coups de dents de celui d’en face.
Il a créé la surprise en attaquant Zemmour et en livrant le fond de sa pensée, en ne se laissant pas intimider, comme l’avait fait Frédéric Lopez avant lui.

Le débat a fini par une ovation du public pour le chanteur et par quelques piques aussi écoeurantes que maladroites de la part des deux sbires de Laurent Ruquier. Qui lui, visiblement, ne s’attendait pas à la réaction de son jeune invité.
Comme quoi, on peut être très doux et avoir du caractère.

Il devait être une heure du matin lorsque je suis sortie me balader près de la rivière.
L’endroit est très mal éclairé, le ciel était couvert, il faisait froid.
J’ai écouté le bruit de l’eau.
C’est là que je promenais Scotty.
C’est fou ce que neuf kilos de poils et de malice peuvent me manquer.

En marchant, j’ai pensé à mille choses. A cette déferlante de commentaires venus soutenir Alex sur le blog. Les gens ont du coeur…

J’ai pensé à Lui, à ce prochain voyage à Paris que je prépare avec joie et anxiété. Joie parce que je suis heureuse de retrouver ceux que je vais interviewer et les lieux auxquels je vais consacrer un reportage, de partager tout cela avec un compagnon comme Lui que je vais découvrir sous d’autres facettes. Sachant qu’avec son humour, cela ne risque pas d’être triste! Et anxiété parce que Paris a confisqué mon coeur.

Sait-il, Lui, que sa présence amicale est un cadeau précieux, et que, sans son aide, je ne repartirais pas dans cette ville que j’aime? Le grand oiseau qui se pose parfois près de moi accepte juste que je vole un peu auprès de lui. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il me prend sous son aile…  Mais vu qu’il sera mon guide, mon chauffeur et, m’a-t-il dit en riant, mon garde du corps,  on peut finalement dire que, si, tiens, il me réserve un bout de ses plumes!

En rentrant, je prends mon agenda et je griffonne: ne pas oublier de Lui dire merci. Environ 5689521 fois.

Martine Bernier

http://www.purepeople.com/article/eric-zemmour-christophe-willem-regardez-le-clash-que-personne-n-attendait-dans-on-n-est-pas-couche_a45037/1

Une femme saute dans l’enclos des ours polaires. Andouille.

17 avril, 2009

Lu dans les nouvelles  de la semaine dernière:  une femme de 32 ans a sauté dans le bassin des ours polaires du zoo de Berlin, au moment de leur repas. Selon les témoins, elle aurait éte « très contente, au début, de se baigner avec les animaux ».

Elle a été un peu moins contente quand ils l’ont attaquée et l’ont mordue aux bras et aux jambes malgré les efforts des soigneurs pour détourner l’attention des ours. L’enclos est très protégé de barrières, de piquets et d’un mur, mais voilà, ce que femme veut…

Allez savoir pourquoi, c’est le genre de nouvelle qui m’agace. D’abord parce qu’il y aura toujours un petit malin pour accuser les responsables du zoo de ne pas avoir encore assez interdit l’accès à l’enclos. Ensuite parce qu’autant de stupidité chez une personne adulte me laisse perplexe. Enfin parce que ces pauvres bêtes auraient pu avoir mal à l’estomac en avalant cette pâtée sur pattes peu adaptée à leur régime habituel.

Il est étrange de constater à quel point certains être humains ont une mauvaise perception des animaux. Je me souviens encore de cette vidéo amateur tournée dans un zoo asiatique, je crois. Un jeune homme, tout sourires, n’avait rien trouvé de mieux que de franchir les barrières qui le séparaient de l’enclos des fauves pour aller s’asseoir juste devant la dernière grille de protection. Et tandis que son ami filmait le fanfaron inconscient, un lion s’est glissé dans le dos de l’indésirable, et lui a exprimé sa désapprobation d’une manière… sanglante. Et pendant ce temps, l’ami filmait toujours. Joli souvenir à montrer aux copains… Au moins, il a la garantie que son public ne s’endormira pas en visionnant ses films de vacances.

