Le pulpican et Nicolas Sarkozy

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Suite à mon article d’hier, j’ai reçu deux messages privés.
L’un d’eux me dit ceci:  » J’adore vos inventaires à la Prévert. Si vous leur ressemblez vraiment, ils donnent envie de vous rencontrer! Mais dites-moi: qu’est-ce qu’un Poulpican?? »

Houlà…
Le Poulpican, nous dit-on sur Internet, est un objet de légende qui se perd dans la nuit des temps…
Il fait partie du « petit monde », composé des elfes, des korigans, des lutins, des gnomes et autres farfadets.
Venu de Bretagne ou de Vendée, on dit du Poulpican qu’il rend des services aux humains.
Génie du foyer, il réalise les voeux des habitants qui allume la bougie que l’on place dans sa bouche.

Hum.
Autant vous dire qu’avec ma chance, je suis tombée sur le Poulpican le plus incapable de la planète.
En terre cuite couleur terre, il a une bouille amusante et un crâne qui se termine bizarrement.
Mais il n’est pas capable de réaliser le moindre voeu.

Tandis que mon Poulpican souriait béatement dans mon bureau, j’ai regardé partiellement mais attentivement l’émission « La Parole aux Français », au cours de laquelle Nicolas Sarkozy a été confronté à un panel de téléspectateurs.
Je ne dirai rien sur l’émission, ni sur la prestation du président.
Tout a été dit et brillamment analysé.
Simplement, en la regardant, je me suis dit que je mettais ma main au feu que, le lendemain, l’intervention serait descendue en flammes.
Je ne me suis évidemment pas trompée.
Mais… et c’est ce qui me gêne dans la politique: n’importe qui, de n’importe quel parti, aurait pu être assis à la place de Sarkozy, il aurait subi le même traitement.
Quoi qu’il dise, quoi qu’il fasse.
Cela veut-il dire que, lorsque l’on accède aux plus hautes fonctions de l’Etat, que l’on soit de droite ou de gauche, quel que soit le pays, on devient forcément l’homme à abattre?
Tout ce que l’on fait devient forcément négatif, mauvais, insuffisant?
L’Homme d’Etat doit-il rentrer dans un rôle, tout comme ses adversaires et ses partisans formant des clans montés les uns contre les autres?
Au-delà de toute considération politique, je me demande souvent comment ils font, ces hommes et ces femmes, exposés comme ils le sont à une critique continuelle, pour tenir le choc.
Et je pense souvent au destin tragique de Pierre Beregovoy.
C’était il y a 17 ans, mais cela me reste toujours en travers de la gorge.

Martine Bernier

2 Réponses à “Le pulpican et Nicolas Sarkozy”

  1. jp dit :

    je crois que ce qui soutient ces pauvres vistimes, c’est leur ego inflatif surdimentionné … au nom duquel d’ailleurs ils ont commis des tas d’actes qui les ont menés au ouvoir dans une concurrence féroce. des actes que ni vous ni moi ne supporterions de poser… bref, ils tiennent le coup parce qu’il n’y a pas moyen d’arriver là si on n’est pas un fameux requin !… un salaud, quoi !
    quand à ce malheureux Bérégovoy, il s’est auto éliminé d’une compétition qu’il était trop honnête pour poursuivre . ce n’était pas un vrai politicien. il lui restait quelque chose d’humain …. c’était sa faiblesse dans ce milieu où le succès d’un ami est un échec personnel !

  2. ecriplume dit :

    Je sais, bien sûr, que vous avez raison… L’ego est une composante importante, comme elle l’est pour toute personne ou presque choisissant de vivre dans la lumière des projecteurs. Et chacun sait que la politique est un grand théâtre…
    Mais j’ai la faiblesse (?) de penser qu’un homme, même à l’ego surdimensionné et à la personnalité blindée, reste un homme, ou le redevient de temps en temps. Et c’est là que je m’interroge.

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