Moins grave, mais tout aussi révélateur de l’incapacité de certains à comprendre le monde animal, un éleveur de moutons, furieux m’a un jour raconté une anecdote qui l’a mis hors de lui. Il faut préciser qu’il gardait ses quelques moutons en banlieue de la ville de Genève. C’était la période des naissances, chez les brebis. L’une d’elles avait mis au monde un agneau en mauvais état. L’éléveur l’avait secondée pour la naissance, mais il était clair que l’agnelet, sans force, incapable de têter et de se lever, ne survivrait pas. Au petit matin, il a décidé de le laisser quelques heures avec sa mère, le temps de réveiller ses propres enfants et de les mener à l’école. Il pensait appeler le vétérinaire ensuite pour abréger les souffrances de l’animal si celui-ci vivait toujours à son retour.

Seulement, quand il est revenu à la bergerie, il a eu la surprise de trouver une femme sur les lieux. Elle était entrée sans se gêner, s’était agenouillée près de l’agneau et le serrait dans ses bras en pleurant, l’ayant emmitoufflé dans sa veste. Lorsqu’elle a vu l’éleveur, elle l’a copieusemenent insulté pour sa cruauté.

La cohabitation entre les animaux et les citadins qui ne connaissent rien au monde animal est souvent étonnante. La notion de sélection naturelle semblait aussi inconnue à cette femme que pouvait l’être celle de la dangerosité des fauves pour les deux hurluberlus des zoos.

En lisant l’histoire de la dame ayant servi de repas  aux ours polaires, je me suis demandé si elle avait compris quelque chose à ce qui lui arrivait, ou si elle trouve désormais que ce qu’elle prenait pour des peluches vivantes sont vraiment de sales bêtes agressives! A moins qu’elle ait enfin compris qu’un animal , quel qu’il soit, se respecte. C’est cher payé pour une leçon de choses…

 

Martine Bernier

Mes petits voisins: les gavroches du Club des Cinq

31 mars, 2009

Lorsque je suis arrivée dans mon nouveau lieu de vie, j’ai fait rapidement la connaissance de mes voisins les plus proches.
Et particulièrement de leurs enfants.
A eux deux, les deux couples en ont quatre: Johann, dont j’ai déjà parlé, et sa grande soeur, la ravissante Aurore. De l’autre, Théo, le plus petit qui doit avoir 6 ou 7 ans, et Clément, d’une dizaine d’années, deux garçonnets dont je ne suis séparée que par un muret.

A ces trois petits garçons viennent s’ajouter leurs copains, avec lesquels ils aiment jouer au foot et discuter longuement, assis devant la maison.

Théo a une bouille bien éveillée. De temps en temps, il laisse une pomme de pin ou un joli caillou sur le petit mur qui entoure ma maison, vient grignoter un biscuit (il aime les « Petits Princes ») devant chez moi, l’air nonchalant, en attendant que je sorte pour se précipiter à ma rencontre. Plus jeune que le reste de la bande, il les suit partout, développe un caractère affirmé, histoire de montrer qu’il existe lui aussi.

Un jour de la semaine dernière, je leur ai montré, à lui et à Johann, les trésors de l’une de mes boîtes: une armée de petits trolls aux cheveux colorés, que l’on fixe au bout d’un crayon ou sur la porte des frigos, selon les cas. Je leur en ai donné en précisant qu’ils pouvaient revenir en chercher quand ils le voulaient. Le tout sous l’oeil amusé d’Alain dont la grande taille les intimide encore un peu. Ce qui ne devrait pas durer bien longtemps lorsqu’ils découvriront quelle montagne de gentillesse et d’humour se cache derrière cet homme qui, pour eux, est un géant.

Hier soir, alors que j’emmenais Scotty (le chien qui n’a pas compris qu’il était un chien) respirer une dernière fois le doux parfum des pissenlits et des pâquerettes du jardin (oui, je sais, elles ne sentent pas, ces fleurs-là. Seulement c’est MOA qui écrit! Donc, elles ont un doux parfum), Théo m’a interpellée:

- Martiiiiiiiiiiine!!!

J’étais secrètement contente: ils commencent à utiliser mon prénom, ils se sentent bien avec moi. Avec son frère, ils m’ont regardée, de l’autre côté du mur qui leur arrive, selon la taille, aux épaules ou au front. Ils portaient chacun une robe de chambre par dessus leurs vêtements. Un look tout à fait fashion!
Je me suis approchée, les ai salués, et le benjamin, toujours aussi gouailleur, m’a demandé, sans détours: « Dis, on peut venir chez toi chercher des trolls? »
J’ai accepté: « Oui, on peut venir chez moi! » et ils ont escaladé le mur pour passer dans mon jardin, en un clin d’oeil. Les voir galoper dans l’herbe en direction des baies vitrées me ravit.
Nous sommes entrés dans le bureau où Théo a ouvert le petit tiroir du minuscule meuble dans lequel je pose mes cadeaux à leur intention.
Chacun en a pris deux. Clément était un peu plus timide: ce n’était que la deuxième fois qu’il faisait irruption dans la maison.
Or, tous sont très bien élevés par des parents attentifs qui leur ont laissé pour consigne de ne pas m’envahir!

Nous avons échangé quelques mots, puis ils ont filé comme des lapins en direction du mur qu’ils ont enjambé en un autre clin d’oeil. Ni vu ni connu, leurs parents n’ont pas remarqué leur disparition momentanée!

Ces gamins, pour moi, c’est le Club des Cinq ou le Clan des Sept, au choix. Ils ont l’insouciance de leur âge, ne sont même pas bruyants, et apportent dans le quartier un petit air de vacances permanent dès qu’ils sont dans les parages.

Alain et moi avons envie d’installer un barbecue dans le jardin. Et, dès qu’il sera installé avec moi, d’organiser un apéritif sangria pour le quartier, histoire de faire connaissance avec les autres habitants. Mes voisines m’ont avertie: nous, nous sommes les voisins du bout de l’allée, nous formons une communauté « à part », que je suis très honorée d’avoir intégrée! Mais découvrir ce qui se passe à la frontière de la deuxième maison est bien aussi. Pour le moment, à part eux et le propriétaire de Benko, le labrador chocolat qui hante mon jardin dès qu’il arrive à échapper à la vigilance de ses maîtres, je n’ai pas encore rencontré les autres habitants de l’allée.

Donc, je mise beaucoup sur l’arrivée d’Alain pour le faire et ouvrir notre vie sociale….
En attendant, je vous laisse: je vais mettre des bonbons dans le tiroir aux trolls….

Martine Bernier

Les « ex » et les « nouveaux »

23 février, 2009

Dans la série « les mots que je déteste », il en est deux qui tiennent la palme: les « ex » et les « nouveaux ».

Quand vous arrivez au terme d’une histoire et que vous en entamez une autre, le vocabulaire de certaines personnes qui vous entourent évolue.
En quelques jours, celui qui a partagé votre vie pendant des années et auquel vous tenez toujours devient votre « ex ».
Et l’homme que vous aimez devient « le nouveau ».
Deux blessures.

Par bonheur, tout le monde ne manque pas de délicatesse, et n’utilise pas ce genre de termes au détour de chaque phrase.
Face à ceux qui ont le malheur de le faire, je réagis.

Je n’ai pas « d’ex » dans ma vie, et je n’en aurai jamais.
Il y a des êtres que j’ai aimés, dont certains que j’aime encore, avec lesquels j’ai partagé de belles histoires, et qui ont toujours une place plus ou moins importante dans mon coeur.
Ce petit mot de deux lettres qui les catalogue dans un passé poussiéreux ne franchit pas la barrière de mes lèvres.

« Mais alors comment les appelles-tu?! », me demande-t-on?
Question un peu bête… ils ont un prénom et ne l’ont pas perdu en cours de route.

Ce cas réglé, l’autre mot honni est lié à la place la plus difficile à tenir pour celui ou celle qui s’en voit affublé: « Le nouveau ». Ou « la nouvelle »…
Dans mon cas, c’est celui qui, dans l’esprit de certains, « prend la place de », « nous enlève notre amie », l’intrus dont on ne sait pas si l’on peut lui faire confiance.

C’est le souci actuel auquel je suis confrontée dans mon quotidien, à présent que la nouvelle de mon prochain départ a été annoncée.
Un souci qui me tourmente… parce que, si je peux le comprendre, je n’aime pas le regard que ceux qui me sont chers peuvent poser sur cet inconnu (pour eux!) que j’aime.
D’autant que, même s’il est très digne et ne veut pas me faire de peine, je sais qu’il en souffre.

Une petite mise au point s’impose donc.

Le « nouveau » ne s’appelle pas « nouveau ».
Il s’appelle Alain. Ce qui permet, du même coup, d’aller ranger le mot banni au placard avec les « ex », pour ne plus jamais l’en sortir.

J’ai toujours été plutôt réfléchie, du genre à passer des heures à méditer sur un sujet sérieux, sur une décision à prendre.
Je n’ai pas brutalement changé il y a bientôt trois ans, lorsque je l’ai rencontré, perdant en trois minutes jusqu’au dernier de mes neurones.
Je n’ai pas tout à coup troqué ma personnalité contre celle d’une adolescente, ni ma faculté de réflexion contre une tête de linotte soldée.
Non, l’amour ne rend pas forcément idiot.

Durant ces années, lui comme moi nous sommes posé des milliers de questions, avons été plus d’une fois sur le point de nous séparer, avons profondément souffert, parfois à nous en rendre malade, de vivre un amour interdit.
Ni lui ni moi ne l’attendions. Ni lui ni moi ne sommes doués pour cela.
Nous ne sommes ni roués, ni malhonnêtes, ni infidèles de nature.

Mais il a fallu se rendre à l’évidence. Il ne s’agissait ni d’une passade, ni d’un caprice.
Plutôt un cadeau somptueux que la vie ne fait qu’une fois, et encore, pas à tout le monde.

A ceux qui m’aiment et qui sont inquiets de ne pas savoir s’il est fiable, j’ai envie de répondre.
Pensez-vous que je quitterais tout ce qui fait ma vie depuis plus de 30 ans si je n’étais pas absolument sûre de lui comme de moi?
Pensez-vous que je ferais un tel saut dans l’inconnu à bientôt 50 ans, si ce que je vivais avec lui n’était pas exceptionnel, si le lien qui nous unit n’était très particulier?

Je comprends les peurs, les appréhensions. Même si je les combats avec véhémence, car je sais qu’elles n’apportent rien de bon.
La peur est souvent liée à l’inconnu… le concret rassure.

Alors, je vais mettre des mots sur celui qui m’attend.
Pour ceux qui ignorent encore que c’est un homme de bien et qui s’y intéressent.

« Le nouveau » mesure 1,86 mètres et a la carrure d’un rugbyman… qu’il a été d’ailleurs.
Il aime ce que j’aime: l’Histoire, la peinture, la musique sous toutes ses formes, les destins fascinants, les beautés de la nature et de l’architecture.
Il aime me faire découvrir son pays en me racontant l’histoire des lieux, les traditions, les légendes…
Epicurien, il aime la bonne cuisine, simple et chaleureuse, le bon vin, l’humour sous toutes ses formes, du moment qu’il n’est pas vulgaire.
Il a un penchant pour Napoléon et les hommes qui ont fait avancer le monde.
Il a en lui un univers de qualités qu’il ne livre pas en vrac au premier venu.
Discret et pudique sous des dehors accueillants et agréables, il séduit par sa gentillesse, sa serviabilité, sa tolérance.
Il n’aime pas les gens grossiers, a horreur que quelqu’un lui dicte sa conduite, a l’esprit vif et acéré.
C’est un organisateur né, il a le sens de la répartie…
Il n’est pas né, celui qui lui fera prendre des vessies pour des lanternes
Il me rend heureuse…

Il met du temps à prendre certaines décisions, oui.
Car il n’a rien de futile en lui.
Cela veut-il dire qu’il ne s’engage pas? Non.
Son nom figure à côté du mien sur les papiers nécessaires à mon installation.
Il est déjà à moitié avec moi. Il est monté au créneau pour que mon arrivée se passe au mieux.
C’est lui qui assume la grande majorité des démarches administratives à effectuer sur place.
Cette énorme étape faite, il faut maintenant qu’il se remplisse de force pour assumer la suite.

Je ne rentrerai pas dans les détails.
Il n’y a ni « ex » ni « nouveau » dans ma vie.
Il y a deux hommes bien.

Martine Bernier

Un gorille et un chat…

9 février, 2009

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Avant de partir, je ne résiste pas….
Avez-vous entendu parler, ces derniers jours, de cette amitié insolite née entre Koko, un gorille, et un chat, All Ball ?

L’histoire est peu banale.
Koko n’est pas un gorille comme les autres. Née le 4 juillet 1971 à San Francisco, cette femelle a appris à s’exprimer en langage des signes américain. Elle en connaît 1000 différents dont 500 couramment. Son éducation quasi humaine lui a permis de développer des comportements inconnus chez les gorilles.
Elle a notamment passé avec succès le test du miroir définissant la conscience de soi, et aime garder les animaux domestiques.

Elle adore les chats, et avait développé un lien particulier avec l’un d’eux, un manx bleu baptisé All Ball.
Mais celui-ci a été renversé par une voiture, déclenchant chez elle un chagrin très… humain.

Les spécialistes expliquent que, lorsque l’on demandait à Koko ce qu’elle pensait du chat décédé, elle répondait: « larmes ».
A la question: qu’est-il est arrivé à ton chat, elle répond : « Chat dort ». Par le passé, questionnée sur la mort des gorilles et leur ressenti à ce moment précis, Koko avait déjà exprimé qu’ils mourraient vieux ou d’ennuis (avec s!), et qu’ils « dormaient ».
En voyant une photo de All Ball, elle montrait les signes: pleurer, triste, renfrogné
Son chagrin était tel que d’autres chats lui ont été procurés et qu’elle en a choisi un pour lequel elle ressent à nouveau une amitié qui lui a redonné le goût de vivre.

Par delà l’histoire pure, se posent les grandes questions: les animaux ressentent-ils des émotions semblables aux nôtres?
Le débat est passionnant. J’ai eu l’occasion et la chance d’en parler longuement, dans le cadre de mon travail, avec des vétérinaires spécialistes reconnus du comportement animal.
Une chose est certaine: les animaux ressentent des sentiments complexes et possèdent une forme d’intelligence particulière.
Koko arrive à exprimer sa douleur par le langage des signes, à évaluer son intensité sur une palette de couleurs et à la situer sur une poupée de chiffon utilisée auprès des enfants pour expliquer le déroulement d’une opération.
Parce qu’elle permet de dresser un pont entre le monde animal et le nôtre, Koko est une star.
Réduire son existence et le travail qui est entrepris depuis des années avec elle à une vidéo de deux minutes sur Internet est réducteur.
Si vous voulez en savoir plus, allez jeter un coup d’oeil sur le site qui lui est consacré.
Sachez aussi que Koko n’est pas le seul gorille a pouvoir s’exprimer en utilisant un langage compréhensible des humains. Au même endroit, Michael, un gorille mâle, a suivi le même « cursus scolaire » et peut lui aussi utiliser le langage des signes. Il connaît moins de mots que sa compagne, mais, nettement plus jeune qu’elle, n’a pas fini d’apprendre…

http://www.koko.org/index.php

http://fr.truveo.com/Koko-le-Gorille-et-ces-amis-les-chats/id/4160440719

Clonage : Quel monde merveilleux…

6 février, 2009

Le clonage a, paraît-il ses bons côtés. Et puis, il en a d’autres, qui ont de quoi nous plonger dans un abîme de perplexité.
L’an dernier, une équipe de chercheurs de l’Université de Gyeonsang, en Corée du Sud, a cloné les cellules d’un chat angora turc pour créer trois chatons qui brillent dans la nuit. Oui, vous avez bien lu: des chats fluorescents. L’un d’eux est mort-né. Les deux autres se portent bien, merci. Et deviennent rouges lorsqu’ils sont exposés à la lumière ultraviolette. Ce qui est très tendance en boîte de nuit, mais peu pratique lorsque l’on est un félin soucieux de chasser en toute discrétion.
Comme il faut toujours une bonne raison pour justifier l’injustifiable, les scientifiques ont assuré que « leurs travaux permettront de mieux comprendre les maladies génétiques chez les animaux et les humains. et de reproduire génétiquement des animaux en voie de disparition. Cette méthode pourrait servir à développer des cellules souches thérapeutiques dotées d’un gène médicament. »

Oui. Bon. Cela dit, même avec beaucoup d’imagination et d’ouverture d’esprit, il est difficile de comprendre comment le fait de transformer des chats en créatures extraterrestres peut aider à soigner une maladie quelconque ou à protéger les ours polaires de la fonte de la banquise.
Enfin… Ne soyons pas grincheux. Notre époque est épatante. Si, si.
C’est avec un ravissement sans borne que nous pouvons nous préparer, dans les années à venir, à voir apparaître dans nos univers des chats lumineux dans la nuit, des souris équipées de lunettes diffusant des ultraviolets, mais également, qui sait, des éléphants roses à étoiles vertes clignotantes. Harry Potter et ses créatures peuvent aller se rhabiller. Et moi, je vais soigner ma migraine.

Martine Bernier

Barack Obama: au vert!

28 janvier, 2009

Il le savait, nous le savions tous: quoi qu’il fasse, Barack Obama allait plaire aux uns et décevoir les autres.
En bonne logique, les premières décisions prises ont donc contribué à faire chuter sa cote de popularité, passée de 83 à 68 %, selon l’Institut Gallup.

Agaçant…

Mais ce résultat prouve une chose: il travaille!
Révoquer une clause-anti-avortement et imposer des normes moins polluantes pour les voitures ne pouvait que mécontenter les partisans anti-avortement et les constructeurs automobiles. Les enjeux économiques, pour ces derniers, sont importants. La colère est donc présente, même si chacun sait que les Etats-Unis sont d’énormes pollueurs qui doivent impérativement améliorer leur façon de fonctionner au quotidien.
Le plan de relance de 800 milliards de dollars ne pouvait, lui, que rebuter sérieusement les Républicains.
Normal donc de voir les chiffres des sondages plonger.

La lune de miel s’achève déjà, et c’est tant mieux.
Ce n’est pas seulement un symbole, mais un homme, une équipe, qui ont fait leur entrée à la Maison-Blanche.
Obama va appliquer les idées qu’il a développées durant la campagne présidentielle, et pour lesquelles il a été élu.
Du moins j’espère qu’il a été élu pour cela…

Cette situation ressemble curieusement à celle d’un certain président français.
On peut l’aimer ou pas, adhérer ou non à sa politique.
Mais quoi qu’il fasse, même si la décision prise est, si pas la bonne, du moins la moins mauvaise possible, il est critiqué presque avec hargne.
Sa personnalité est ce qu’elle est, on l’apprécie ou pas.
Mais je suis intimement convaincue que, quel que soit celui ou celle qui se serait trouvé à sa place, venu(e) de n’importe quel horizon politique, il ou elle aurait été critiqué(e) tout autant.

Et le problème profond de la politique est sans doute celui-là.

Il me semble ne jamais avoir assisté à des débats vraiment sereins.
Très vite, les esprits s’échauffent.
Comme s’il fallait crier et taper du pied pour se faire entendre.
Comme s’il fallait absolument jouer la carte de l’agression théâtrale pour avancer.
Mais avancer où?
Faut-il absolument être pour ou contre un homme politique?
N’est-il pas possible de reconnaître que les bonnes idées ne sont pas l’apanage d’un seul Parti, d’un seul groupe de personnes, d’un seul homme, mais que chacun peut avoir des idées intéressantes et applicables?

Dans un monde idéal, les esprits et les énergies de tous bords politiques devraient travailler dans la même optique d’amélioration de la nation.
Débattre, oui, mais apporter des critiques constructives, avancer, sans détruire, tenir compte des avis de chacun autant que faire ce peut.

Oui.. dans un monde idéal.
Le problème étant que notre société ne ressemble pas forcément au Pays de Candy.
Et Barack Obama en fait déjà l’expérience.
Il va lui falloir beaucoup de courage.
Mon intuition me dit qu’il n’en manque pas.
Et, comme le disait une Américaine interviewée lors d’un micro-trottoir: « Au moins, il bouge! »

Martine Bernier

Les dérives de Wikipédia

27 janvier, 2009

La semaine dernière, le site Wikipédia annonçait la mort de deux sénateurs américains.
Léger problème: les deux sénateurs en question étaient bel et bien en vie.
C’est ballot…
Il s’est révélé que l’un d’eux, Ted Kennedy pour ne pas le nommer, avait eu un malaise le jour de l’investiture du président Obama.
De là à l’enterrer, c’est un peu court, jeune homme…

Le fondateur de Wikipédia, Jimmy Wales, a bien failli nous faire un malaise à son tour en découvrant les fausses informations diffusée sur son site.
Il a donc décidé de durcir les règles de publication des articles en ligne.
Un changement de procédure de validation approuvé par 60% des participants à un sondage en ligne.
Dans deux semaines, une deuxième consultation aura lieu sur le sujet.
D’ici là, chacun dispose de ce délai pour proposer des contre-propositions.
Le débat fait rage.
Aux yeux des utilisateurs, il est important. Son issue pourrait bouleverser le principe de l’encyclopédie permettant à n’importe qui d’apporter sa contribution.

Et l’on arrive à un point que tous les utilisateurs professionnels de Wikipédia, dont je fais partie, connaissent: toutes les informations qui s’y trouvent doivent impérativement être vérifiées avant d’être réutilisées. C’est l’une des très sérieuses failles de cet outil, au demeurant pourtant utile.
Lorsqu’il s’agit du nombre de termites logeant sous le même toit dans les plaines de Somalie orientale, le mal n’est pas trop important.
Quand il s’agit d’annoncer à tort le décès de quelqu’un, c’est un autre problème.

Ecrire, créer, chacun ou presque peut le faire.
Jouer au journaliste, c’est autre chose, quoi que l’on en pense.
Un code d’éthique que tout journaleux qui se respecte est censé respecter, nous recommande notamment de vérifier et de vérifier encore et encore nos informations avant des publier.
Ne pas respecter cette règle essentielle est, à mes yeux du moins, extrêmement grave.
Alors oui, j’avoue, que la nouvelle du durcissement du processus de diffusion sur Wikipédia a tendance à me soulager, voire à me plaire.
Tout en sachant que l’erreur est humaine. Et que, même au sein de la profession, certains en ont également commises de magistrales…

Pour mémoire, ces dernières semaines, le signe Post.fr a évoqué la fausse mort de Flavie Flament, après que celle de la Reine Fabiola ait été mise en ligne par errer sur un site internet de la télévision flamande. Même le chanteur Enrico Macias a eu droit à sa rumeur, dans le Parisien qui aurait publié, ce week-end, une fausse information indiquant qu’il aurait été victime d’un tireur fou en rentrant chez lui. Ce que le chanteur aurait démenti avec rage. On le comprend.

Je mets tout cela au conditionnel: je n’ai pas vérifié… et le comble serait que, à mon tour, je sois prise dans l’engrenage de l’amplification involontaire du lancement de la rumeur!

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